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Gideon Levy : “Si Abu Mazen était autre chose qu’un petit boutiquier il ne négocierait rien hors la présence de Ismaïl Haniya

« Si Abu Mazen était un véritable leader national plutôt qu’un petit boutiquier, il refuserait de participer au sommet (…) aussi longtemps que le blocus de Gaza n’est pas levé. Et s’il avait véritablement une stature historique, il ajouterait qu’aucune conférence ne peut avoir lieu hors de la présence de Ismail Haniya… ». Tel est le verdict, comme de coutume sans complaisance, de Gideon Levy – une des seules plumes authentiquement libres de la presse israélienne – dans son dernier livre, « The punishment of Gaza« .

Selon lui, les pourparlers qui vont (peut-être) s’ouvrir à Washington ne peuvent conduire qu’à un échec en ce qui concerne la recherche de la paix – et ce genre d’échecs est généralement suivi par un bain de sang, dit-il – et à accentuer la division des Palestiniens, à rendre la séparation entre Gaza et la Cisjordanie plus insurmontable qu’elle ne l’est actuellement. C’est d’ailleurs probablement un des objectifs – sinon l’unique objectif – de cette comédie mise sur pied par Obama et Netanyahu, dans laquelle Mahmoud Abbas et ses comparses ne font guère plus que de la figuration.

Pour Gideon Levy, aucun accord réel et durable n’est imaginable si Israël ne met pas fin à la colonisation, et – dit-il avec ironie – si jadis on avait coutume de dire qu’en consultant deux Israéliens on obtient trois opinions, aujourd’hui, après l’implosion de ce qu’on avait coutume d’appeler “la gauche” si on interroge trois Israéliens on recueille une seule opinion : la colonisation ne s’arrêtera pas. Cela résume toute la supercherie qu’on a appelé “les accords d’Oslo”, ne visaient qu’à permettre à Israël de gagner du temps et d’affermir son emprise sur la terre palestinienne.

Gideon Levy parle aussi, sans user de périphrases inutiles, de l’influence énorme du lobby juif aux États-Unis, et du racisme qui préside à toute vision israélienne du conflit. Ainsi, écrit-il, « l’effrayante balance du sang – environ 100 Palestiniens tués pour chaque victime israélienne – ne soulève aucune interrogations, dès lors que nous avons décidé que leur sang vaut 100 fois moins que le nôtre, en vertu de notre héritage de racisme »


 

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