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Facebook, plus que jamais au service de la politique du gouvernement israélien

Facebook a supprimé le compte de l’agence de presse palestinienne Safa, basée à Gaza, dans le cadre d’une politique pro-israélienne visant à bloquer et supprimer les comptes d’utilisateurs considérés comme “incitatifs”. L’agence serait affiliée au Hamas; ce que Safa nie.  La compte Facebook de Safa avait 1.300.000 “followers”.

Le compte de Safa a été désactivé ainsi que les comptes de 10 de ses éditeurs samedi dernier. Le directeur des médias sociaux de l’agence, qui garde son identité secrète, a déclaré au Jerusalem Post: «Nous avons été totalement surpris».  L’agence de presse n’a reçu ni avertissement ni d’explications.

Nous travaillons actuellement à la restauration du compte car 60% du trafic du site provient de Facebook”, a déclaré le responsable des médias sociaux de l’agence gazaouits. Ceci constitue un rappel du pouvoir croissant de Facebook pour limiter ou faciliter l’accès à l’information, et du danger qu’il y a à se rendre dépendant d’une société privée étatsunienne, dont la dévotion à Israël est de plus en plus évidente.

L’agence a répondu à cette mesure en exhortant Facebook à respecter son objectif déclaré «permettre aux gens d’exprimer leurs points de vue afin que le monde soit plus ouvert et pluraliste».

Des militants ont lancé une campagne intitulée «Facebook combat la Palestine», qui appelle au boycott de la société de médias sociaux. Selon eux, Facebook a prouvé son parti pris parce que pendant qu’ils suppriment et bloquent les comptes Facebook palestiniens, prétextant “l’incitation” (et adoptant une terminologie typique du gouvernement israélien et de son armée d’occupation), ils n’ont pas fait de même pour les comptes israéliens qui appellent ouvertement à la violence et produisent un contenu insultant et discriminatoire contre les Palestiniens.

Selon un activiste palestinien cité par le journal Haaretz, depuis le début de 2018, environ 500 pages Facebook d’activistes palestiniens, de journalistes et de blogueurs couvrant les informations dans les territoires occupés ont été fermées par la société de Mark Zuckerberg.

La ministre israélien de la Justice, la fasciste Ayelet Shaked, a fait l’éloge des politiques de censure de Facebook. Elle a elle-même un compte Facebook où elle a publié des commentaires haineux d’une violence insoutenable.

Comme le fait justement remarquer Ali Abunimah sur “Electronic Intifada”Glenn Greenwald a déjà décrit sur le site « The Intercept”, la collusion de Facebook avec Israël et les États-Unis pour faire taire les voix qu’ils n’aiment pas.

Facebook a démontré à plusieurs reprises sa volonté – parfois proche de l’empressement – de s’attirer des faveurs de gouvernements puissants en supprimant des contenus qu’ils n’aiment pas”, a déclaré Greenwald à The Electronic Intifada.

Le gouvernement israélien est l’un des pays où Facebook s’est montré le plus servile, et par conséquent, il a engagé une campagne de censure contre les Palestiniens dont le crime est d’exprimer leurs opinions et de s’engager dans un activisme que les autorités israéliennes n’aiment pas”

Évidemment encouragés par ces bonnes dispositions de Facebook à leur égard, les fous furieux qui composent la majorité parlementaire sur laquelle s’appuie Netanyahou ont été récemment jusqu’à envisager de demander à Facebook de bloquer la publication de photos de Khalida Jarrar, une de leurs bêtes noires, qu’ils ont arbitrairement emprisonnée.

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