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Certains des Présidents des États-Unis les plus favorables à Israël étaient aussi férocement antisémites…

Israël, son puissant appareil de propagande et tous ses soutiens de par le monde dépensent une énergie considérable, et des budgets qui ne le sont pas moins, pour imposer l’idée que quiconque met en question le bien fondé du projet sioniste ou se montre simplement critique envers le gouvernement d’Israël est obligatoirement motivé par l’antisémitisme. Quiconque critique la politique israélienne ne rêverait que de provoquer un “nouvel Holocauste”, de “jeter les Juifs à la mer” et serait un adepte du nazisme.
Il y aurait donc, à les en croire, un lien mécanique entre antisémitisme et hostilité envers Israël et son gouvernement.

Les exemples abondent cependant dans l’histoire de personnages importants qui étaient à la fois antisémites – à savoir ayant véritablement pour les Juifs de la haine ou du mépris, ou les deux – et se comportèrent en grands partisans du sionisme. Le paradoxe n’est qu’apparent et l’explication assez simple : soit Israël leur paraissait servir leurs intérêts, ou ceux de leur pays, soit l’idée d’envoyer loin, très loin, le plus loin possible, un aussi grand nombre de Juifs que possible, et de préférence pour toujours, ne pouvait que les séduire, précisément en raison de leur antisémitisme.

Vu le rôle de protecteur d’Israël assumé par les État-Unis d’Amérique, nous ne choisirons les exemples destinés à illustrer la chose que parmi les Présidents étatsuniens, en nous limitant à trois : Harry Truman, parce qu’il a très fermement soutenu la création de l’État d’Israël en 1948. Richard Nixon, parce qu’il passe pour avoir sauvé Israël d’un désastre militaire lors de la “guerre de Yom Kippour” en 1973. Et enfin, évidemment, Donald Trump, qui a décidé d’appliquer la décision votée au Congrès en 1995, à propos du déménagement de Tel Aviv à Jérusalem de l’ambassade étatsunienne. 

Harry Truman : “Hitler et Staline n’ont rien à leur envier pour ce qui est de la cruauté”

Les Archives Nationales des USA ont rendu public en 2003 le contenu d’un journal intime que Harry Truman tenait de manière sporadique en 1947. Ces écrits étaient restés inconnus pendant 35 ans, parce que Truman les avait consignés dans un agenda offert par une agence immobilière, que personne n’avait eu la curiosité de feuilleter au-delà des 160 pages de publicité pour la dite agence. Ce document révélateur était donc resté au fond d’une boite d’archives de la bibliothèque de la ville de Independance (dans le Missouri), jusqu’à ce qu’un bibliothécaire décide d’y mettre un peu d’ordre.

Truman, qui était le vice-président de Franklin D. Roosevelt, était automatiquement devenu Président à la mort de celui-ci, mais n’avait pas encore été lui-même élu. Et il était d’humeur maussade.

Il rédige l’entrée de son journal datée du 21 juillet 1947 alors que l’ancien secrétaire au Trésor, Henry Morgenthau Jr., vient de s’entretenir avec lui par téléphone de la situation de survivants de l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis – il s’agit apparemment des passagers du S.S. Exodus –  en faveur de qui Morgenthau espérait que Truman ferait pression sur les Britanniques 1 pour qu’ils autorisent l’immigration de cent mille Juifs supplémentaires en Palestine.

Après cette conversation, Truman écrit dans son journal intime : « Il n’avait aucune raison valable de m’appeler. Les Juifs n’ont aucun sens des proportions et n’ont aucun jugement sur les affaires du monde. Henry [Morgenthau] a fait venir un millier de Juifs à New York sur une base prétendument temporaire et ils sont restés» 2.

