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Des femmes en bateau pour rompre le siège de Gaza

Dr Aayesha Soni

La bande de Gaza est un bout de terre de 41 km de long et de 6 à 12 km de large et d’une superficie totale de 365 kilomètres carrés. Située sur la côte orientale de la Méditerranée, elle a une forte population de 1,8 millions d’habitants, ce qui en fait une des zones les plus densément peuplées du monde, en même temps qu’elle présente le sixième taux de croissance démographique de la planète : 3,2 % par an.

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Cette étendue de terre est également la plus grande prison à ciel ouvert au monde, puisqu’elle est en état de siège par terre, air et mer depuis 2007. Ses voisins, Israël et l’Égypte, ont été complices dans l’étranglement permanent et affaiblissant de la population de Gaza, vu la grave limitation de toute entrée de marchandises les plus élémentaires dans la région.

Cette terre est presque oubliée par les médias traditionnels du fait que la souffrance de ses habitants est devenue une norme pour ainsi dire acceptable et c’est par les médias sociaux que nous sommes mis au courant en permanence de la véritable réalité de la vie à Gaza. Jusqu’à douze heures par jour sans électricité, de sévères restrictions sur l’eau, avec un pourcentage très minime d’eau potable et donc propre à la consommation, et des taux de chômage parmi les plus élevés de la planète; les Gazaouis souffrent au-delà de toute mesure sous le poing de fer des lois israéliennes rappelant celles de l’apartheid.

L’une des façons à laquelle ont recouru les gens férus de justice dans le monde a été de tenter de rompre le siège inhumain par voie maritime. La Freedom Flotilla Coalition (FFC – Coalition de la flottille de la liberté) a été constituée en 2009 après l’opération israélienne « Plomb durci » en 2008-2009 et, en mai 2010, la FFC a fait route vers Gaza avec le Mavi Marmara et cinq autres navires. La tragédie a éclaté au moment où l’armée israélienne ont attaqué cette mission humanitaire non violente dans les eaux internationales, commettant ainsi ce qu’on ne peut qualifier que d’acte de piraterie. Neuf civils turcs ont été abattus et au moins 400 personnes et les équipages ont été arrêtés, dépouillés de leurs possessions, soumis à des violences physiques et détenus pour des crimes inexistants puisque l’opération s’est déroulée dans les eaux territoriales.

Depuis lors, des bateaux ont pris la mer presque chaque année de divers endroits du globe dans des tentatives de rompre le siège illégal de Gaza de façon pacifique. Il s’agit réellement d’une action mondiale et, avec onze campagnes, elle représentait de nombreux pays, dont : l’Afrique du Sud, le Canada, la Norvège et l’Espagne. Jusqu’à présent, chaque mission a été interceptée par l’armée israélienne et les navires ont été illégalement confisqués, mettant une fois de plus en évidence le manque de respect absolu d’Israël pour les lois internationales.

2016 sera une occasion idéale pour la Freedom Flotilla Coalition qui, un peu plus tard cette année, va envoyer à Gaza son tout premier Bateau des Femmes. Ces femmes bien connues en provenance du monde entier ont l’intention de rompre le siège dans une tentative de conscientiser le monde à propos de la très grave crise humanitaire qu’Israël a imposée à Gaza. Leur but est de témoigner leur solidarité avec les femmes de Gaza qui sont réputées pour leur force, leur courage et le esprit de résistance indomptable.

Les femmes de Gaza incarnent parfaitement l’esprit de résistance et la foi qui vivent dans le cœur de tout Gazaoui. Elles sont animées d’un espoir et d’une détermination inébranlables, sans égaux chez quelque autre population du globe, et de la certitude que, malgré les circonstances dévastatrices, leur liberté sera bientôt réalité.

L’Afrique du Sud a toujours été une pionnière dans le soutien au peuple palestinien et elle a toujours témoigné d’une grande capacité à faire un rapprochement intime avec l’occupation que les Palestiniens endurent quotidiennement. Il n’est donc pas surprenant qu’un comité de travail, faisant partie de la Campagne du Bateau des Femmes pour Gaza, soit installé en Afrique du Sud et qu’il œuvre inlassablement à la conscientisation, à la réalisation et au soutien de cette campagne. Nous ne doutons pas qu’avec des intentions pures et la vérité de notre côté, ce projet se muera en un énorme succès.

L’essence même qui définit les Gazaouis, leur volonté de vivre, leur esprit résolu, leur attitude de refus à tout moment de succomber et leur grandeur d’âme envers leurs visiteurs, sont plus puissants que tous les efforts que les sionistes peuvent unir dans leur siège.

Rassemblons-nous derrière ces femmes du monde entier qui veulent s’unir et continuer à défier courageusement le terrorisme israélien pour montrer au monde ce que Gaza doit endurer quotidiennement.


Publié le 22 juin 2016 sur The Palestine Chronicle
Traduction : Jean-Marie Flémal

– La Dr Aayesha Soni est vice-présidente du Media Review Network (MRN). Elle a écrit le présent article au nom du Bateau des Femmes pour Gaza.

 

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