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Houtart et Katsav sont dans un bateau…

Certains sites web hyper-sionistes ont cru convenable et opportun hier, d’ironiser lourdement à propos des aveux du chanoine François Houtart, qui a reconnu avoir, il y a 40 ans, sexuellement abusé d’un enfant faisant partie de sa famille.

François Houtart, insistaient-ils longuement, est « anti-israélien », pas étonnant donc qu’il se soit rendu coupable de tels actes. Bon sang mais c’est bien sûr : critique d’Israël = antisémite = pédophile = ennemi du genre humain = à éliminer… Ce genre d’enchaînement « logique » a déjà fait ses preuves dans l’histoire.

Curieusement (?), les mêmes sites ne trouvent pas utile, maintenant, de faire état de la condamnation de l’ancien président israélien Moshe Katsav, reconnu coupable de viol et d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel à l’encontre de personnes qui étaient sous ses ordres, à l’époque où il fut successivement ministre du tourisme, puis président de l’État d’Israël.

Les deux affaires, évidemment, ne sont pas tellement comparables, à ceci près qu’on peut noter qu’en ce qui concerne la première – et pour autant qu’on sache – outre que les faits sont forts anciens et qu’il y a quarante ans le regard de la société sur ce genre de faits n’était pas le même, le comportement pénalement répréhensible et humainement inacceptable n’a pas eu comme dans le second un caractère répétitif, et pour tout dire habituel.

L’ancien président israélien encourt une peine de 4 à 16 ans de prison.

Les juges ayant relevé dans leurs attendus que ses déclarations ont été, tout au long de cette affaire jugé à huis-clos, « émaillées de grossiers mensonges » destinés à salir ses victimes, il se pourrait qu’ils ne se montrent pas cléments lors de la fixation de la peine.

On se gardera bien d’en tirer, à propos des hommes politiques israéliens en général, le même genre de conclusions que d’aucuns cherchent à induire, à partir du « cas Houtart », en ce qui concerne ceux qui critiquent Israël .

L.D.

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