«Les Juifs sont, à mon avis, très, très égoïstes. Ils ne se soucient pas de savoir combien d’Estoniens, de Lettons, de Finlandais, de Polonais, de Yougoslaves ou de Grecs sont assassinés ou maltraités en tant que DP 3 pour autant que les Juifs reçoivent un traitement particulier. Pourtant, quand ils ont le pouvoir, physique, financier ou politique, ni Hitler ni Staline n’ont rien à leur envier pour ce qui est de la cruauté ou des mauvais traitements infligés aux vaincus. Mettez un opprimé au pouvoir et cela ne fait aucune différence que son nom soit russe, juif, nègre, patron, ouvrier, mormon, baptiste, il va dérailler. J’en ai vu très, très peu qui se souviennent de leur condition passée quand le sort leur sourit». 

En 1947, des organisations juives faisaient campagne pour que les États-Unis admettent l’immigration de 400.000 “personnes déplacées” sur quatre ans. Mais au Congrès les mouvements chrétiens et les adversaires d’une immigration juive massive manœuvrèrent pour réduire de moitié ce contingent, pour qu’il soit exigé que 30% des immigrants soient des travailleurs agricoles, et que 40% viennent de pays annexés par l’Union soviétique comme l’Estonie et la Lettonie. Finalement, le texte adopté ne bénéficia qu’à un nombre restreint de “Personnes Déplacées” rescapées des camps nazis. Et Truman a refusé d’intervenir. Après que le Congrès ait adopté ce texte de loi, il l’a critiqué mais il l’a signé.

Dans son livre “Truman and Israel”, publié en 1991, le Prof. Michael Cohen citait de nombreux autres exemples des préjugés antisémites exprimés par Harry Truman. Il avait par exemple décrit, en privé, New York comme une « ville de youpins » 4, et fait référence à son ami juif et partenaire d’affaires, Eddie Jacobson, comme son « larbin juif ». Dans une lettre adressée à sa femme, au sujet d’une partie de poker, il raille un des joueurs qui s’était mis à “crier comme un marchand juif”. En juin 1945, Truman écrivait dans un mémorandum privé : « Les Juifs prétendent que Dieu Tout-Puissant les a choisis pour peuple élu. Eh bien, je suis sûr qu’il avait un meilleur jugement. Le fait est que je n’ai jamais pensé que Dieu ait choisi des favoris ».

”Ce gouvernement a été informé qu’un État juif a été proclamé en Palestine, et que le gouvernement provisoire en a demandé la reconnaissance. Les États-Unis reconnaissent le gouvernement provisoire en tant qu’autorité de fait du nouvel État d’Israël” – signé Harry Truman, le 14 mai 1948.

Pourtant, le même Truman – qui montrait si peu d’empathie pour les rescapés juifs du géno­cide nazi et tant de dédain pour les Juifs dans son propre pays – fut aussi celui qui manifesta un empres­sement remar­quable pour accorder la recon­naissance diplo­matique des États Unis au gouver­nement provi­soire d’Israël, quelques minutes à peine après le vote par lequel les Nations Unies accor­dèrent 56,5% d’un territoire qui ne leur appartenait pas, et où la population arabe était deux fois plus nombreuse que la population juive 5 au mouve­ment terroriste sioniste, respon­sable de centaines d’attentats meurtriers aveugles au cours des années précédentes.

L’antisémitisme n’empêche donc nullement de favoriser Israël, bien au contraire.

Richard Nixon : “Vous ne pouvez pas faire confiance à ces bâtards”

Considérons maintenant le cas de Richard Nixon, 37ème Président des États-Unis (du 20 janvier 1969 au 9 août 1974, date à laquelle il fut forcé à la démission), considéré par Israël comme un de ses plus solides soutiens (il a organisé un pont aérien pour fournir Israël des quantités énormes d’armes dont son armée avait un besoin vital, pendant la “guerre du Yom Kippour”, en 1973).

Richard Nixon, président antisémite des États-Unis, et Golda Meir, premier ministre belliciste d’Israël.

