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Israël est un partenaire politique perpétuellement instable

En Israël, les gouvernements sont supposés rester en fonction pendant quatre ans, la durée du mandat des députés. Dans la réalité, la durée moyenne de “vie” d’un gouvernement israélien est de deux ans et demi : les Israéliens ont voté à sept reprises pour élire leurs députés depuis 1999 (voir plus bas). Parmi les 20 premiers parlements (Knesset) élus depuis la proclamation d’indépendance, en 1948, sept seulement n’ont pas été dissous avant terme. La dernière fois il s’agissait du parlement élu en 1984.

A ce jour (mars 2017), le dernier gouvernement en date qui ait résisté aux crises pendant quatre ans avait été  constitué en 1988 (l’année où Benjamin Netanyahou est entré au parlement).

Ce n’est donc pas un hasard si on a perpétuellement l’impression qu’Israël se trouve soit à la veille soit au lendemain d’élections législatives (où bien entendu les Palestiniens qui vivent sous occupation militaire depuis 1967 n’ont pas le droit de vote et où les Palestiniens d’Israël sont marginalisés).

C’est fréquemment le parti dominant de la coalition au pouvoir qui prend l’initiative de provoquer la chute du gouvernement et des élections. Par exemple, en 2013 Benjamin Netanyahou a provoqué des élections six mois avant le terme normal, en prétendant qu’il n’était pas en mesure de faire voter le budget. Deux ans plus tard il provoqua à nouveau des élections anticipées.

Les gouvernements israéliens successifs depuis 1999. Deux grandes constantes : la poursuite de la colonisation et l’instabilité des coalitions (doc. Haaretz)

En 2009, le Premier ministre Ehud Olmert a démissionné en raisons d’accusations de corruption qui le visaient (il a effectivement fini en prison). Tzipi Livni, alors Ministre des Affaires étrangères, n’ayant pas réussi à former un gouvernement, des élections furent convoquées, ce qui permit à Netanyahou de revenir au pouvoir.

Le système électoral israélien est une des sources principales de cette instabilité politique, avec la fragmentation du paysage poklitique, où des partis apparaissent, disparaissent, fusionnent et se scindent avec une rapidité déconcertante. Or, les Israéliens votent pour des partis, et non pour des individus (sauf lors des élections de  1996, 1999 et 2001 où ils ont désigné directement le Premier ministre).

Après le scrutin, les 120 sièges du parlement sont répartis proportionnellement aux votes recueillis. Le Premier ministre n’est pas celui qui a recueilli le plus de votes, mais le leader du parti qui parvient à constituer une coalition disposant d’une majorité.

Une même composition du parlement peut déboucher sur ses coalitions différentes, et il n’est pas rare que la composition de la majorité change : à ce jour il y a eu 20 élections parlementaires, mais 34 gouvernements. Les deux Premiers ministres qui sont restés en place le plus longtemps sont David Ben Gourion et Benjamin Netanyahou, l’un et l’autre maîtres dans l’art de provoquer des élections pour en tirer un bénéfice politique. En 1961, deux ans seulement après avoir remporté une victoire écrasante, Ben Gourion provoqué des élections dans le but de régler une querelle pour le pouvoir au sein de son propre parti… et son parti perdit des sièges.

Le gouvernement actuel est perpétuellement déchiré par des querelles : tout est sujet à controverse depuis la question de l’extension des colonies, l’éventuelle annexion d’une partie de la Cisjordanie ou le statut du l’audio-visuel public (que Netanyahou accuse d’être un nid de gauchistes, alors que les directeurs en ont été désignés par son gouvernement).

L.D.

Dernière mise à jour : 21 mars 2017