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70 ans après, l’État d’Israël camoufle toujours les exécutions sommaires commises par la Haganah

« Pourquoi Israël continue-t-il de couvrir les exécutions extrajudiciaires commises par une milice juive en 1948 ?», demandait Ofer Aderet dans le quotidien israélien de centre-gauche le  7 juillet 2018.

Sept décennies après qu’un rapport commandité par David Ben Gourion en personne ait documenté des exécutions de Polonais et d’Arabes – ainsi que des cas de torture et de pillage – commis par la milice juive connue sous le nom de Haganah 1.

La droite possédait quant à elle à cette époque-là deux formations dissidentes, l’Irgoun de Menahem Begin et le groupe Stern (LEHI), qui pratiquaient ouvertement le terrorisme contre les Anglais et les Arabes palestiniens.

Un membre de la Haganah – 1948 – Crédit Zoltan Kluger / GPO

La Haganah, dépendait directement de l’Agence Juive et était donc sous l’autorité de David Ben Gourion, et elle s’est quant à elle efforcée de maintenir une apparence de respectabilité afin de préserver ses relations avec les gouvernements occidentaux dont l’Agence Juive voulait être l’interlocuteur, mais l’étude des archives par les historiens a depuis établi qu’en fait les trois organisations ont fréquemment collaboré activement pour la préparation et l’exécution d’attentats terroristes sanglants, dont le plus célèbre d’entre eux, qui frappa l’Hôtel King David de Jérusalem en juillet 1946.

Cet attentat, s’il n’est qu’un parmi des centaines d’autres commis par les milices sionistes pendant la période précédant la proclamation d’indépendance en mai 1948, est resté dans les mémoire principalement parce qu’il fit 91 mort (41 Palestiniens, 28 Britanniques, 17 Juifs, 2 Arméniens, 1 Russe et 1 Égyptien) et 69 blessés. Il avait été précédé, la veille, d’une réunion de coordination mettant en présence des émissaires des trois organisations terroristes juives. Menachem Begin y participait en personne. Devenu à son tour Premier ministre, après David Ben Gourion, Begin a affirmé à la Knesset que Ben Gourion en personne avait ordonné l’attentat au nom de la Haganah, mais qu’il avait été convenu qu’aux yeux de l’opinion publique mondiale c’est l’Irgoun qui en endosserait publiquement la responsabilité, afin de préserver la crédibilité et la réputation de l’Agence Juive 2.

On a en revanche pratiquement oublié qu’à la veille de la proclamation de l’indépendance d’Israël, six chrétiens polonais ont été sommai­rement exécutés à Tel Aviv et à Jérusalem par la Haganah. Malgré les décennies écoulées, le rapport d’enquête sur ces meurtres, n’a jamais été rendu public. L’archiviste de l’État, Dr. Yaacov Lazowick, a recommandé que le rapport documentant ces affaires soit mis à la disposition du public, mais les censeurs militaires essayent de bloquer ceci pour des raisons connues d’eux seuls.

Même sept décennies plus tard, le rapport est d’une lecture pénible. Ce qui suit, par exemple, est extrait de la description du premier cas :

«Il y a trois semaines, un chrétien polonais a été arrêté à Tel Aviv et emmené à la base de Yona [la base de la Haganah dans le parc de l’indépendance]. Il n’a pas été interrogé. Son garde l’a abattu et l’a tué. Le corps a été pris et jeté dans Hadassah Garden» (le site du centre commercial Gan Ha’ir aujourd’hui dans le centre de Tel Aviv).

Selon une version de cette histoire, telle que rapportée dans le rapport, le détenu polonais a attaqué le gardien, qui l’a abattu en ripostant.

«Le prisonnier, après les coups de feu, était en train de mourir. En conséquence, après réflexion, il a été décidé de le liquider et de l’évacuer de la base», indique le rapport.

Plus tard, une autre affaire concernait cette fois un « Chrétien polonais arrêté à Tel Aviv sur le boulevard KKL » (aujourd’hui le boulevard Ben-Gurion). Son interrogatoire, qui a été conduit « sous la torture », a révélé qu’il s’agissait d’un jeune délinquant impliqué dans des vols et que « il a été précisé qu’il avait des liens avec les Allemands à l’étranger ». Comme le dit le rapport : « Il y avait un soupçon qu’il n’était pas sain d’esprit. Exécuté ».

