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Exécutions capitales à Gaza : les défenseurs des droits de l’homme condamnent

Les groupes palestiniens et israéliens de défense des droits de l’homme ont dénoncé l’exécution, jeudi (15 avril) dernier, de deux collaborateurs à Gaza. Le Centre Palestinien des Droits de l’Homme [PCHR] a réitéré dans une déclaration son rejet de la peine de mort qu’il a qualifiée de violation grave et injustifiée du droit à la vie, constituant une forme de torture et un traitement cruel et inhumain.

Le Ministère de l’Intérieur à Gaza a fait fusiller par un peloton d’exécution Nasser Salama Abou Fraïh, 35 ans, et Mohammed Ibrahim Ismaïl, 36 ans, originaires de Jamabliya et Rafah respectivement. Ces peines capitales ont été appliquées sans la ratification par le président, requise par la législation palestinienne, ce qui constitue une violation de la loi et de la constitution, a ajouté le PCHR.

L’organisme a cependant réaffirmé sa position : l’Autorité Palestinienne a le devoir de poursuivre ceux qui sont accusés de collaboration avec Israël. L’abolition de la peine de mort ne signifie pas qu’il faille être tolérant vis à vis des criminels. Toutefois il faudrait envisager une peine à la fois appropriée et dissuasive qui soit conforme à la loi internationale afin de préserver notre humanité, dit la déclaration.

L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a, quant à elle, fermement condamné les exécutions : “la peine de mort est immorale et viole les droits fondamentaux à la vie de chaque être humain”. B’Tselem a affirmé dans une autre déclaration que la peine de mort ne devait en aucun cas être appliquée.

En plus d’avoir exprimé son opposition au principe de la peine capitale, B’Tselem a dit que l’exécution s’était appuyée sur un procès qui ne respectait même pas les normes élémentaires d’un tribunal digne de ce nom. Les habitants de Gaza accusés de collaboration ne sont pas en mesure de constituer leur propre défense ou de faire appel suite aux verdicts et sanctions qui leurs sont appliqués, a déclaré l’organisme.

Un tribunal militaire siégeant à Gaza

Un tribunal militaire siégeant à Gaza (photo : Ma’anImages)

Les exécutions de jeudi dernier ont été les premières exécutions à Gaza depuis que le Hamas a pris le pouvoir en 2007. Les dernières exécutions connues à Gaza ont eu lieu en juin et juillet 2005, avant que ne s’y établisse le gouverne­ment de facto du Hamas.

Selon Human Right Watch, durant l’opération israélienne dite “Plomb Fondu”, 32 Palestiniens ont été exécutés sans procès par des groupes armés palestiniens apparemment proches du Hamas pour avoir supposément fourni des renseignements à Israël. La semaine dernière, le bureau du procureur général de Gaza a dit que la ratification de sentences de mort exceptionnelles était non seulement nécessaire mais qu’elle constituait un devoir légal.

Dans une déclaration publique effectuée le 25 mars, le procureur général de Gaza, Mohammed Abed avait annoncé qu’au cours des deux derniers mois son administration avait commencé à appliquer les sentences de mort des personnes jugées coupables de collaboration ou de meurtre.

Deux jours auparavant, le ministre de l’intérieur de Gaza, Fathi Hammad a déclaré au cours d’une interview radiophonique que son ministère avait décidé de l’exécution des prisonniers accusés de collaboration malgré les objections des organisations de défense des droits de l’homme.

En mai 2009, le Hamas a annoncé l’établissement d’un comité composé de conseillers légaux et d’officiels du ministère (de facto) de la justice qui seraient responsables de la ratification des sentences de mort à Gaza.

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