Richard Nixon était véritablement obsédé par les Juifs, pour qui il nourrissait un inépuisable mépris et dont il se méfiait énormément.

En résumé, Richard Nixon aimait beaucoup les Israéliens et détestait tout aussi intensément les Juifs.

Il était proche de Golda Meir, Premier ministre israélien, de Moshe Dayan, Ministre de la Défense, de Yitzhak Rabin, ambassadeur israélien à Washington, qui en 1972 n’avait pas craint de rompre avec tous les usages diplomatiques en s’engageant dans la campagne électorale étatsunienne en faveur de celui qui avait gagné le surnom de “Tricky Dicky” (“Dick (Richard) le tricheur”) 6

Nixon – qui avait construit une grande partie de sa carrière politique 7 sur un anticommunisme quelque peu paranoïaque, insistant énormément sur la supposée menace permanente que l’URSS faisait peser sur les États-Unis – retrouvait chez ses interlocuteurs israéliens un esprit assez comparable au sien, puisqu’ils ne cessaient pas de mettre en avant la “menace existentielle” (largement fantasmée, les historiens l’ont bien établi) ressentie par Israël face aux armées des pays arabes, perpétuellement sur le point de “jeter les Juifs à la mer” et de commettre “un nouvel holocauste” (les dirigeants arabes étant évidemment tous des émules de Hitler, nourrissant une haine aussi inexplicable qu’inexpiable envers le “peuple juif” pacifique et industrieux).

Lors de la guerre du Yom Kippour, en  1973, lorsque l’armée israélienne se trouva effectivement dans une positions délicate, des avions étatsuniens effectuèrent en urgence 567 missions de transport d’armements au bénéfice de l’armée israélienne, s’ajoutant à des transports par voie maritime et à ceux qu’effectuèrent les avions de la compagnie El Al.

Nixon ignora le conseil de son conseiller le plus proche, le juif Henry Kissinger, qui voulait permettre à la guerre de se jouer un peu plus longtemps pour donner au président égyptien Anouar El Sadate la couverture politique dont il avait besoin pour faire la paix avec Israël par la suite. Les enjeux étaient trop importants pour qu’Israël joue avec le calendrier, avait rétorqué Nixon à Kissinger.

Nixon avait peu à gagner et beaucoup à perdre. Il était dans son deuxième mandat et, en tout cas, les Républicains n’avaient aucun espoir de gagner le “vote juif”, largement libéral 8.

Le pont aérien a provoqué un embargo pétrolier arabe, faisant grimper les prix du pétrole. Préoccupé par le scandale du Watergate 9 et embourbé au Vietnam, et contre l’avis de son conseiller juif, Nixon a risqué une guerre avec l’U.R.S.S. pour sauver Israël.

Nixon “a permis à Israël de gagner, au péril de sa propre réputation et au péril de l’économie américaine”, a déclaré l’historien Stephen Ambrose.

Le président Nixon a fait beaucoup de choses que personne n’aurait pensé faire”, a déclaré Golda Meir, en portant un toast à Nixon lors de sa visite en 1974. “Tout ce que je peux dire, Monsieur le Président, en tant qu’amis et en tant que citoyen israélien à un grand président américain, merci.”

L’homme qui est donc réputé avoir sauvé Israël, semblait cependant obsédé  par les Juifs – comme les enregistrements clandestins 10 de la Maison Blanche après la démission de Nixon l’ont révélé. Il a partagé avec ses collabo­rateurs une foule de remarques plus que désobligeantes : “Les Juifs sont partout dans le gouvernement”; “La plupart des Juifs sont déloyaux”; “Vous ne pouvez pas faire confiance à ces bâtards. Ils se retournent contre vous”; “Les Juifs sont des espions nés”;…

Il ne s’agissait pas que de paroles en l’air. Selon une note de 1971 de l’avocat de la Maison Blanche, John Dean, les juifs étaient majoritaires sur la tristement célèbre “liste des ennemis” dressée sur ordre de Nixon pour évaluer “comment nous pouvons utiliser les mécanismes fédéraux disponibles pour vaincre nos ennemis politiques”.

