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Gaza : que la lumière soit (un peu, provisoirement)

Les bonnes nouvelles en provenance de la Bande de Gaza ne sont pas si fréquentes, mais en voici une : depuis peu, les gazouites bénéficient d’un approvisionnement en électricité qui s’est amélioré. N’allez pas pour autant croire que la situation soit (re)devenue “normale”, mais l’énergie électrique est actuellement disponible entre 9 et 11 heures par jour (au lieu de quatre heures antérieurement) selon les organisations humanitaires des Nations Unies… en dépit des efforts de l’Autorité palestinienne de Ramallah pour s’y opposer.

C’est en effet à l’intervention financière du Qatar que les gazaouites doivent ce soulagement, après un accord conclu au terme de négociations indirectes entre le Hamas et l’occupant israélien, par le truchement de l’ONU et de l’Égypte, qui cherchent à favoriser la conclusion d’une trêve de longue durée.

L’accord en question prévoit la fin des manifestations de la “Grande marche du retour” qui se reproduisent chaque vendredi aux limites de la Bande de Gaza depuis sept mois, et au cours desquelles au moins 218 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne.  Il prévoit que le Qatar paiera pendant six mois les livraisons de fioul dans l’enclave palestinienne, à hauteur de 60 millions de dollars (52,5 millions d’euros) et que Israël ne s’opposera pas aux livraisons de carburant destinées à alimenter l’unique centra électrique en état de marche. L’occupant avait interrompu les livraisons le 12 octobre, avant de les autoriser à nouveau. L’ONU supervisera les opérations de transit et se portera garant que le carburant n’est pas utilisé par le Hamas à d’autres fins comme le redoute Israël.

L’Autorité palestinienne de Ramallah a tenté de s’opposer à cet accord qui améliore sensiblement les conditions d’existence très pénibles des habitants de Gaza et favorise une relative reprise de l’activité économique. Abbas a perdu le contrôle sur la Bande de Gaza en 2007 et depuis lors ne manque pas une occasion de s’opposer au gouvernement établi par le Hamas, dont il conteste la légitimité.

Les besoins en énergie électrique de la population et des entreprises de la Bande de Gaza sont toujours loin d’être pleinement satisfaits, puisque la production (±200 megawatts par jour) représente moins de la moitié de ce qui serait nécessaire, et que la sécurité d’approvisionnement est loin d’être garantie puisqu’une seule centrale électrique est opérationnelle.

D’ici peu, la pénurie d’électricité se fera d’ailleurs à nouveau sentir davantage, car la demande va s’intensifier considérablement avec l’arrivée des conditions météo hivernales. Il s’agit donc d’une amélioration de la situation toute relative et temporaire. Au moins, pour le moment les écoliers de Gaza ne sont-ils plus toujours obligés de travailler à la lumière de bougies.

L.D.                   

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