Yaakov Riftin, une commission d’enquête à lui tout seul – Credit : Teddy Brauner/GPO

Deux autres Polonais ont été tués dans des circonstances similaires après avoir été arrêtés près de la gare routière centrale de Jérusalem parce que « ils ne pouvaient pas expliquer le but de leur présence là-bas ». Le rapport cite différents témoignages concernant les circonstances de leur mort. Selon une version, leur interrogatoire n’a pas abouti à des accusations contre eux, mais néanmoins, « ils ont été exécutés ». Selon une autre version, la milice juive les a «soupçonnés d’espionner les préparatifs pour les convois de départ pour Tel-Aviv». Il a aussi été affirmé qu’une « lettre le décrivant comme un nazi allemand » figurait parmi les effets de l’un d’entre eux, bien que l’on ne sache pas clairement ce que l’on entendait par là.

Un autre Polonais, également arrêté à Jérusalem, est décrit comme un « instructeur de gangs » et un « voleur bien connu » qui, selon les rumeurs, travaillait pour le département britannique des enquêtes criminelles (qui menait évidemment des enquêtes à propos des centaines d’exactions commises par les milices terroristes juives). Mais son exécution n’a rien à voir avec ces allégations. Selon le rapport, il a été mis à mort principalement parce que la Haganah craignait qu’il soit en mesure de révéler l’adresse du site où il avait été interrogé et torturé.

«Étant donné qu’il avait été arrêté avec deux autres personnes, qui ont été relâchées après un bref interrogatoire, et qu’il y avait un risque que la police le recherche, il a été déplacé à la hâte sans avoir eu les yeux bandés. Pour des raisons liées au danger de révélations par lui s’il était libéré, et aussi sur la base des éléments que nous avons recueillis, il a été décidé de le liquider».

Le rapport ne donne pas de détails sur les circonstances précises de la mort des six Polonais en question.

Qui étaient les victimes ?

Qui étaient ces Polonais, pourquoi étaient-ils en Palestine à la veille de la proclamation d’indépendance d’Israël, et pourquoi ont-ils été tués les uns après les autres ? Le rapport de 18 pages révélé par Haaretz ne répond pas entièrement à ces questions. Il a été écrit le 1er mars 1948 par Yaakov Riftin, membre du soi-disant “Comité de sécurité” juif, qui approuvait les décisions de politique de sécurité avant mai 1948. Riftin présentait les résultats d’une enquête qu’il avait effectuée à la demande de Ben Gourion, qui présidait le comité en question.

Contrairement à son rapport, la lettre de nomination de Riftin avait déjà été publiée à plusieurs reprises au fil des ans. Les conclusions du rapport Riftin sur les tueries ont également été publiées à plusieurs reprises; des historiens ont cité le rapport, même s’il n’a jamais été rendu public dans son intégralité. Son existence même n’était connue que par des experts de l’histoire des Forces de défense israéliennes et de la création de l’État.

«Des plaintes et des accusations sérieuses me sont parvenues concernant le désordre et l’anarchie de plusieurs membres de l’organisation [la Haganah] et du Palmach [la force “d’élite” de la Haganah] 3

écrivait Ben Gourion, qui fournissait une liste :

«vols [au détriment] d’Arabes, assassinat de Polonais et d’Arabes sans cause ou avec une cause insuffisante, et en tout cas sans procès, des actions impropres à l’égard des Juifs, des cas de vol, de détournement de fonds, de torture d’Arabes pendant l’interrogatoire, etc.»

Celui qui allait devenir Premier ministre d’Israël ajoutait :

« Ces actes, s’ils se sont produits, constituent un danger politique et moral pour l’organisation et pour le Yishouv 4 et les mesures les plus strictes doivent être prises pour les éradiquer». 

Elle n’allaient toutefois pas se révéler très efficaces, puisqu’en 1951 le même Ben Gourion estimait que “seule la peine de mort dissuaderait les Juifs de commettre des meurtres gratuits contre des Arabes, ce qui tend à prouver que le problème n’était pas circonscrit aux troupes de la Haganah.

