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Fruits amers de la “paix” telle que l’A.P. et Israël l’entendent : le PIB palestinien par tête en chute libre

Les propagandistes de l’Autorité Palestinienne, avides de tout ce qui peut tendre à valider l’approche “réaliste” de Mahmoud Abbas – celle où l’A.P. se charge des basses besognes de maintien de l’ordre pour compte de l’occupant, qui en échange garantit le maintien d’un certain niveau de vie à une “élite” dont la corruption est un secret de polichinelle – tentent depuis des mois d’accréditer l’idée d’un “miracle économique palestinien” en Cisjordanie.

La lecture du rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur l’assistance apportée en 2009 au peuple palestinien dessine pourtant une toute autre image, malgré quelques statistiques presque flatteuses annonçant une croissance en hausse de 6,8% et un taux de chômage en baisse de 1,6%. Selon le rapport, ces chiffres ne traduisent “en aucune manière une reprise”. Les problèmes de sécurité alimentaire “restent omniprésents et sont particulièrement graves à Gaza où 60 % de la population sont touchés”.

Après une année 2008 marquée par la crise économique, l’amélioration aurait dû être plus substantielle si les acteurs économiques palestiniens n’avaient été pénalisés par les bouclages pratiqués par les autorités israéliennes, par la dégradation de l’appareil productif et par l’obligation de recourir à des devises étrangères (shekel, dollar ou dinar jordanien) qui rendent prohibitifs les coûts des transactions.

Mais la construction du mur de l’apartheid, l’implantation ininterrompue de nouvelles colonies juives (que le soi-disant “gel” de la colonisation n’a fait que STIMULER) et la confiscation continuelle des terres palestiniennes ont fait aussi sentir leurs effets catastrophiques, qui pèsent particulièrement sur la société palestinienne depuis les tristement fameux “accords d’Oslo”.

Le taux réel de chômage dans les territoires occupés serait de 30% et le produit intérieur brut (PIB) par habitant y demeure inférieur de 30% à ce qu’il était en 2000, avant l’Intifada. Selon les auteurs du rapport de la CNUCED, “la situation est bien pire à Gaza [+1 % de croissance] qu’elle ne l’est en Cisjordanie [+8,5 %], où l’économie souterraine et informelle a connu un essor sans précédent pour compenser l’effondrement du secteur productif”.

LES MILLIARDS DE L’AIDE INTERNATIONALE FINISSENT
DANS DES POCHES ISRAÉLIENNES

L’économie des territoires occupés est largement dépendante de celle d’Israël. Leur déficit commercial à l’égard de l’occupant représente 65% de leur déficit total. Il a atteint 2,6 milliards de dollars (2 milliards €) en 2009, soit un chiffre supérieur aux 2,4 milliards de dollars d’aide internationale versés annuellement aux Palestiniens. Cette aide profite donc directement et en priorité… à Israël.

Le rapport affirme que – quoique “vitale” – l’aide des donateurs au peuple palestinien “ne sera économiquement efficace que lorsque les autorités israéliennes lèveront les mesures de bouclage et le blocus de Gaza”. Deux calculs le prouvent. D’abord, l’addition des coûts indirects de la guerre, du blocus de Gaza et des bouclages en Cisjordanie se situe entre 600 et 800 millions de dollars par an, soit 13% du PIB. Si l’on y ajoute les coûts des dégâts causés par l’intervention militaire israélienne à Gaza en 2008-2009, les pertes totales s’élèvent à 3,1 milliards de dollars pour la période 2008-2010.

D’autre part, la CNUCED a calculé qu’une injection de 1,6 milliard de dollars d’aide à l’investissement public entre 2010 et 2012 entraînerait une hausse annuelle du PIB palestinien inférieure à 1% en moyenne, si le corset sécuritaire était maintenu tel quel.

En revanche, la même somme dépensée, cette fois, dans un contexte d’apaisement avec levée du blocus de Gaza et assouplissement du bouclage de la Cisjordanie générerait une croissance annuelle de 14% et pourrait créer 80 000 emplois par an.

 

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