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Grande-Bretagne : le Parti travailliste va boycotter la firme de sécurité G4S en raison de la répression en Palestine

On a appris que, lors de son assemblée exécutive nationale de mardi, le Parti travailliste (Labour Party) britannique avait décidé de boycotter la firme privée de sécurité G4S qui, ces dernières années, assurait la sécurité de ses conférences. La raison invoquée est que G4S aide Israël à gérer des prisons dans lesquelles des prisonniers politiques palestiniens sont détenus sans procès et soumis à la torture. Ces derniers temps, à ce propos, des protestations se sont élevées tant en dehors qu’à l’intérieur même des conférences du Parti travailliste.

G4SG4S fournit du matériel et des services aux prisons israéliennes dans lesquelles des prisonniers politiques sont détenus sans procès et soumis à la torture. Dans le seul mois d’octobre, Israël a arrêté plus de 1 000 Palestiniens en guise de répression de la résistance populaire palestinienne. Bon nombre de ces personnes sont incarcérées dans des prisons israéliennes dont la gestion est assistée par G4S. En aidant Israël à gérer ces prisons et ces « centres d’interrogatoire », G4S participe au recours par Israël à la torture et à l’incarcération massive de plus de 6 000 Palestiniens dans l’intention de décourager toute action de résistance à l’occupation.

G4S a également des contrats avec le gouvernement israélien en vue de fournir du matériel et des services aux check-points qui complètent le mur de « séparation » de l’apartheid, aux carrefours qui consolident le siège de Gaza et ainsi que dans les postes de police israéliens. Des gardes de G4S opèrent également dans diverses bases militaires israéliennes. En 2012, au plus fort d’une grève de la faim historique de prisonniers politiques palestiniens, des organisations palestiniennes avaient appelé à agir afin de réclamer des comptes à G4S à propos de son rôle dans les prisons israéliennes.

Une campagne internationale menée par des organisations comme War on Want (Guerre à la misère) a eu un énorme impact sur G4S :

En juin 2014, la Fondation Gates a désinvesti la totalité des 170 millions de USD de ses actions de la société, suite à une campagne internationale.
Les universités d’Oslo et de Bergen ont refusé d’accorder des contrats à G4S en raison de son rôle dans le système carcéral israélien et ce, suite à une campagne des étudiants ? Au Royaume-Uni, au moins 5 syndicats d’étudiants ont voté en faveur de l’annulation de contrats avec G4S et les étudiants ont exercé avec succès des pressions sur deux autres universités afin qu’elles ne renouvellent pas les contrats avec cette société.
La plupart des organisations caritatives d’Afrique du Sud, des Pays-bas et d’autres partout dans le monde ont mis fin à leurs contrats avec G4S.
L’Église méthodiste américaine, la plus importante congrégation protestante des Etats-Unis, a désinvesti de G4S après qu’une campagne de coalition a soumis la question au vote.

Protestations lors de la Conférence du Parti travailliste à Brighton, en septembre 2015 (Photo : Inminds.com).

Face à l’accroissement des pressions internationales, la firme G4S a annoncé en 2014 qu’elle « ne comptait pas renouveler » son contrat avec le Service israélien des prisons (IPS) lors de son expiration en 2017, et elle a également déclaré qu’elle allait mettre un terme à certains aspects de sa collaboration avec les colonies illégales israéliennes. Toutefois, G4S continue à tirer profit de l’horrible système carcéral israélien et, à ce jour, n’a toujours pas résilié le moindre de ses contrats avec Israël.

War on Want prétend que la croissance rapide de la société ces dernières années a été « facilitée par la privatisation de la sécurité, de la guerre, des prisons et de toute une série de services publics ». Dans la semaine où l’action de G4S a atteint son plus bas niveau depuis 52 semaines, la société ferait bien de reconsidérer ce cinglant revers sans retard.

G4S3En entreprenant cette action, le Parti travailliste a donné un excellent coup de pouce à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’occupation israélienne de la Palestine. Bien que les dirigeants du parti aient naguère résisté aux pressions en vue de boycotter G4S, l’élection de Jeremy Corbyn à la direction du parti s’est traduite par la restitution des pouvoirs exécutifs à l’exécutif élu, pouvoirs permettant à ce dernier de prendre des décisions concernant des questions en ligne avec le règlement même du parti. On a insisté pour que l’affaire soit soumise au vote et, finalement, la motion l’a emporté par 12 voix contre 4.

On peut trouver plus de renseignements sur G4S et sur son rôle dans la « mondialisation de l’injustice » dans cet excellent communiqué de War on Want ou sur Campagne de solidarité avec la Palestine (tous deux en anglais).


Publié le 19 novembre 2015 sur Left Futures

Traduction : Jean-Marie Flémal

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