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Flotille : Dubié rentre (pour le moment), Yannick reste…

Josy Dubié est sur le chemin du retour, tout comme d’autres passagers du Tharir. L’équipe médicale, à savoir Yannick Vanonckelen et Guido Gorissen, pour sa part, reste sur place pour quelques jours encore, car il y a à bord une cargaison de médicaments dont il s’agit d’essayer d’assurer l’acheminement vers Gaza si possible.

La Justice grecque s’est montrée plus que modérée pour les membres de l’équipage du Tahrir qui avaient été déférés devant elle. Il y avait parmi eux la militante canadienne qui a acheté le bateau (avec des fonds collectés notamment par Belgium to Gaza, avec une participation non négligeable de la « Plate-forme Charleroi-Palestine »), et est donc considérée comme l’armateur, et deux autres militants qui avaient tenté avec des kayaks de gêner les manœuvres du bateau des garde-côtes grecs. En théorie, le refus d’obéir aux ordres des garde-côtes et l’entrave à leur travail pouvaient entraîner une peine assez sévère. Dans les faits, les trois personnes en question en sont quitte avec une condamnation d’un mois avec sursis (qui ne sera donc pas exécutée) et une amende de 18 €. La condamnation est donc symbolique.

Mais ce que retiendront les militants qui ont participé à cette aventure est d’un tout autre ordre. C’est d’une part la réunion de militant venus des quatre coins du monde, mais c’est aussi et surtout le fantastique mouvement de sympathie spontanée qui s’est produit dans la population grecque (crétoise, dans le cas du Tahrir).

« Partout, des hôtels et restaurants jusqu’aux garde côtes et aux policiers grecs, les gens ont manifesté leur sympathie. Le garde côtes s’excusaient de devoir obéir aux ordres, ils étaient gênés. On a eu un malade à bord, et il nous fallait des médicaments que nous n’avions pas et pour lesquels une prescription médicale était nécessaire. Il fallait donc s’adresser à un médecin local : il a refusé d’être payé, et le pharmacien a fait don des médicaments, et il en a offert d’autres encore« , raconte Yannick.

« Partout, les gens expriment leur exaspération par rapport à leur gouvernement, aux mesures anti-sociales qui sont prises, par rapport à la soumission de la Grèce vis-à-vis d’Israël, etc… et partout ils expriment leur solidarité avec la Palestine« , ajoute-t-elle. Si le projet de la « flottille » a été assez largement tenu en échec – avec les moyens les plus déloyaux, comme il fallait s’y attendre – par le gouvernement et les services secrets israéliens, ils n’en sortent pas politiquement gagnants pour autant, et les gouvernements européens qui soutiennent aveuglément Israël non plus.  « En plus, la partie n’est pas finie« , conclut Yannick.

Elle ne prendra fin, à vrai dire, qu’avec la levée du blocus illégal de Gaza, et le rétablissement de la liberté de circulation des Palestiniens.

 

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