A la lettre de nomination de Riftin était annexée une liste d’incidents qui avait été fournie à Ben Gourion par le chef des renseignements de la Haganah, David Shaltiel, et que Riftin devait examiner. Dans son rapport, Riftin expose ses conclusions et ajoute une liste de 15 autres événements dont il avait entendu parler mais sur lesquels il n’a pas enquêté.

« Quand les combats ont commencé, avant la création de l’État, j’étais une commission d’enquête composée d’une seule personne», a déclaré Riftin en 1957 dans un témoignage qui se trouve actuellement dans les archives de Ben Gourion.

« Ben Gourion m’a demandé d’enquêter sur les plaintes, qui venaient de différents côtés, au sujet de personnes exécutées sans jugement. Il m’a demandé d’enquêter sur plusieurs cas impliquant des Arabes et pas seulement des Arabes mais aussi des personnes soupçonnées d’espionnage. Il y a eu des cas de ce genre qui ont causé des inquiétudes. On m’a donné les pouvoirs d’une commission d’enquête, et un secrétaire – Néhémiah Argov»

Pas de secrets

Le rapport Riftin aurait dû être déclassifié et rendu accessible au public en 1998, selon la règle qui veut que les archives deviennent publiques lors de leur cinquantième anniversaire. Mais deux archivistes de l’État ont demandé qu’il reste secret et ils ont reçu l’approbation d’un comité ministériel qui s’occupe des autorisations de divulgation des archives “sensibles”.

Il y a quatre ans, Lazowick, devenu archiviste d’État et sur le point de prendre sa retraite, a demandé au secrétaire du cabinet à l’époque, Avichai Mendelblit, d’autoriser le public à lire le rapport Riftin. “Il y a une demande du public” pour que ce document soit disponible, écrivit-il à Mendelblit, ajoutant que, contrairement à ses prédécesseurs, il recommandait que le rapport soit entièrement déclassifié.

Cette approche a été contestée par Ilana Alon, directrice des Archives de l’armée et de l’establishment de la Défense. Mais alors qu’Alon a expliqué ses objections dans une lettre classifiée, l’opinion de Lazowick est ouverte à tous et représente une approche extrêmement libérale rare dans le milieu israélien des archives officielles.

«Il n’y a aucune raison de continuer à enfermer le dossier», écrit Lazowick. «Les guerres sont la forme de politique la plus extrême qu’un gouvernement puisse poursuivre. En tant que tel, il est très important que la documentation des guerres soit ouverte au public. La période de secret étant passée, il est obligatoire d’ouvrir l’accès aux documents. Une période de secret plus longue sur la documentation de la guerre n’est justifiée que si elle contient un contenu très spécial. Dans ce dossier, il n’y en a pas ».

Lazowick soulignait que le dossier ne contenait rien qui ait une signification opérationnelle actuelle.

« La dissimu­lation de la documentation historique après tant d’années montre que l’État a quelque chose à cacher. Si après plus d’un demi-siècle, et après des examens répétés par des fonctionnaires et des membres du cabinet, l’État dissimule encore certains dossiers au public, c’est seulement parce qu’ils contiennent des secrets particulièrement sombres – c’est ce que tout individu raisonnable comprend », écrivait-il.

Le comité ministériel compétent, composé de la ministre de la Justice Ayelet Shaked, du ministre de l’Énergie Yuval Steinitz et de la ministre de la Culture Miri Regev – une belle brochette de fascistes – a rejeté les argument de l’archiviste chevronné et a bloqué la mise à la disposition du public du rapport Riftin, et il n’a pas fourni d’explications. Mais dans le même temps, ce comité n’a pris aucune mesure pour restreindre l’accès à diverses archives israéliennes qui contiennent des copies de ce fameux rapport…

Il en résulte, et ce n’est pas la première fois, une situation absurde dans laquelle l’organe de décision le plus haut placé concernant le sort des documents d’archives ordonne leur censure, mais quiconque connaît leur existence dans les archives peut aller les consulter voir. Il suffit de s’adresser à l’Institut Akevot pour la recherche sur les conflits israélo-palestiniens, qui répertorie des informations sur le conflit et travaille à la promotion des droits de l’homme. Il y a deux ans, il situait le rapport Riftin – ouvert et accessible à tous – dans les Archives Yad Tabenkin du Mouvement Unifié des Kibboutz. Mais à la fin de l’année dernière, quand Akevot a demandé au censeur militaire l’autorisation de publier le rapport, il n’a pas obtenu de réponse immédiate. Après une attente de deux mois, Akevot a reçu une copie du rapport mais avec chaque page marquée d’un cachet “Diffusion restreinte”.

