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Israël noie sous le béton les habitations de deux Palestiniens à Jérusalem

Donia Al-Watan

Beton

Ce lundi 4 janvier, les autorités israéliennes ont noyé sous le béton les habitations de deux Palestiniens tués par les forces d’occupation, après qu’ils avaient mené des attaques contre des cibles israéliennes au début de la vague de troubles actuelle, en octobre 2015.

Le correspondant de WAFA a expliqué que d’imposantes forces de police avaient envahi le quartier de Jabal al-Mukabir, à Jérusalem, et qu’elles avaient entouré d’un cordon les habitations d’Alaa Abu-Jamal et de Bahaa Elayyan, avant de les noyer sous le béton afin de les rendre inhabitables. Il s’agit donc d’une forme de punition collective.

Israël accuse Abu-Jamal d’avoir agressé et poignardé des passants israéliens à Jérusalem en octobre 2015.

Le père d’Abu-Jamal a déclaré à WAFA qu’il avait été molesté par la police israélienne au moment où elle avait fait irruption dans sa maison. La police, a-t-il ajouté, a détruit tout le mobilier avant d’abattre plusieurs murs et de verser du béton à l’intérieur de l’habitation.

Le père a également déclaré que sa famille avait reçu une notification de la part des autorités israéliennes, concernant la démolition de la maison de Safaa Abu-Jamal, la sœur d’Abu-Jamal, en prétendant que ce dernier en était le propriétaire à l’origine.

Il a expliqué en outre que la police avait rejeté une demande de la famille dans laquelle il était dit que la maison appartenait à Safaa, et non à Abu-Jamal.

La police israélienne a également forcé l’habitation de Bahaa Elayyan – qu’Israël accuse aussi d’une agression contre les passagers israélien d’un bus dans la ville, en octobre 2015 – et obligé tous les résidents à vider les lieux avant de déverser du béton à l’intérieur.

L’habitation d’Elayyan occupé une superficie de 130 mètres carrés et héberge huit membres de sa famille.

B’Tselem, une organisation israélienne des droits de l’homme, explique : « Les personnes qui portent le poids des démolitions [punitives] sont des proches – y compris des femmes, des personnes âgées et des enfants – qu’Israël ne soupçonne aucunement d’implication dans quelque délit que ce soit. »

« Dans la grande majorité des cas, la personne dont les actions ont provoqué de la maison ne vivait même pas dans cette maison à l’époque des faits », a ajouté l’organisation.

« L’objectif officiel de la politique de démolition est la dissuasion (…) Pourtant, l’effet dissuasif des démolitions de maisons n’a jamais été prouvé. »

L’organisation a également déclaré ceci : « Puisque cela constitue une sanction délibérée contre des innocents, il est évident que même si la démolition de maison avait effectivement un effet dissuasif, elle reste néanmoins une mesure illégale. »  

Amnesty International a prétendu que l’affirmation par les autorités israéliennes selon laquelle ces démolitions peuvent vraiment dissuader des agresseurs potentiels « n’a aucune valeur aux yeux des lois humanitaires internationales, qui imposent des limitations claires aux actions qu’une force d’occupation peut entreprendre au nom de la sécurité ; et l’interdiction absolue des punitions collectives est l’une des plus importantes de ces règles ».

« Les punitions collectives ne peuvent jamais être autorisées, quelles que soient les circonstances. »


Publié le 4 janvier 2016 sur Al Watan Voice – english

Traduction : Jean-Marie Flémal

 

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