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Face à la frénésie anti-palestinienne du gouvernement français, Stains tient bon

En France, la volonté du pouvoir de réprimer tout ce qui ressemble à des actions de solidarité envers les Palestiniens – sous couvert en général d’une prétendue lutte contre une prétendu antisémitisme – prend des dimensions invraisemblables. Ainsi, voilà quelques jours, le Tribunal administratif de Montreuil a-t-il été appelé à statuer à propos de la présence sur la façade de l’Hôtel de Ville de Stains d’une banderole qui appelle à la libération de Marwan Barghouti. C’est le préfet qui, vraisemblablement sur ordre venu “d’en haut”, a exigé que cette banderole – qui se trouve là depuis 2009 ! – soit retirée. Le maire, Azzedine Taibi, ayant le fonctionnaire a saisi le tribunal administratif pour imposer sa volonté contre celle de l’élu de la population.

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Azzedine Taibi appartient au Parti Communiste Français, et lorsqu’il est devenu maire cette banderole était déjà là, puisqu’elle avait été installée à l’initiative de son prédécesseur, Michel Beaumale. Il y a donc sept ans que – ainsi que l’a fait observer l’avocat Roland Weyl au tribunal, cette banderole se trouve à cet endroit, sans provoquer aucun “trouble à l’ordre public”, contrairement ce qu’affirmait le Préfet.

Mais dans le contexte de l’escalade anti-BDS et d’une manière générale pro-israélienne (le “style Netanyahou” étant il est vrai assez voisin du “style Valls”), elle est soudain devenue intolérable.

Le préfet invoquait par ailleurs “un défaut d’intérêt” de Stains par rapport à cette banderole, ce qui s’avère inexact puisque, a aussi expliqué l’avocat de la ville, celle-ci est jumelée avec le camp de réfugiés palestiniens de Al-Amari, et travaille sur de multiples projets concernant la Palestine avec des associations locales. Stains fait aussi partie du réseau d’une quinzaine de localités françaises qui réclament la libération des élus palestiniens emprisonnés par Israël (parmi lesquelles figurent aussi La Courneuve, Gennevilliers, Ivry-sur-Seine, La Verriere, Haveluy et Allones). Les maires de Gennevilliers, Montreuil, Aubervilliers et La Courneuve ont exprimé leur soutien au maire de Stains, et s’opposent au retrait de la banderole qui déplait tant au pouvoir.

Lors de l'audience du tribunal administratif, des habitants de Stains avaient tenu à manifester leur soutien à leur maire

Lors de l’audience du tribunal administratif, des habitants de Stains avaient tenu à manifester leur soutien à leur maire

L’audience du tribunal administratif n’a duré qu’une demi-heure, et à l’issue de celle-ci, le juge a ordonné à Azzedine Taibi de faire enlever la banderole litigieuse dans l’attente du prononcé jugement, qui interviendra … dans 5 à 6 mois. Mais le maire, soutenu lors de l’audience par environ 150 habitants de Stains, refuse de se plier à cette injonction.

Nous n’enlèverons pas cette bannière. Nous défendons une cause juste : le respect du droit international, la promotion des valeurs de paix et du droit du peuple palestinien, comme de tous les peuples, à l’autodétermination. Nous sommes fiers de montrer ces valeurs, et il est incompréhensible que le Préfet s’acharne à poursuivre notre ville à propos de cette banderole qui se trouve sur l’Hôtel de Ville depuis 2009.

Chaque jour, l’équipe municipale et moi nous avons beaucoup à faire pour défendre la dignité et le respect des droits de la population de Stains. Sur les problèmes du droit au travail, de la sécurité, du logement, de l’éducation, nous attendons de l’État qu’il assume ses propres responsabilités, et non pas qu’il cherche à nous empêcher d’exprimer les valeurs de la population de notre ville, valeurs dont nous sommes fiers.

Administrer une ville, c’est aussi prendre position pour les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, dans notre pays et dans le monde. Heureusement, dans le passé, de nombreux maires – y compris ceux de Stains – et des citoyens du monde entier, ont réclamé la libération de Nelson Mandela, qui était considéré comme un terroriste par une partie de la classe politique française. Comme maire et comme citoyen, c’est aussi mon devoir de défendre de justes causes internationales, y compris la dénonciation de l’aprtheid dont souffre le peuple palestinien depuis plus d’un demi-siècle. De la même manière, nous exprimons notre soutien au peuple kurde, aux réfugiés syriens et à tous les peuples opprimés dans le monde”, a déclaré Azzedine Taibi.

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