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Israël boycotte l’ONU

Israël a boycotté ce mardi une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui lui était consacré. Une première dans l’histoire de cette instance.

Ci-dessous le communiqué de quatorze organisations israéliennes et palestiniennes des droits de l’homme, soulignant la gravité de l’obstruction d’Israël.

org droits de lhommeCe mardi, les quatorze organisations israéliennes et palestiniennes des droits de l’homme reprises ci-contre ont exprimé une mise en garde contre les conséquences extrêmes possibles du refus d’Israël de coopérer pleinement avec les Nations unies (ONU). Le matin même du second Examen périodique universel (EPU) d’Israël, prévu pour ce mardi 20 janvier, on ne sait toujours pas clairement si Israël a l’intention d’y participer.

Le manque de transparence ne signifiera pas seulement qu’Israël évite les critiques sévères à l’encontre de ses violations des lois internationales, mais que tout le système de l’EPU sera sapé par la perte de ses deux principes fondamentaux : l’égalité et l’universalité.

En mai 2012, Israël avait officiellement annoncé sa décision de « suspendre ses contact avec le Bureau du haut commissaire pour les droits de l’homme (OHCHR), avec le Conseil des droits de l’homme et les mécanismes qui en dépendent (…) ».

Cette annulation par Israël de toute coopération avec le Conseil et l’OHCHR doit être considérée dans le contexte de son actuel refus de respecter les décisions, résolutions et mécanismes de l’ONU. Les gouvernements israéliens successifs ont refusé de reconnaître les obligations de l’État vis-à-vis des lois internationales sur les droits de l’homme en ce qui concerne la population palestinienne des territoires palestiniens occupés (TPO), obligations qui ont été réitérées maintes fois dans des déclarations des corps impliqués dans la charte des Nations unies.

Israël rejette aussi l’applicabilité de jure de la Quatrième Convention de Genève, qui le concerne obligatoirement en tant que puissance occupante, en défiant les nombreuses résolutions de l’ONU. Il ne tient pas compte non plus de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice en 2004 à propos des conséquences juridiques de la construction d’un mur dans les TPO, et se moque enfin des innombrables déclarations émises par des gouvernements du monde entier.

En 2009, Israël a refusé de coopérer avec la mission onusienne d’examen des faits dans le conflit de Gaza, mission dirigée par le juge Richard Goldstone. Ce dernier a invité plusieurs fois Israël à coopérer, en vain. Plus récemment, en 2012, la mission onusienne d’examen des faits dans les colonies israéliennes dans les TPO s’est vu refuser l’accès au territoire dans son intention de recueillir des témoignages. La mission a présenté une longue liste de rapporteurs spéciaux de l’ONU sur laquelle figurait également le haut commissaire adjoint pour les droits de l’homme, qui s’est également vu refuser l’accès aux TPO par Israël.  De plus, depuis sa désignation en tant que rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, M. Richard Falk a jamais eu l’autorisation d’entrer dans les TPO afin d’effectuer son travail.

Dans ce contexte, 14 organisations des droits de l’homme demandent au Conseil d’adopter la position ferme qui convient vu la gravité des actions obstructives d’Israël jusqu’à ce jour.


Publié sur Addameer le 29/1/2013.
Traduction pour ce site : JM Flémal.

 

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