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Des Belges blessées par les pirates israéliens et détenues illégalement : les Affaires étrangères s’applatissent

Deux des quatre femmes belges qui se trouvaient à bord de la « flottille de la paix » piratée en haute mer par l’armée israélienne, et depuis lors illégalement incarcérées en Israël, ont été légèrement blessées, selon le porte-parole du SPF des Affaires étrangères, Bart Ouvry. Les femmes ont reçu la visite du consul belge mardi.

Ces militantes belges, qui – comme dit pudiquement l’Agence Belga – « séjournent » dans une prison israélienne, se portent relativement bien mais sont fatiguées et restent sous le coup des événements, a expliqué Bart Ouvry. Deux d’entre elles ont été légèrement blessées, l’une ayant été atteinte par « une balle en caoutchouc » (en réalité on désigne par ce terme trompeur des balles en métal enrobées de caoutchouc, qui peuvent infliger des blessures graves, voire tuer) et une autre par une grenade assourdissante.

Les victimes étaient susceptibles mardi de pouvoir contacter leur famille en Belgique. « On nous a promis que, sous surveillance, elles pourront téléphoner chez elles« , a déclaré Bart Ouvry.

Aucune information n’a été donnée quant à un éventuel rapatriement des femmes belges. « On attend des précisions sur la procédure à adopter« , dit le porte-parole des Affaires étrangères. Tandis que le très pro-israélien gouvernement de la France « exige la libération immédiate » de ses ressortissants, le gouvernement belge lui « attend des précisions sur la procédure » qu’Israël voudra bien, peut-être, décider…

Pour le moment, cette procédure est pourtant déjà connue : le chantage.
Pour être libérés, les otages des Israéliens doivent signer une déclaration par laquelle ils reconnaissent être entrés illéga­lement sur le territoires israélien… !

Or, d’une part ils n’ont jamais voulu entrer en territoire israélien, puisqu’ils entendaient se rendre à Gaza, et d’autre part ils ont enlevés de force alors que leur navire se trouvait dans les eaux internationales… (à moins que les sionistes ne se considèrent plus seulement propriétaires du territoire situé entre la côte et le Jourdain, mais annexent la Méditerranée elle-même ? *). La tactique israélienne visant à criminaliser leurs victimes se confirme. Comme écrit Bernard Langlois, « dégueulasse, sans surprise« .

Il est stupéfiant de constater que le Ministère belge des Affaires étrangères semble se contenter de ce genre d’assu­rances et n’élève aucune protestation contre le fait que des citoyens belges sont séquestrés, voire pris en otages, par Israël. Faut-il rappeler que  le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé la libération immédiate de toutes les personnes victimes de l’actions de piratage en haute mer commise par Israël ?

Il y a des criminels dans cette affaire, c’est indiscutable. Mais ce n’est pas parmi les passagers des bateaux de la flottille qu’il faut les chercher (quand bien même d’ailleurs ils auraient commis quelque fait répréhensible, Israël n’aurait aucun droit de s’en occuper).

La passivité des autorités belges en dit long sur l’état d’abaissement dans lequel elles se trouvent.

L.D.


* c’est peut-être le sens de la phrase étrange de cette correspondante à Tel Aviv d’une quelconque télévision, entendue mardi, qui situait l’acte de piraterie « au large des eaux territoriales d’Israël « . Pour tout le monde, ce qui se trouve « au large des eaux territoriales  » ce sont les eaux internationales. Mais en l’occurrence, l’essentiel était de parvenir à caser « eaux territoriales » dans la phrase, où elle n’a rien à faire, pour laisser à l’auditeur l’impression qu’après tout l’armée israélienne était « chez elle ».

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