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Discrimination dans le logement pour les Palestiniens d’Israël

En 2015, les villes arabes en Israël n’ont reçu que 4,6 % de nouvelles unités de logements et à peine 2,5 % unités de logement à prix réduit. Moins de 1 % (0,8 %) des localités arabes ont bénéficié de l’aide additionnelle du gouvernement « aux zones nationales prioritaires ».

Adalah a publie son rapport sur les mesures discriminatoires d’Israël en 2015 concernant les terres et le logement, qui répertorie le marché et l’adjudication de terrains aux citoyens palestiniens d’Israël. Adalah (« Justice » en arabe) est une organisation indépendante des droits de l’homme et un centre juridique. Créée en novembre 1006, elle s’occupe de la promotion et de la défense des droits des citoyens arabes palestiniens d’Israël, c’est-à-dire 1,2 million de personnes ou 20 % de la population, de même que des droits des Palestiniens vivant dans les territoires palestiniens occupés (TPO).

Umm al-Fahm, la plus grande ville palestinienne en Israël

Le rapport rassemble et analyse les statistiques gouvernementales officielles de l’Administration foncière israélienne (ILA) et du ministère de la Construction et du Logement et il fait état de la poursuite des mesures discriminatoires au niveau des terrains de même que de l’aggravation de la crise des terrains et du logement dans les villes et villages palestiniens situés en Israël.

Selon le rapport préparé par le juriste d’Adalah, Mohammed Bassam, « la majorité du marché foncier, de même que la publication des offres publiques et les efforts en vue de réduire les prix des logements, sont accordés aux communautés juives ou mixtes – arabo-juives – israéliennes, alors que très peu d’efforts sont consentis pour tenter de résoudre la pénurie de logements qui sévit dans les 136 communautés arabes, lesquelles hébergent 91 % des citoyens palestiniens d’Israël ».

Selon les données disponibles, 4,6 % seulement des offres de logements publiées par l’ILA en 2015 ont été accordées aux communautés arabes d’Israël, bien que ces dernières représentant 20 % des citoyens de l’État. L’ILA a publié des offres pour la construction de 38 095 unités de logement dans les communautés juives et mixtes, contre 1 835 seulement dans les villes et villages arabes. De plus, en 2015, l’ILA a répertorié pour les communautés juives et mixtes 27 539 unités de logement à tarif réduit, contre seulement 729 unités similaires pour les communautés arabes (2,5 %). Le rapport montre également que les villes arabes n’ont bénéficié que de 2 offres (sur 20) pour l’installation de zones industrielles et de 5 (sur 42) pour la construction de zones commerciales. Des 37 adjudications de zones commerciales aux communautés juives israéliennes, 11 vont aux colonies illégales de Cisjordanie.

Le rapport étudie également en détail la discrimination dans la désignation par le gouvernement des zones nationales prioritaires (NPA), où l’État subventionne les coûts du développement des logements neufs destinés à ces communautés à l’aide d’un subside allant de 20 à 70 % de leur prix. Parmi les 558 localités rurales classées comme NPA, 30 seulement sont des villages arabes. Et, des 363 villages qui ont déjà reçu leurs subsides, 3 seulement sont arabes (moins de 1 %).  

Comme le prétend Adalah dans son rapport, la pénurie de logements dans les communautés arabes en Israël ne résulte pas de manquements spécifiques ou de négligence non intentionnelle de la part des autorités de l’État. Elle est plutôt le produit d’une politique systématique et délibérée qui, depuis 1948, considère les citoyens palestiniens comme des ennemis et des étrangers. Par conséquent, les solutions à la crise du logement que connaît la communauté palestinienne en Israël doivent aborder en profondeur et de façon complète l’injustice tant actuelle qu’historique dont est victime le peuple palestinien.


Publié le 30 mars 2016 sur Adalah
Traduction : Jean-Marie Flémal

On peut lire le rapport complet (en anglais) ICI

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