La même année, Nixon demanda à Fred Malek, le chef du personnel de la Maison Blanche, de compter et de dresser une liste nominative des Juifs employés par le Bureau des statistiques de l’emploi. Nixon était convaincu que les Juifs de cette administration étaient en train de fausser les statistiques de l’emplois pour lui nuire.

Cependant, en juin 1974, alors qu’il était embourbé dans les ténèbres du scandale du Watergate, quelques semaines avant qu’il ne soit le premier président de l’histoire à être contraint à démissionner, Nixon devint aussi le premier président en fonction à se rendre en Israël. Prenant la parole sur le tarmac de l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, il avait l’air soulagé, comme s’il était rentré à la maison.

Nous avons traversé, au cours de ces dernières années, des moments difficiles”, a-t-il déclaré. “Pendant la période où j’ai été président des États-Unis, nous avons connu des moments difficiles ensemble, et je peux seulement dire que l’amitié que nous avons pour cette nation, le respect et l’admiration que nous avons pour les gens de cette nation, leur courage, leur ténacité, leur fermeté face à de très grandes difficultés, nous rend fiers de nous tenir aux côtés d’Israël, comme nous l’avons fait dans le passé en période de troubles, et de travailler maintenant avec Israël dans un meilleur contexte, une période qui, nous le croyons, sera le temps de la paix”.

Trump : “la personne la moins antisémite que vous ayez vue dans votre vie…” ?

Donald Trump passe pour le Président le plus pro-israélien de tous les temps 11

Il fut pourtant élu après une campagne qui a galvanisé tout ce que le pays compte de suprémacistes blancs et d’antisémites notoires, et la question de l’antisémitisme de Trump, ou en tout cas de son entourage, est donc légitimement posée.

Selon l’ONG  “Southern Poverty Law”, ces groupuscules ont proliféré au cours de ces deux dernières années, et beaucoup lui reprochent de n’avoir jamais clairement condamné ces groupuscules racistes d’extrême droite, tel le KKK dont le leader David Duke a ouvertement fait campagne pour lui.

Trump à propos des auteurs de violences racistes à Charlottesville : “certains nationalistes blancs sont des gens très bien, ils n’étaient pas tous nazis”

En août 2017, de violents heurts entre des suprémacistes blancs et des contre-manifestants antiracistes ont fait un mort, à Charlottesville, en Virginie. Deux jours plus tard, un article du New York Times datant de 1927 a refait surface sur les réseaux sociaux et dans les médias américains : intitulé « Le Klan attaque un policier », il révèle l’arrestation de Fred Trump, père de Donald  – comme lui, magnat de l’immobilier et à l’origine d’une grande partie de sa fortune – pendant une manifestation violente du Ku Klux Klan.

Les détracteurs de Trump rappellent que le slogan même de sa campagne (“America First”, “l’Amérique d’abord”) était aussi le nom d’un groupe antisémite qui avait appelé les États-Unis à se rapprocher d’Hitler. Ses dérapages verbaux sur “les Juifs et l’argent” sont récurrents. Et l’omniprésence, au début de son mandat, de son principal conseiller Steve Bannon, ex-patron du site d’extrême droite Breitbart News, n’arrangeait rien. 

Lors de sa première conférence de presse, Donald Trump ne fit rien pour masquer son exaspération face aux questions des journalistes. Il “exigea” que la question suivante soit “amicale”… Le reporter Jake Turx, un juif orthodoxe travaillant pour un journal communautaire, lève la main.

La “une” de l’hebdomadaire allemand Stern en août 2017 ne laisse aucun doute sur les liens prêtés à Donald Trump avec la pire des idéologies antisémites de tous les temps.

