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Israël : le flux et le sec

Edouard Brion (MCP)

Israël détruit, l’Europe renfloue. L’Union Européenne paie et promet de payer : paiement des fonctionnaires palestiniens, aides aux plus démunis, formation des forces de l’ordre.

Ainsi, Israël peut continuer tranquillement à détruire, comme on l’a vu en janvier dernier à Gaza. Et en même temps, l’Europe s’oriente vers de nouveaux privilèges commerciaux pour Israël, le « rehaussement » de son statut par rapport à l’UE.

Une aide de celle-ci a même été versée à une entreprise pétrolière israélienne qui a réduit l’approvisionnement en carburant de la bande de Gaza dans le cadre du blocus économique, malgré qu’il soit reconnu comme illégal.

Que peut-on attendre de la poursuite de la voie diplomatique laissée à elle-même, avec ses nouveaux acteurs : Catherine Ashton, Haute Représentante pour les Affaires Étrangères de l’UE aux côtés de Benita Ferrero-Waldner, la Commissaire chargée des relations extérieures ainsi que Karel De Gucht, Commissaire au commerce ?

Après la tragédie de Gaza, les Palestiniens comptent maintenant sur des actions de type nouveau, inspirées par la non-violence, sous le sigle BDS : boycott, désinvestissement, sanctions.

Le 23 octobre dernier, devant la salle Helder Camara comble, rue Pletinckx à Bruxelles, un appel au boycott a été lancé par l’historien juif Ilan Pappe et l’universitaire palestinienne Samia Botmeh. Ils y voient le seul moyen efficace qui reste pour agir sur la conscience humaine, inspiré de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.

Il s’agit de mettre fin à la respectabilité d’Israël devant l’opinion publique internationale, de l’assécher en quelque sorte. Cela implique de boycotter nos entreprises qui collaborent avec Israël, ainsi que les activités d’ordre culturel ou sportif soutenues par l’État d’Israël. Cela équivaut à dire : « Vous êtes des criminels, cessez de vous abriter derrière cette tragédie incontestable de la shoah ».

Le mouvement déclenché il y cinq ans commence à prendre forme au Royaume Uni de la part des universités et des Eglises. Les syndicats de Grande Bretagne ont appelé à boycotter les produits en provenance des colonies israéliennes, présentés souvent sous un label trompeur. 

En Afrique du Sud des dockers refusent de décharger des navires. Les syndicats d’Irlande, de Nouvelle Zélande et d’Australie se sont joints au mouvement. Des organisations juives le soutiennent, que ce soit au Canada ou en Grande Bretagne. Ce n’est que le début d’une longue lutte.

A nous d’entendre l’appel qui nous est lancé.

Edouard BRION  MCP

Source : Pavés. Décembre 2009.

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