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Des centaines de scientifiques ont imposé la libération de l’astrophysicien Imad Barghouti

Prenant une décision rarissime, un tribunal militaire israélien a donné son accord à la demande de libération de l’astrophysicien palestinien Imad Barghouti, sous le coup d’une détention administrative.

Cette semaine, un tribunal israélien a également ordonné la libération du gréviste de la faim Sami Janazreh.

Imad Barghouti

Barghouthi, un professeur âgé de 54 ans à l’Université Al-Quds, a passé plus d’un mois dans une prison israélienne, sans inculpation ni jugement. Son emprisonnement a entraîné une condamnation des chercheurs du monde entier.

Alors qu’il doit être maintenant libéré ce dimanche, Barghouthi était initialement sous le coup d’un emprisonnement de deux mois pour « incitation [à la résistance] contre l’occupation israélienne » sur sa page Facebook.

C’est la deuxième fois qu’Israël kidnappe Barghouthi pour avoir critiqué Israël sur les réseaux sociaux.

En décembre 2014, Barghouthi a été enlevé après avoir critiqué l’occupation israélienne sur Facebook et à la télévision.

Pendant l’audition devant le tribunal, l’avocat Jawad Boulous a présenté une pétition signée par des universitaires de partout dans le monde, demandant la libération du professeur.

« Un statu quo qui commence à se fissurer »

Une autre lettre remise au bureau du Premier ministre israélien a été signée par plus de 350 chercheurs au niveau international, nombre d’entre eux étant parmi les plus éminents dans le monde des mathématiques, ente autres domaines scientifiques.

Parmi les signataires les plus reconnus se trouvent David Mumford, lauréat de la 1974 Fields Medal, souvent appelé le prix Nobel des mathématiques, l’éminent physicien Freeman Dyson de l’Institute for Advanced Study à Princeton et Chandler Davis, professeur émérite de mathématiques à l’Université de Toronto.

Parmi d’autres signataires universitaires se trouvent Noam Chomsky, Judith Butler et Angela Davis.

La lettre, initiée par David Klein, professeur de mathématiques à la California State University Northridge et membre du collectif organisateur de la Campagne américaine pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, décrit l’arrestation de Barghouthi comme « faisant partie d’un modèle plus large de perturbation et de suppression des systèmes éducatifs palestiniens ».

« Je pense que cette lettre est une avancée », a déclaré Klein à The Electronic Intifada, en notant les opinions traditionnellement favorables à Israël et au sionisme au sein de la communauté scientifique.

Klein, qui est investi dans un travail de solidarité avec la Palestine depuis des décennies, a déploré que certains membres éminents de certains domaines de recherche, sont toujours portés manquants dans la liste des signataires. Mais il s’est réjoui que cela n’ait pas empêché d’autres scientifiques de condamner la détention d’Imad Barghouti par Israël :

« Lorsque les chercheurs qui dominent une spécialité sont pro-sionistes, cela pourrait intimider les autres chercheurs. Donc, je suis fier de dire que les jeunes professeurs, post-doctorants et professeurs adjoints ont eu le courage de signer cette lettre », a déclaré Klein.

« Je pense que le statu quo commence à se fissurer. »

Augmentation des détentions arbitraires

La victoire de l’appel de Barghouthi devant un tribunal militaire reste une exception, alors que d’autres Palestiniens incarcérés en détention administrative sont en grève de la faim pour tenter d’obtenir leur libération.

Le nombre de détenus administratifs continue à grimper, depuis octobre dernier, moment où les affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes d’occupation se sont intensifiés.

Le groupe de défense des prisonniers Addameer estime que 750 Palestiniens sont actuellement détenus pour une durée indéfinie, sans inculpation ni jugement.

Les Palestiniens sous le coup d’une détention administrative sont emprisonnés sur la base de « preuves » tenues secrètes, qu’ils sont donc dans l’impossibilité de contester dans une procédure régulière.

Le prisonnier palestinien Adib Mafarjah a entamé une grève de la faim le 3 avril après que son ordre de détention administrative ait été plusieurs fois renouvelé depuis son kidnapping le 10 décembre 2014.

Il a commencé sa grève de la faim aux côtés de Fuad Assi, un autre habitant de Beit Liqya près de Ramallah en Cisjordanie occupée.

Après 55 jours de grève de la faim, Assi a cessé sa grève après qu’Israël ait accepté de ne pas prolonger sa détention au-delà de quatre mois.

Assi sera également autorisé à appeler sa femme et de la famille, selon le Palestinian Committee for Prisoners Affairs.

Janazreh va être libéré

Cette semaine, un tribunal militaire israélien a ordonné la libération de Sami Janazreh, âgé de 43 ans, qui avait refusé de s’alimenter pendant 70 jours.

Sami Janazreh, qui avait été arrêté le 15 novembre 2015, avait suspendu sa grève de la faim plus tôt ce mois-ci après que les procureurs de l’armée israélienne s’étaient déclarés prêts à l’inculper pour « incitation [à la résistance] » contre l’occupation israélienne sur sa page Facebook.

Mais le tribunal militaire cette semaine a rejeté ces accusations, ordonnant la libération de Janazreh dès lundi prochain.

Entre temps, au moins trois autres prisonniers palestiniens détenus en détention administrative ont commencé à refuser de s’alimenter.

Montasser Eid, Emad Abu Rezeq et maintenant Malik Qadi, âgé de 19 ans, sont parmi les derniers prisonniers palestiniens à avoir annoncé leurs grèves de la faim.


Publié sur le  27 mai 2016 sur The Electronic Intifada
Traduction : Info-Palestine.eu

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