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Deux jeunes israéliennes en prison pour refus de servir dans l’armée

Ce dimanche 31 janvier, à midi, Tair Kaminer repassera devant le Conseil de révision des FDI (armée israélienne) pour réaffirmer face aux officiers qui y siègent qu’elle a la ferme intention de refuser de servir dans les FDI. Et ce, après avoir passé 20 jours à la prison militaire. Cette fois, elle a été rejointe par Tanya Golan, 19 ans, de Beit Shean, qui, après avoir suivi la campagne en faveur de Tair, a décidé de rendre public son propre refus de s’enrôler dans l’armée. On s’attend à ce que les deux femmes subissent les « procédures disciplinaires » de l’armée (une « procédure accélérée » dirigée par un officier, sans avocats ni témoins, d’une durée habituelle de cinq minutes, dix tout au plus), après quoi elles seront envoyées dans une prison militaire. Des dizaines de manifestants seront présents pour accompagner les deux jeunes femmes aux portes du Conseil de révision, à Tel Hashomer (à l’est de Tel-Aviv) et réclameront leur remise en liberté et la fin de l’occupation.

tair

Tair Kaminer

Il y a trois semaines, Tair Kaminer, ancienne volontaire des Girl Scouts (guides) israéliennes, 19 ans, de Tel-Aviv, a passé 20 jours dans une prison militaire pour avoir refusé de servir dans l’armée d’occupation que sont les FDI. Son refus a envahi les médias sociaux et a provoqué des avalanches de posts qui ont été visionnés par des centaines de milliers de personnes en Israël et dans le monde Son incarcération a été mentionnée par nombre de médias internationaux et a même fait l’objet d’un débat au Parlement britannique, lorsque la MP Caroline Lucas a exigé sa libération immédiate. Tair a déclaré ceci : « On essaie de nous convaincre qu’il n’y a pas d’autre issue que les moyens militaires violents, mais je crois que c’est la méthode la plus destructrice et qu’il existe en fait des alternatives. Je voudrais rappeler à chacun de nous qu’il existe bel et bien d’autres choix : la négociation, la paix, l’optimisme, un véritable désir de vivre en tant qu’égaux dans la liberté et la sécurité. »

Tanya Golan

Tanya, de son côté, a déclaré : « Il y a des gens qui tirent parti de la poursuite du conflit israélo-palestinien et qui ne voudront jamais renoncer au contrôle économique sur les Territoires occupés. Je refuse de faire partie d’une organisation qui applique des mesures racistes, fascistes, discriminatoires et répressives. »

La manifestation est organisée par « Mesarvot » – un nouveau groupement de refus politique qui rassemble toutes les lettres, pétitions, entreprises, actions et refuzniks des dernières années afin de faire œuvre commune. À cette manifestation vont également se joindre d’autres groupes telle la Refusers Letter (Lettre des refuzniks) de 2014 ainsi que l’organisation politique « Unity ».

 


Publié le 30 janvier 2016 sur Gush Shalom. Traduction : Jean-Marie Flémal

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