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DEXIA négocierait actuellement la vente de sa filiale israélienne

Selon « Globes On Line« , un site web spécialisé dans l’information économique et financière concernant Israël, DEXIA est entré en négociation avec la “Mizrahi Tefahot Bank” et une autre banque, non identifiée, à propos de la vente de sa participation dans “Dexia Israël Public Finance Ltd”. Le groupe Dexia, qui détient 65% de cette filiale, aurait décidé de se retirer du marché israélien.

Selon “Globes on Line” ce serait le résultat de la restructuration imposée au groupe Dexia par l’Union Européenne après son sauvetage par les gouvernement belges et français (le site oublie au passage le G-D de Luxembourg).  En fait, jamais l’Union Européenne n’a indiqué à DEXIA de quelles filiales le groupe doit se séparer, et dans le plan qui a été présenté et approuvé successivement par la Commission européenne et par les actionnaires, jamais la filiale israélienne n’a été mentionnée.

dexia3x2_FR_4Mais le site indique aussi, parmi les motivations de DEXIA pour quitter Israël, les campagnes d’opinion qui se développent en Belgique, à savoir la campagne BDS en général et la campagne « Palestine occupée – Dexia impliquée » à laquelle la « Plate-forme Charleroi-Palestine » prend une part active.

Selon le site, Dexia demande cependant actuellement “un prix déraisonnable” de 600 millions de shekels (env. 109 millions d’Euros), ce qui valoriserait la société 50% au-dessus de sa “valeur de marché”, mais il ne s’agirait que d’une première estimation uniquement destinée à “lancer les discussions”.

Selon Globe On Line, Dexia veut vendre à une banque israélienne, afin d’obtenir une approbation rapide des autorités de régulation. Mais afin de pouvoir vendre sa filiale “en bloc”, DEXIA pourrait éventuellement faire une offre publique d’achat sur la totalité des actions en circulation. L’acquisition de ces 35% du capital coûterait donc dans un premier temps environ 138 millions de shekels (env. 25 millions d’Euros).

Dexia Israël détient la plus grande partie du marché israélien du financement des collectivités publiques, avec 36% des crédits aux municipalités israéliennes et aux colonies juives en Cisjordanie, indique Globe On Line.  En regard du bilan du groupe DEXIA, la filiale israélienne ne représente presque rien. Dans le rapport 2009 du groupe DEXIA, les engagements de crédit de la filiale israélienne représentant 3,4/1000èmes du total des engagements de crédit à long terme. Mais pour lilipiputienne qu’elle soit, cette filiale est quand même, et de loin, celle qui a le mieux résisté à la crise financière.

Le CEO de Dexia Israël, David Kapah, a démenti les rumeurs de vente qui sont, dit-il, sans fondement. Il affirme que l’activité de la banque se poursuit “comme à l’habitude”. C’est bien de qui est problématique : les preuves se sont accumulées que Dexia Israël a – en dépit des assurances données par Jean-Luc Dehaene, le président du groupe – continué à financer le développement des colonies juives en Cisjordanie.

La pression se maintiendra donc sur DEXIA pour que le groupe paie, en termes d’image, le prix de sa complicité avec la colonisation illégale de la Palestine, jusqu’à ce que ce prix soit assez élevé pour que MM. Dehaene et Mariani comprennent enfin que le jeu n’en vaut pas la chandelle et se débarrassent de l’encombrante filiale.

Prochainement, des dizaines de personnes disposant d’un compte en banque chez DEXIA en Belgique se présenteront ensemble aux guichets pour retirer tous leurs avoirs et clôturer définitivement tous leurs comptes. Si vous disposez d’un compte chez DEXIA, pourquoi ne pas en faire autant ?

 

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