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Israël peine à recruter ses futurs diplomates, qui n’ont pas le moral…

Les informations se sont multipliées récemment qui indiquent qu’Israël cherche à recruter, contre paiement, des étudiants, tant à l’étranger qu’à l’intérieur, pour faire sa propagande sur les réseaux sociaux et dans les universités aux États-Unis. 

La mission n’est pas simple, le “produit” est difficile à défendre, comme en témoigne le fait que le Ministère israélien des Affaires étrangères a toutes les peines du monde à trouver des candidats pour entrer dans le corps diplomatique israélien : 1.300 candidats seulement ont postulé en 2017, soit près de 50% de moins qu’en 2012. Et ce n’est pas seulement à cause des salaires médiocres ou de la chute du prestige – le ministère des Affaires étrangères admet que tout le monde ne veut pas représenter Israël dans le monde aujourd’hui, selon Haaretz.

Il y a quelques jour, le Ministère a donné le coup d’envoi à une nouvelle session de formation des futurs diplomates israéliens. Il comptait accueillir 20 candidats en formation, mais finalement n’a pas réussi à en inscrire plus de 15. Sur ces 15, seulement 12 ont effectivement entamé la formation, qui doit durer 5 ans, période pendant laquelle, à coup sûr, quelques uns d’entre eux abandonneront.

Les données du ministère des Affaires étrangères montrent, indique Haaretz, que seulement 1.374 personnes ont passé l’examen d’entrée au cours, considéré comme la porte d’entrée de la diplomatie d’Israël (et seulement 810 d’entre elles ont atteint l’étape suivante). C’est une baisse de 50% par rapport à 2012, année lors de laquelle 2.773 personnes avaient passé l’examen d’entrée. En 2014, 2.448 candidats se sont présentés à l’examen, alors qu’en 2016, le nombre avait diminué à 1.473. Le ministère ne donne pas de chiffres pour les années antérieures à 2012, mais d’anciens diplomates familiers avec la question affirment, dit Haaretz, que par le passé le nombre de candidats était encore plus élevé.

Les raisons seraient multiples : chute du prestige du Ministère des Affaires étrangères (notamment attribuée au fait qu’il n’y a pas de Ministre des Affaires étrangères à temps plein : la fonction est cumulée par Benjamin Netanyahou avec celle de Premier ministre), attractivité plus grande du secteur privé, salaires et pensions médiocres,… Qui plus est, le quotidien cite un diplomate blanchi sous le harnais qui, sous couvert de l’anonymat, affirme : «Dans le passé, nous attirions les meilleurs. Aujourd’hui ce n’est en général plus le cas, car il y a plus attractif ailleurs».

En outre, au terme de leurs 5 années de formation, les apprentis diplomates ne seraient pas certains d’obtenir un poste stable : les médias ont fait part récemment de l’intention du gouvernement israélien de fermer plusieurs mission diplomatiques, pour des raisons budgétaires.

Haaretz cite aussi un ancien diplomate qui se plaint que le Ministère des Affaires étrangères ait été dépouillé de certains tâches exaltantes au profit d’autres organes de l’État : il s’agit notamment de… la lutte contre la campagne mondiale “Boycott, Désinvestissement, Sanctions” (BDS), qui dépend maintenant du Ministère des “Affaires stratégiques”.

En résumé, les diplomates israéliens n’ont pas le moral. Snif !

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