En d’autres termes, la publication est interdite jusqu’à une décision finale de la censure militaire. Depuis lors, malgré des demandes répétées, le censeur n’a pas encore décidé de laisser Akevot publier ce document vieux de 70 ans.

Tortures, pillages, exécutions sommaires…

Les Polonais dont il s’agit le furent pas les seuls à être exécutés sommairement par la Haganah à la veille de la proclamation d’indépendance d’Israël. Le rapport Riftin fait également référence à un homme soudanais arrêté à Tel Aviv, interrogé et exécuté sans avoir été inculpé de quoi que ce soit. Le rapport mentionne également un certain nombre d’Arabes qui ont été exécutés par des Juifs.

L’un d’eux, indique le rapport, était un chauffeur de taxi de Tibériade, qui ‘a été kidnappé par une unité du Palmach avec sa voiture et mis à mort. “Sa voiture a ensuite été utilisée par l’unité d’infiltration de l’organisation qui a usurpé l’identité d’Arabes, les mistaravim.

On trouve en effet mention dans les archives 5 de très nombreux attentats et assassinats “ciblés” pour lesquels les agents israéliens s’étaient déguisés.

Le rapport contient plusieurs versions de cette affaire du chauffeur de taxi.

L’unité mistaravim a embauché un chauffeur de taxi arabe de Tibériade afin de détourner sa voiture pour ses besoins opérationnels”, indique le document. “Leur intention était de lui lier les mains et les pieds et de le laisser sur le bord de la route et de s’enfuir avec la voiture”. Selon un récit, au cours du voyage, alors que le chauffeur pensait encore que ses passagers étaient des Arabes ordinaires, il se vantait d’avoir été actif dans les “gangs”, selon la terminologie utilisée dans le rapport. En entendant cela, les mistaravim ont décidé de «le faire prisonnier pour interrogatoire – mais il a résisté avec force, a ouvert la porte et a voulu sauter, et nos gens ont été forcés de le liquider».

Selon une autre version,

ils ont kidnappé un chauffeur de taxi à Tibériade avec sa voiture. En cours de route, ils lui ont injecté de la morphine, mais les injections n’ont pas fonctionné. Ils l’ont mis dans la malle à bagages, mais il a commencé à marteler les parois, puis ils ont été forcés, au sommet de la colline, de lui tirer trois balles”.

Quelle que soit la version, les termes sont choisis (les hommes de mains de la Haganah sont “forcés” de tuer, qu’on n’imagine surtout pas qu’ils y ont pris du plaisir !) pour qu’il apparaisse clairement au lecteur que s’ils ont froidement exécuté un chauffeur de taxi, ce n’est pas vraiment ce qu’ils voulaient, ils ne l’ont pas cherché et après tout il n’a qu’à s’en prendre à lui-même… C’est une autre tradition qui est activement poursuivie par les Israéliens depuis 70 ans : ils sont toujours en définitive les victimes, jamais coupables de rien.

Un autre cas s’est produit au kibboutz Nir Am dans le Néguev.

Un cas d’interrogatoire d’un Arabe par des personnes non autorisées, avec des tortures cruelles, et son exécution accompagnée de mauvais traitements”, indique le rapport. “Il a été sévèrement torturé (ses organes génitaux était serrés avec des pinces). Sa tête a été écrasée contre un mur. L’Arabe gisait dans une fosse, a été abattu et enterré”. 

Le rapport cite également des plaintes au sujet de pillages – des marchandises appartenant à des Arabes et des Juifs – par des membre de la Haganah.

Des gens qui escortent les convois s’empiffrent avec des denrées transportées vers les colonies du Néguev” , dit-il. Dans d’autres cas, “de l’argent est volé aux Arabes” et il y a “des plaintes pour des vols de propriétés arabes dans les champs, les vergers et les entrepôts”.

Au-delà de ces récits spécifiques, le rapport Riftin est important car il a été un facteur dans la décision de créer l’unité de l’avocat général militaire. Les conclusions du rapport comprennent une recommandation visant à améliorer le système judiciaire et à interdire les exécutions (sauf dans les cas de décisions rendues par des tribunaux autorisés).

