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Financement de l’occupation : un demi-milliard de dollars pour améliorer l’eau potable dans la Bande de Gaza

L’U.E., la Turquie et diverses agences internationales lèvent un demi-milliard de dollars pour financer un projet visant à améliorer l’eau potable de Gaza. Israël et l’Autorité palestinienne expriment leur soutien à cette initiative, dont l’impulsion initiale est venue de Washington.

Un forum réunissant, mardi dernier, à Bruxelles les représentants de pays et d’agences d’aide aux Palestiniens a promis 456 millions d’euros (559 millions de dollars) pour un projet d’amélioration de l’eau potable dans la bande de Gaza.

Sur ce montant total, 77,1 millions d’euros proviennent des pays de l’U.E. et le reste provenait d’agences et d’autres pays, dont la Turquie. Cela représente environ 80% du coût du projet, dont le coût total est estimé à 562,3 millions d’euros.

Au cours des discussions, les Européens ont également exprimé leur volonté de financer 15 millions de dollars de travaux de rénovation au point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte si les Égyptiens s’engagent à le maintenir ouvert.

Le projet comprendra la construction d’une grande installation de désalinisation d’eau de mer et la remise à neuf des pipelines et du stockage d’eau nécessaires ainsi que de l’énergie solaire pour alimenter l’usine en électricité. L’installation fournira à terme 55 millions de mètres cubes d’eau douce aux habitants de Gaza. Les appels d’offres seront normalement émis vers le 15 avril.

Actuellement, ±95% à 97% de l’eau disponible à Gaza n’est pas potable, et des centaines de milliers de mètres cubes d’eaux usées sont déversés directement dans la Méditerranée, sans aucun assainissement. 

Israël soutient le projet, étant donné d’une part que les eaux polluées rejetées par la Bande de Gaza dans la mer polluent les plages israéliennes, et d’autre part que c’est – en application du droit international – à l’occupant qu’il incomberait normalement de pourvoir aux besoins essentiels de la population qu’il maintient sous sa domination. Et l’eau potable est de toute évidence l’un des plus fondamentaux de ces besoins. Israël étant – quelles que soient les élucubrations de ses dirigeants à ce propos – toujours la puissance occupante de la Bande de Gaza, c’est normalement à lui d’assumer ces besoins, et de les financer.

L’U.E. et les autres donateurs vont donc une fois de plus endosser des charges qui n’appartiennent normalement qu’à Israël, pour servir les desseins politique de Washington, autrement dit ils vont financer l’occupation comme ils le font depuis des décennies. On comprend donc pourquoi Israël s’est engagé à ne mettre aucun obstacle à l’entrée dans le territoire des équipements et des matériaux nécessaires à sa réalisation (il faut pourtant se souvenir qu’Israël tient rarement ses engagements, quels qu’ils soient, en particulier vis-à-vis d’un partenaire aussi faiblard que l’U.E.).

L’Autorité palestinienne de Ramallah s’est engagée par écrit à faire partie du projet même si le processus de réconciliation entre le Fatah et le Hamas est mal en point. Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a déclaré : “Cette conférence transmet un message d’espoir à notre peuple à Gaza tout en soulignant que la communauté internationale ne néglige pas leurs souffrances”. 1

Les États-Unis ayant soudainement manifesté un intérêt nouveau pour Gaza, l’ambassadeur U.S. à Tel Aviv s’est félicité de “l’ambiance positive” pendant la conférence de Bruxelles.

La conférence de Bruxelles a eu lieu une semaine après une réunion à la Maison Blanche à l’initiative de l’envoyé spécial américain Jason Greenblatt, en présence du gendre et conseiller principal du président américain Donald Trump, Jared Kushner, ainsi que de représentants de 19 pays, dont Israël et plusieurs États arabes. L’AP n’avait pas envoyé de représentant, poursuivant son boycott des États-Unis qui a commencé quand Trump a annoncé la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

L.D.            

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Notes   [ + ]

1. Ce qui est de toute une évidence une idiotie totale : la communauté internationale n’a jamais réellement montré la moindre compassion pour les habitants de Gaza. En tous cas par au point de déplaire sérieusement à Israël – NDLR