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L’Erythréen de Beer Sheva n’a pas été tué par la foule déchaînée. Gros soupirs de soulagement !

Dimanche dernier en début de soirée, un Palestinien d’Israël, originaire d’un village bédouin a mortellement blessé un soldat israélien d’un coup de feu, dans l’enceinte de la gare routière de Beer Sheva. Il s’est ensuite emparé de son fusil d’assaut et a ouvert le feu sur la foule avant de tomber nez-à-nez avec un policier qui l’a abattu.

Haftom Zarhum, un demandeur d’asile érythréen de 29 ans qui rentrait chez lui après avoir renouvelé son visa de travail, a été blessé dans la foulée par un garde de sécurité qui l’a pris pour un complice de l’assaillant, alors qu’il s’éloignait des lieux de l’attentat.

Selon les images tournées peu après, plusieurs personnes dont un homme portant un uniforme militaire se sont alors mises à frapper et insulter le blessé, qui gisait par terre dans une mare de sang. «Les gens ont défoulé leur rage sur lui», racontait peu après les faits un témoin interrogé par le quotidien Yedioth Ahronoth.

L’un des assaillants lui a jeté un banc métallique tandis que d’autres chantaient «Mort aux Arabes» et empêchaient les secouristes de le prendre en charge. Certains témoins de la scène ont tenté, sans succès, de s’interposer. Haftom Zarhum, est mort à l’hôpital parce que sa couleur de peau le désignait aux yeux d’une foule israélienne comme un ennemi à éliminer immédiatement, pouvait-on penser.

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Mais voilà que les résultats de l’autopsie viennent sauver le crédit moral de cette foule en proie à la haine raciste : ce n’est pas elle qui l’a tué. Les médecins de l’Institut de médecine légale d’Abu Kabir ont rendu publics les résultats de l’autopsie de Zarhum. Et ce sont finalement deux des huit balles tirées par le garde qui ont transpercé son corps qui ont, selon eux, tué le réfugié érythréen, et non les coups assénés par des passants anonymes. Oui, il a été battu jusqu’à baigner dans une mare de sang, son foie et ses poumons, son diaphragme et son colon ont été éclatés par les coups de pied reçus, de multiples côtes ont été fracturées mais ce n’est pas une foule haineuse qui l’a tué, et donc l’honneur et l’innocence de ces civils sont saufs.

D’ailleurs, quand tous ces braves Israéliens l’ont battu sauvagement, il était déjà virtuellement mort, ils n’ont donc pas pu le tuer. Donc il ne s’agit pas vraiment d’un lynchage, la société israélienne peut toujours prétendre être une société civilisée (enfin, presque) et personne ne devrait donc être poursuivi pour meurtre devant la Justice.  Gros soupir de soulagement collectif ! Si seulement on pouvait rebobiner la bande et enlever les cris « Morts aux Arabes« , qui font un peu mauvais genre quand même…

 

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