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Imbroglio électoral palestinien

Le gouvernement Fayyad  a décidé de reporter les élections en Cisjordanie sine die. C’est seulement sept heures avant la date limite du dépôt des listes des candidats en Cisjordanie que l’Autorité Palestinienne a annoncé jeudi cette décision.

Les élections prévues le 17 juillet sont reportées, annonce le gouvernement Fayyad, car l’Autorité palestinienne poursuit ses efforts au niveau international et régional pour obtenir la fin du siège de Gaza, et accélérer le processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah.

Toutefois, selon certains observateurs, les élections seraient reportées à cause de désaccords à l’intérieur du Fatah sur les candidatures, dans la crainte d’une défaite électorale comparable à celle subie en janvier 2006 qui s’étaient soldées par une victoire du Hamas.

Quelques heures après l’annonce de la décision, le ministère du Gouvernement a avancé une autre explication, disant que la décision de report est une réponse à des demandes de certaines nations arabes et d’un certain nombre d’ « amis dans le monde ».  Les demandes venant de l’étranger conseillaient au gouvernement de reporter « afin d’ouvrir la voie à une issue heureuse pour le siège de Gaza et aux efforts continus vers l’union », explique la déclaration.

Le ministère du Gouvernement local indique qu’ « il est sensible au travail réalisé par la Commission électorale centrale et les partis palestiniens pour préparer ces élections » mais il confirme qu’elles sont pourtant annulées.

Aucune nouvelle date n’a été fixée pour l’organisation du scrutin.

Malgré l’enregistrement par la Commission électorale centrale d’un nombre record d’inscriptions de Palestiniens sur la liste électorale pour le 17 juillet, l’organisme déclare que les élections locales ne peuvent se tenir dans la bande de Gaza en raison des difficultés de mise à jour les listes électorales, d’accès des habitants et de formation des personnels.

En conséquence, le gouvernement Hamas à Gaza avait rapidement dénoncé le décret présidentiel appelant à ces élections, invoquant la nécessité d’une réconciliation avant de tenir ces élections, et la crainte que les différences factionnelles pourraient se cristalliser, alors que la Cisjordanie et la bande de Gaza s’éloignaient l’une de l’autre de plus en plus sur le plan politique.

Le gouvernement du Premier ministre Ismail Haniyeh, à Gaza, a donc demandé à l’Autorité palestinienne de reporter les élections, comme il l’avait déjà fait pour les élections législatives de janvier 2010.

Mais comme la Commission électorale centrale avait annoncé que les inscriptions étaient closes, le Hamas avait alors déclaré qu’il boycotterait les élections en Cisjordanie.

Les organisations palestiniennes pour les droits de l’homme, tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza, avaient dès février appelé l’Autorité palestinienne à reporter les élections, notamment parce que la transparence ne pouvait pas être assurée.

 

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