Il précise d’emblée, respectueu­sement, que personne dans son entourage ne soupçonne Donald Trump ni ses proches d’être antisémite, qu’il sait que le président a des petits-enfants juifs, et qu’il était leur « zayde« , leur grand-père 12. Mais il explique ensuite qu’il y a une flambée d’actes antisémites dans le pays et qu’il voulait savoir comment le gouvernement prévoyait de s’attaquer à ce problème.

Une question simple, à laquelle il était facile de répondre par une vigoureuse condamnation de l’antisémitisme et l’engagement de tout mettre en œuvre pour le combattre.  Au lieu de cela, Trump s’est énervé, jugeant cette question “compliquée”et “injuste”, avant d’ajouter… “qu’il était la personne la moins antisémite que vous ayez vue dans toute votre vie” et aussi “la moins raciste au monde”, intimant grossièrement au journaliste juif qui tentait de reposer sa question l’ordre de se taire.

Il faudra sans doute patienter encore un peu avant de répondre clairement et définitivement à la question de savoir si Trump est antisémite, et à quel degré : étant donné qu’il manifeste du mépris envers tout le monde, hormis lui-même, il est difficile de savoir s’il réserve une haine particulière aux Juifs, ou s’ils sont simplement traités comme le commun des mortels.

Ce que d’ailleurs d’aucuns ne manqueraient pas de considérer comme une forme d’antisémitisme particulièrement pernicieuse…

L.D.               

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Notes   [ + ]

1. A cette époque, les dirigeants de tous les pays alliés, à commencer par les États-Unis, étaient fort préoccupés par la perspective de voir affluer des dizaines de milliers de rescapés des camps nazis, dont beaucoup en très mauvaise santé. Dans son ouvrage “Le sionisme contre Israël” (Ed. Maspero – 1969) l’historien Nathan Weinstock écrivait (p. 201 et suiv.) :

«Au fur et à mesure que s’intensifient les persécutions raciales en Allemagne, les pays limitrophes renforcent la législation régissant l’accès au territoire des étrangers en situation irrégulière. Ces mesures visent spécifiquement les réfugiés du régime nazi et limitent singulièrement les conditions de séjour dans les Etats voisins. C’est le cas en France des décrets-lois du 2 mai 1938, aux Pays-Bas, des mesures frappant spécialement cette catégorie de réfugiés édictées à la veille des hostilités, en Suisse, de la réglementation du 6 octobre 1938, en Belgique de l’arrêté-loi du 28 septembre 1939 permettant l’expulsion sans formalités des étrangers non autorisés à pénétrer dans le royaume (cf 4. Hermann Bekaert, Le statut des étrangers en Belgique, Tome I, Bruxelles. 1940, pp. 430. 449-450, 457 et 465). En pleine guerre, il a fallu une vive pression de l’opinion publique pour que le gouvernement helvétique accepte d’héberger des réfugiés juifs d’Allemagne.

Des bateaux transportant des réfugiés de l’enfer nazi ont été contraints de rebrousser chemin après être parvenus au pied de la Statue de la Liberté. Le State Department a d’ailleurs pris en juin 1941 des mesures pour interdire l’accès du territoire des États-Unis aux rescapés de l’Europe occupée dont les proches parents vivaient dans le pays. Durant l’été 1939, le Saint-Louis qui avait embarqué 900 émigrants forcés à Hambourg, se voit refuser le droit de débarquer ses passagers dans l’île de Cuba, leur lieu de destination. Plusieurs de ces malheureux se sont suicidés dans la rade de La Havane avant qu’un petit nombre de pays n’aient finalement offert de les recueillir.

En 1943, par exemple, au moment où l’extermination du judaïsme européen bat son plein, 4.705 juifs seulement sont autorisés à émigrer vers les États-Unis. Depuis 1924 le Quota Act y avait limité le contingent annuel d’immigrants polonais (juifs et non-juifs) à 6.524 !

