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Israël confirme son statut d’ennemi mondial de la liberté d’expression

Une rencontre au sommet a eu lieu lundi entre le gouvernement israélien et des dirigeants de Facebook. Objectif : étouffer aussi vite que possible les appels à la résistance et/ou à la violence des Palestiniens. Facebook exécute déjà 95% des demandes de suppression de contenus du gouvernement israélien, qui trouve que ce n’est pas assez…

Deux mois après que le gouvernement israélien a employé des mots très durs contre Facebook, accusé de « saboter le travail de la police israélienne » en Cisjordanie, les relations se réchauffent entre les deux grandes puissances, l’une étatique, l’autre privée.

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Le ministre de l’Intérieur Gilad Erdan et la ministre de la justice Ayelet Shaked ont réclamé devant des cadres de Facebook une intensification de la censure des contenus pouvant selon eux “provoquer à la violence”. Des contenus palestiniens, évidemment, le gouvernement israélien ne cherche bien entendu à entraver la violence des extrémistes israéliens – son propre camp – que quand il ne peut vraiment pas faire autrement.

Ces derniers mois, face à une recrudescence des actes de révolte, de désespoiur, et de résistance, les autorités israéliennes avaient haussé le ton contre le réseau social, accusé de laisser se propager des appels à la violence. Une plainte a même été déposée aux États-Unis par une ONG israélienne qui reproche à Facebook de ne pas censurer le Hamas.

Souhaitant que Facebook fasse lui-même la chasse aux messages “menant vers le chemin de l’Intifada”, le gouvernement a menacé le réseau social d’édicter une loi qui établirait l’obligation pour les plateformes de rechercher et de supprimer les contenus incitant à la violence, sous peine d’engager leur propre responsabilité.

« Tout comme les vidéos de l’État islamique sont traquées et supprimées du réseau, nous voulons qu’ils entre­prennent les mêmes actions contre les contenus palestiniens qui incitent au terrorisme », a déclaré la ministre Shaked lors d’une conférence sur le contre-terrorisme à Tel Aviv. Elle note déjà un gros progrès puisque Facebook aurait accepté de supprimer ces quatre derniers mois 95% des 158 contenus notifiés par les autorités israéliennes, alors que le taux d’acceptation n’était que de 50% il y a un an.

« Nous sommes venus écouter et voir ce que nous pouvions faire de mieux », a commenté pour sa part une porte-parole de Facebook citée par l’agence Reuters.

La réunion au sommet qui s’est tenue lundi avait pour but d’éviter d’en arriver à la solution législative que redoute toute entreprise, qui privilégie naturellement l’autorégulation à la contrainte. Selon le Guardian, le cabinet du ministre Gilad Erdan et l’entreprise de Mark Zuckerberg se seraient mis d’accord pour « créer des équipes qui trouveront comment mieux surveiller et supprimer les contenus incendiaires ». Facebook, de son côté, a parlé d’une réunion « constructive ».

« L’extrémisme en ligne ne peut être abordé qu’avec un partenariat fort entre les législateurs, la société civile, les universitaires et les entreprises, et c’est vrai en Israël comme partout dans le monde », a toutefois prévenu Facebook, soucieux de ne pas donner l’impression d’accorder un régime spécifique à l’état d’Israël, et de prendre parti dans le conflit israélo-palestinien.

Le Guardian rappelle néanmoins que « les Palestiniens rejettent les allégations israéliennes selon lesquelles la violence serait causée par incitation [sur les réseaux sociaux] » et qu’ils « disent que c’est le résultat de près de 50 ans d’occupation militaire israélienne et d’un manque d’espoir de gagner une indépendance ».


Source : voir www.numerama.com/politique/194139-israel-et-facebook-saccordent-contre-les-incitations-aux-violences-palestiniennes.html

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