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Gaza : la piraterie israélienne continue, jour après jour…

La marine de guerre israélienne a ouvert le feu, vendredi, sur les bateaux de pêche gazaouites et ont – selon des sources palestiniennes – tué au moins un pêcheur palestinien de 20 ans.  Le corps du pêcheur a été conduit en urgence à l’hôpital Kamal Udwan, où les médecins n’ont pu que constater le décès de Mansour Baker, originaire de As-Sudanieyah (nord de la Bande de Gaza), indique l’agence de presse Ma’an.

Selon Haaretz, un porte-parole de la marine de guerre israélienne a confirmé qu’un patrouilleur croisant au large de Gaza a “ouvert le feu en direction d’un bateau de pêche”, au motif que celui-ci “approchait la limite des eaux dans lesquelles Israël autorise le trafic maritime palestinien”.

Vous avez bien lu : la marine israélienne tire sur les pêcheurs de Gaza qui APPROCHENT la limite arbitrairement fixée par Israël, en violation flagrante du droit international et des accords souscrits par son propre gouvernement *, puisque les funestes “accords d’Oslo” de 1993 laissaient aux pêcheurs palestiniens la possibilité de s’éloigner des côtes de Gaza jusqu’à 20 miles nautiques, alors que dans les faits  Israël a réduit cette zone à 2 ou 3 miles nautiques à peine.

Il n’est donc pas nécessaire, pour que les navires de guerre israéliens bombardent et assassinent les pêcheurs palestiniens, que ces limites – inacceptables dans leur principe – aient été FRANCHIES, il suffit qu’elles soient “approchées”.

Dans son rapport annuel, en juin dernier, l’Organisation Internationale du Travail constatait :

« depuis janvier 2009, les Forces de défense israéliennes empêchent les Palestiniens de pêcher au-delà de 3 milles nautiques de la côte de Gaza, ce qui limite beaucoup le volume des prises, qui s’effectuent principalement dans les eaux profondes plus éloignées. Le dépeuplement des lieux de reproduction, consécutif à la surpêche en eaux peu profondes, a contraint les pêcheurs palestiniens à modifier leurs pratiques, par exemple à utiliser des filets plus serrés pour capturer les poissons de moindre taille qui se trouvent à moins de 3 milles nautiques des côtes. Le secteur employait 3.000 pêcheurs et représentait 4% du PIB, mais la situation devient insoutenable et beaucoup sont forcés d’abandonner la pêche et de chercher d’autres moyens de subsistance. Le blocus épuise les mécanismes de survie et pousse les habitants de Gaza vers l’économie informelle. La seule activité florissante aujourd’hui est celle associée à l’économie illégale des tunnels ».

Le très relatif et récent “assouplissement” du blocus de Gaza n’y a rien changé : Israël continue à soumettre la population civile de Gaza à des formes pernicieuses de représailles et de punitions collectives, mettant ainsi – entre autres choses – en danger la santé publique dans la Bande de Gaza, car la pêcher est une des principales sources de protéines pour la population.

Les attaques comme celle de ce vendredi se produisent sans cesse (même si elles n’entraînent pas toujours mort d’homme), sans qu’on entende la moindre protestation de la prétendue “communauté internationale”, dont les plus éminents représentants étaient trop occupée vendredi à s’émouvoir bruyamment d’un dérapage verbal du président iranien pour accorder la moindre attention à la dernière action criminelle en date de l’armée israélienne.

Il est vrai qu’entre offenser en paroles l’Oncle Sam et tuer un pêcheur palestinien qui ne cherchait qu’à gagner sa vie et à nourrir sa famille, sur l’échelle de gravité des crimes en vigueur en Occident, il n’y a pas photo ! Les média dominants ne s’y sont évidemment pas trompés, qui n’ont pour la plupart pas dit un mot de l’attaque israélienne.

Pour rappel, voici une vidéo que nous avions déjà présentée il y a quelques mois à propos de la pêcher à Gaza :

Fishing in Gaza from maggie schmitt on Vimeo.


*ce qui ne saurait surprendre, puisque Israël ne respecte jamais que les parties des accords qui lui conviennent, et cela depuis ses origines, à commencer pas les conditions dont était assortie son admission à l’ONU.

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