Seule la communauté juive de Palestine proclame publiquement sa volonté de recevoir les dizaines de milliers de réfugiés de l’enfer nazi et voici que l’Angleterre s’y oppose…»

2. Allusion à un groupe de Juifs autorisés par l’Administration Roosevelt à entrer aux États-Unis, pendant la guerre contre l’Allemagne, en sus du quota fixé (voir note précédente). Morgenthau, et d’autres, avaient plaidé en faveur de cette mesure en faisant valoir qu’après la défaite de l’Allemagne ces réfugiés pourraient être renvoyés en Europe. Mais c’est Truman qui, en décembre 1945 avait accepté qu’on leur délivre des titres de séjour permanent, ayant admis qu’il était impensable de les expulser vers les pays où les leurs avaient été exterminés.

Auparavant, Truman s’était montré très peu sensible à la détresse des Juifs d’Europe. Quand un rabbin du Missouri avait écrit au sénateur Truman en 1943 pour agisse au au Congrès afin de sauver des réfugiés, Truman lui avait froidement opposé une fin de non recevoir : “Je ne pense pas que les Sénateurs qui ne sont pas membres du Comité des relations étrangères doivent se mêler des questions qui affectent notre relations avec les Alliés en ce moment … il est d’une importance vitale que les congrégations juives se montrent patientes et soutiennent de tout cœur la politique étrangère de notre gouvernement”, avait-il écrit.

3. D[isplaced] P[ersons], c’est-à-dire “Personnes Déplacées”
4. New York est aujourd’hui la ville au monde qui compte la plus importante communauté juive, à l’exception de Tel Aviv – NDLR
5. Il y avait à cette époque 1,3 million d’Arabes contre 650.000 Juifs sur le territoire de la grande Palestine mandataire. Le plan des Nations Unies offrit à l’État juif une superficie de 14.000 km² contre 11 500 km² pour l’État arabe. Les juifs obtenaient donc 56,5% d’un territoire dont ils possédaient ±7%.
6. La réputation de manque de droiture de Nixon était si désastreuse que ses adversaires faisaient campagne contre lui avec un trait d’humour assassin : “achèteriez-vous une voiture d’occasion à ce type ?”. Spontanément beaucoup de gens répondaient “non” sans hésiter.  Pendant son mandat, cette réputation allait se révéler tout à fait justifiée – NDLR
7. Il avait été désigné au poste de vice-président lors de l’élection de Dwight D. Eisenhower en 1952 – NDLR
8. Le mot a ici le sens qu’on lui donne aux États-Unis. Concrètement, il signifie dans ce contexte que la majorité des Juifs étatsuniens votait traditionnellement pour les candidats du parti “Démocrate” et que Nixon (qui ne pouvait en tout état de cause pas briguer un troisième mandat, même s’il avait pu achever normalement le second) n’avait aucune chance de renverser cette tendance lourde. Les choses ont depuis cette époque considérablement évolué, à la fois dans la manière dont l’élection présidentielle se joue (en particulier le rôle de l’argent) et dans l’alliance entre les milieux les plus réactionnaires étatsuniens et israéliens – NDLR
9. Scandale qui l’a contraint à démissionner, non pas tant en raison de ses agissements profondément contraires à un fonctionnement démocratique de l’État qu’à cause de ses mensonges lorsqu’il avait été découvert – NDLR
10. Nixon avait fait installer dans le “bureau ovale” un dispositif sophistiqué permettant d’enregistrer sur bande magnétique tout ce qui s’y disait, à l’insu de la plupart de ses collaborateurs et de ses visiteurs. – NDLR
11. Mais on a parfois qualifié Barak Obama de “premier président juif des États-Unis, alors qu’il était véritablement traité en ennemi par Netanyahou et que Trump manifeste un acharnement certain pour défaire tout ce que Obama a fait… C’est compliqué…  – NDLR
12. Ivanka, la fille de Donald Trump, s’est convertie au judaïsme après avoir épousé Jared Kushner