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Crise en Egypte : Israël choisit Moubarak, comme Abbas

Israël a fait parvenir un message confidentiel aux États-Unis et à des pays européens leur demandant de soutenir la stabilité du régime égyptien d’Hosni Moubarak, a indiqué lundi le quotidien israélien Haaretz.

Dans ce message, les responsables israéliens soulignent qu’il est de « l’intérêt de l’occident » et de « l’ensemble du Moyen Orient de maintenir la stabilité du régime en Égypte« , a ajouté journal.

« Il faut en conséquence freiner les critiques publiques à l’encontre du président Hosni Moubarak« , a souligné ce message envoyé à la fin de la semaine, selon le journal. La radio militaire, qui a repris cette information, a estimé que cette initiative constitue une critique à l’encontre des États-Unis et des pays européens qui ne soutiennent plus le régime du président Moubarak.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est refusé à confirmer ou démentir ces informations.

L’éditorialiste de Haaretz, pour sa part estime que « le Moyen-Orient est en pleine révolution, et la destitution de Ben Ali ou le soulèvement contre Hosni Moubarak n’en sont pas les seules preuves. C’est une révolution faite par les civils, et non par les militaires, qui ont décidé qu’ils en ont assez de ce système, avec les violations [de leurs droits], la corruption et la pauvreté. Les peuples descen­dant dans la rue non seulement pour protester mais pour obtenir le bien-être auquel ils ont droit.

Ce n’est pas la première fois que les peuples du Moyen-Orient fracassent le système. L’Iran a créé son propre modèle de révolution civile en 1979. La pression populaire a obligé l’armée syrienne a quitter le Liban en 2005, et de grandes manifestations populaires ont obligé les gouvernements à changer leur politique économique dans de nombreux pays arabes. Et pourtant, à chaque fois, c’est la surprise face à l’énorme puissance des peuples. C’est la surprise non seulement en Tunisie et en Égypte, mais aussi dans tout l’Occident et tout autant en Israël, parce que les peuples arabes sont toujours perçus comme manquant de volonté et de détermination , et manipulables par les autorités.

Mais les règles du jeu ont changé considérablement. L’affaiblissement de la censure gouvernementale, l’utilisation efficace de l’Internet, la faiblesse de l’autorité des grands corps de l’Etat, et surtout l’énormité de la souffrance du peuple transforme l’action de celui-ci et lui donne une influence considérable. »

Et l’éditorialiste de conclure que c’est vrai aussi pour les Palestiniens, qui pas plus que les autres peuples de la région ne sont encore décidés à accorder à leur dirigeants “des marges de manœuvre infinies”, ce qui devrait les encourager à réformer rapidement et en profondeur “le contrat entre le pouvoir et les citoyens”, avec les  encouragement des pays occidentaux.

 

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