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GB : «Co-operative Group» vire pour 430.000 € de produits des colonies de ses rayons

La chaîne alimentaire britannique Co-operative Group met un terme à un marché de 430 000 € avec des fournisseurs israéliens de produits des colonies.

Ci-dessous un communiqué de la coordination BIN – Boycott Israel Network

Samedi 28 avril 2012 – Aujourd’hui, les participants à la campagne pour les droits de l’homme ont eu le plaisir d’accueillir l’information annonçant que la cinquième chaîne britannique de vente au détail, The Co-operative Group « ne s’engagerait plus avec aucun fournisseur de produits connus pour provenir des colonies israéliennes ».

La décision de Co-op, notifiée dans une déclaration à l’adresse des responsables de la campagne, aura directement un impact sur quatre fournisseurs : Agrexco, Arava Export Growers, Adafresh et Mehadrin, la plus grosse firme israélienne d’exportations agricoles.

Les fournisseurs de Mehadrin produisent des denrées en provenance des colonies illégales, y compris celle de Beqa’ot, dans la vallée occupée du Jourdain. Au cours d’interviews réalisées par des enquêteurs, des travailleurs palestiniens de la colonie ont dit qu’ils ne gagnaient pas plus de 11 dollars par jour. Les raisins et les dattes emballées dans la colonie étaient tous étiquetés « Produit en Israël ». Le rôle de Mehadrin dans la distribution d’eau aux fermes de colonies et sa relation avec la société nationale israélienne de l’eau, la Mekorot, rend en outre la société complice de la politique discriminatoire d’Israël sur le plan de l’eau. D’autres sociétés pourraient être affectées par les nouvelles mesures de Co-op en cas de preuves qu’elles écoulent des produits en provenance des colonies d’Israël dans les territoires occupés.

Hilary Smith, membre de Co-op et coordinateur de la campagne relative au commerce agricole du Boycott Israel Network (BIN), a déclaré : « Nous accueillons avec plaisir cette décision importante de Co-op de prendre des mesures visant à concrétiser pleinement sa politique de soutien aux droits de l’homme et au commerce éthique. Co-op a fait œuvre de pionnier, sur le plan international, avec cette décision historique de forcer les sociétés à rendre des comptes pour complicité dans les violations par Israël des droits de l’homme palestiniens. Nous pressons instamment d’autres détaillants de faire de même et de prendre des mesures similaires. »

L’annonce faite par Co-op est venue juste avant leurs assemblées générales régionales, un événement annuel censé avoir lieu d’ici une quinzaine et auquel des motions sur cette question ont été transmises pour faire l’objet d’une discussion. Durant des mois, les membres de Co-op ont fait part de leurs inquiétudes à propos du commerce avec des sociétés complices, et ce, par le biais de rédaction coordonnée de lettres et de discussion avec des bureaux locaux.

Un porte-parole de l’Union palestinienne des Comités du travail agricole, qui travaille à l’amélioration des conditions des communautés agricoles palestiniennes, a déclaré :

« Les firmes israéliennes d’exportations agricoles, telle Mehadrin, profitent – en y étant directement impliquées – de la colonisation en cours des terres palestiniennes occupées et du vol de notre eau. Le commerce avec de telles firmes constitue une forme majeure de soutien au régime d’apartheid israélien appliqué au peuple palestinien, de sorte que nous accueillons chaleureusement ces décisions de principe prise par la Co-operative. D’autres supermarchés européens doivent désormais entreprendre des démarches similaires en vue de mettre un terme à leur complicité dans les violations par Israël des lois internationales. Le mouvement de BDS contre Israël tant que ce dernier ne se soumettra pas aux lois internationales, s’avère une forme réellement efficace d’action, dans le soutien des droits palestiniens. »

Les responsables de la campagne déclarent que cette extension des mesures de Co-op sur le plan des droits de l’homme et du commerce constitue une victoire pour la campagne BDS réclamée en 2005 par plus de 170 organisations de la société civile palestinienne. Parmi les actions qui ont eu lieu dans toute l’Europe afin de mettre en évidence le problème de la complicité des firmes de commerce agricole, figuraient des boycotts populaires coordonnés, des piquets aux supermarchés, pressions et blocages dans les locaux mêmes de certaines firmes.
L’an dernier, Agrexco, anciennement le premier exportateur agricole d’Israël, a été déclaré en faillite après avoir reconnu des dettes records et été dans l’impossibilité de payer ses créanciers. Shir Hever, l’économiste et commentateur israélien qui fait des recherches sur les aspects économiques de l’occupation par Israël des territoires palestiniens, a déclaré qu’un facteur était « le fait qu’Agrexco a été la cible d’une campagne internationale de boycott international, en protestation contre son rôle dans la répression contre les Palestiniens ».

Tous les autres supermarchés importants de Grande-Bretagne continuent à faire du commerce avec les sociétés qui sont désormais rejetées par la politique de Co-op en matière de droits de l’homme et de commerce.


 

Traduction pour ce site : JM Flémal

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