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Du libre arbitre des civils selon Kasher

Dimanche, rapporte le Jerusalem Post, le tribunal militaire du commandement militaire sud estimé  que deux soldats de l’unité Guivati avaient agi de « manière inappropriée » en ordonnant à un jeune garçon arabe d’ouvrir plusieurs sacs, qu’ils soupçonnaient de contenir des explosifs, pendant l’agression contre la Bande de Gaza (décembre 2008 – janvier 2009). Les deux hommes encourent une peine de trois ans de prison.

Les spécialistes en langage orwellien de l’armée israélienne qualifient de « procédure de voisinage » le recours aux civils du camp ennemi comme « boucliers humains » pour accomplir des tâches normalement effectuées par les soldats eux-mêmes.

En 2005, la Cour suprême israélienne a toutefois déclaré cette procédure illégale, conformément au droit international.

A l’époque, le président de la Cour, Aharon Barak, estimait que « par principe, les habitants locaux ne peuvent renoncer à leurs droits, conformément à l’article 8 de la 4e Convention de Genève » (de temps en temps, par distraction sans doute, ils en tiennent compte).

Asa Kasher, professeur de philosophie à l’université de Tel-Aviv, qui a rédigé L’esprit de Tsahal (Rouakh Tsahal) en 1994, et en 2001 à la mise jour du « code d’éthique » de l’armée israélienne (cette expression, ça me fait le même effet que si parlais du « code d’éthique de Marc Dutroux ») estime que cette décision doit être remise en question, dit le Jérusalem Post.

Selon lui, « il y a des moments où l’utilisation de la population civile ennemie, pour limiter une situation potentiellement explosive, est non seulement moralement permissible mais est également susceptible de sauver des vies » (des vies juives, s’entend. Les autres, de toutes manières, l’armée israélienne s’en contrefout).

« Dans le cas où un suspect terroriste se barricade dans un bâtiment, les voisins aident très souvent à pacifier la situation, explique Kasher. Plus encore, les voisins ont souvent un intérêt à empêcher Tsahal de détruire l’immeuble en question parce qu’ils y vivent aussi. Et lorsqu’ils sont de la famille du terroriste, ils veulent généralement lui sauver la vie« .

Dès lors « s’ils interviennent de leur plein gré, alors ils devraient y être autorisés« , estime le professeur.

Car évidemment, les habitants d’un pays qui subit depuis des dizaine d’années une occupation militaire particulière­ment brutale, qui savent que face aux troupes d’occupation leur vie et celle de leurs enfants ne vaut pas un clou et que les soldats n’ignorent pas qu’ils sont rarement poursuivis pour leurs crimes de guerre et en tous cas pratiquement jamais condamnés sérieusement, peuvent décider en toute liberté d’agir « de leur plein gré« . Comme quelqu’un qui sait que sa maison avec tout ce qu’elle contient va être détruire dans les minutes qui suivent s’il n’intervient pas « de son plein gré« .

Avec des « philosophes » spécialistes de l’éthique militaire comme ce Asa Kasher, pas étonnant que – comme le rapportait Haaretz récemment – des soldats israéliens choisissent de se rebaptiser « escadron Mengele » ou « compagnie Auschwitz » (ça c’est pour ceux qui ont fait leurs « preuves » de bon sionistes en utilisant intensivement les gaz de combat lors du massacre de Jénine, notamment contre une école d’où on leur avait lancé des pierres)…

 

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