On ne peut que s’interroger sur les raisons pour lesquelles la censure militaire israélienne ne veut toujours pas, 70 ans après les faits, que ce rapport – qui n’est en tout état de cause plus tout à fait secret 6 et dont on voit mal en quoi il pourrait mettre en cause la sécurité d’Israël après si longtemps – circule librement.

Tout indique qu’il s’agit de préserver la narration sioniste de l’histoire, et en particulier d’entretenir la légende de David Ben Gourion, qui ne peut en aucun cas apparaître comme ce qu’il était : le chef d’une vulgaire organisation terroriste.

Il faut donc préserver aussi l’image fabriquée de la Haganah, née dans la Histadrout, et avec laquelle l’armée israélienne – l’armée d’occupation de la Palestine – a des liens de filiation on ne peut plus directs.

La censure (relative) du rapport Riftin n’est pas un cas unique. Comme le mentionne Ofer Aderet dans son article, actuellement “un tribunal militaire examine la demande par l’historien Adam Raz de rendre publics des documents classifiés sur le massacre des habitants du village israélo-arabe de Kafr Qasem par la police des frontières en 1956. Dans le passé, l’accès du public aux documents relatifs au massacre de Deir Yassin en 1948 a également été refusé”.

Dans tous ces cas et d’autres, même si l’information a été rendue publique dans les médias et dans la littérature historique, l’État d’Israël cherche à bloquer la publication de documents d’archives, invoquant des raisons de sécurité et de “dommages aux relations extérieures d’Israël”.

Israël n’est l’ami ni de la liberté d’expression et de l’information, ni de la vérité historique, qui ne peut émerger que d’un débat libre.

L.D.                         


A propos des restrictions imposées par Israël à l’accès aux archives historiques, on consultera notamment :

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Notes   [ + ]

1. Le mot « Tsahal », qui désigne aujourd’hui l’armée israélienne, est formé des initiales en hébreu du nom officiel de l’Armée de défense d’Israël. Le deuxième mot, « défense »­ haganah, en hébreu ­, fut le nom donné par l’Agence Juive à ses forces militaires clandestines en Palestine à l’époque du mandat britannique. La haganah, à l’origine rattachée à la direction du syndicat officiel Histadrout, fut créé en 1920, et intégrée dans l’armée israélienne en 1948. – NDLR
2. Voir Thomas Suárez dans  «State of Terror : How terrorism created modern Israel», chapitre 5 : “Race for fanaticism – 1946” (Skyscraper Publications) – NDLR
3. «Les milices sionistes bénéficiaient d’un large soutien parmi les colonies juives, en particulier parmi les jeunes endoctrinés, et les Britanniques étaient impuissants à freiner leur lucrative collecte de fonds chez eux et aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Bien qu’on se souvienne mieux de l’emblématique Irgun et du Léhi («le Groupe Stern») , la Haganah de l’Agence Juive était peu différente et, au début de 1948, sa force d’élite, le Palmach, terrorisait la population non juive par des campagnes de nettoyage ethnique brutales qui dépassaient [par leur ampleur] les capacités de l’Irgoun ou du Lehi», écrit Thomas Suárez dans  «State of Terror : How terrorism created modern Israel» (Skyscraper Publications). – NDLR
4. la communauté juive de la Palestine mandataire
5. Voir Thomas Suárez  –«State of Terror : How terrorism created modern Israel» (Skyscraper Publications). Cette tactique reste d’actualité dans les territoires occupés. On lira par exemple ici le récit d’un caméraman témoin des agissements d’agents israéliens infiltrés parmi les Palestiniens qui résistent à l’occupant, participent à des échauffourées parmi eux et soudain sortent des armes et procèdent à des arrestations particulièrement violentes. On trouve aussi dans “Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations”, du chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman (Ed. Random house) la description de nombreuses opérations clandestines des services secrets israéliens durant lesquelles les agents secrets étaient déguisés en Arabes – NDLR
6. Outre ce qui est mentionné plus haut, un résumé des sections les plus intéressantes du document a été publié en 2010 dans une thèse de doctorat déposée à l’Université hébraïque de Jérusalem. Elle est accessible à tous.