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Flottille pour Gaza : tentatives de forcer le blocus… grec (màj)

Le Tahrir a quitté le port de Agios Nikolaos (Crète) lundi vers 17h, en dépit de l’opposition, arbitraire et illégale, des autorités grecques, qui « se couchent » face aux pressions israélo-américaines.
Après avoir parcouru quelques kilomètres, il a été arraisonné par les garde-côtes grecs, puis pris en remorque et ramené au port.

Josy Dubié, qui est ancien officier de la marine marchande, était aux commandes du bateau. Dans une conversation téléphoniques il a indiqué que les passagers sont « toujours à bord« , mais que l’accostage par les garde-côtes a causé des dégâts au Tahrir, dont un des réservoirs de carburant a été percé. « Il n’est pas certain que le bateau soit encore en état de naviguer« , dit Josy Dubié. En revanche, personne n’a été blessé. Les garde-côtes ont menacé d’utiliser un canon à eau, mais il n’y a pas eu de violences.

Lorsqu’on les a interrogés, une bonne trentaine des passagers du Tahrir ont déclaré être le capitaine du navire.

MARDI MATIN : Selon Amira Hass, reporter du journal Haaretz qui se trouve à bord, le « Tahrir » est toujours amarré au port de Agios Nikolaos, et les passagers sont toujours à bord. Cependant, il leur a été interdit de remettre en marche le générateur électrique (qui est en état de fonctionnement), de sorte qu’ils ne disposent plus d’énergie électrique à bord du bateau : plus de réfrigérateurs et plus d’installations sanitaires utilisables…

Des sympathisants grecs, qui montent la garde près du bateau ont informé les passager du Tahrir qu’ils « ont des raisons de penser » que le bateau pourrait subir de nouveaux dégâts. Autrement dit, qu’il pourrait être saboté par un commando israélien. Le comité organisateur a fait savoir que « les autorités grecques seront tenues pour responsables » de tout ce qui pourrait se produire.

MARDI APRES-MIDI : Les passagers du Tahrir sont toujours à bord. Il leur est même interdit d’en descendre… Mais les conditions de vie sont redevenues acceptables, le générateur d’électricité ayant été remis en marche.
Tous les passagers du bateau ont été interrogés par la police, un par un. La police grecque voulait savoir qui commandait à bord du Tharir et qui le pilotait pendant la tentative de quitter le port. Tous ont fait usage du droit de garder le silence qui leur est reconnu par la CEDH.

La propriétaire officielle du bateau, et deux passagers qui avaient participé à une diversion pour empêcher le bateau des garde-côtes d’intervenir sont en garde à vue. Des négociations sont en cours pour obtenir leur libération. Le capitaine du bateau américaine « Audacity of Hope« , qui avait aussi été arrêté, a été relâché et les charges contre lui abandonnées.
Quoiqu’il en soit le Tahrir n’est plus en état de prendre la mer vers Gaza, selon les informations données par Guido Gorissen.
A Athènes, l’ambassade d’Espagne est occupée par des militants pro-palestiniens qui exigent la levée du blocus israélien sur les ports grecs et la fin de la complicité de l’Union européenne.

Le bateau français « Dignité » qui a quitté le port de Salamina lundi, est dans les eaux internationales et ne peut donc plus être arrêté par les garde-côtes grecs. Pour autant, il n’est pas évident qu’il aille jusqu’à Gaza : c’est une des plus petites embarcations de la flottille (15 mètres seulement, catégorie « plaisance »), sont autonomie est trop faible pour aller jusque Gaza sans ravitaillement en fuel, il ne transporte pratiquement pas de fret et il n’y a que 8 personnes à bord. Voir l’article du journaliste de « Libération » qui se trouve à bord.

Le bateau français « Dignité – Al Karama« , de la Flottille de la Liberté, a semble-t-il réussi à échapper au blocus illégal du gouvernement grec, et faisait route lundi en début d’après-midi vers la haute mer, a rapporté le journaliste du quotidien français Libération, Quentin Girard

Quentin Girard est à bord du « Dignité – Al Karama« , un bateau de petite taille, en compagnie d’une dizaine de volontaires de la Flottille, dont Olivier Besancenot et la députée européenne EELV Nicole Kiil-Nielsen.

Il explique dans son reportage, diffusé à la mi-journée sur le site liberation.fr, que les passagers ni lui-même sont parfaitement conscients que leurs chances d’atteindre Gaza sont des plus faibles : s’ils ne sont pas interceptés par la marine de guerre grecque, collaboratrice d’Israël, le risque sera encore plus élevé de l’être par la marine de guerre israélienne.

Il n’empêche, et Quentin Girard est manifestement conscient du moment qu’il vit au moment où il envoie son reportage : les États coalisés, malgré toute leur veulerie et leurs armadas, ne viendront à bout, ni de la résistance du peuple palestinien, ni de de celle des millions de femmes et d’hommes qui les soutiennent de par le monde.

Voici le lien vers l’article de Quentin Girard : http://www.liberation.fr/monde/01012347018-a-bord-du-dignite-en-route-pour-gaza

 

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