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Conseil de Sécurité de l’ONU : Obama tombe le masque

MISE A JOUR

Comme prévu, les Etats-Unis ont opposé leur véto à l’adoption de la motion condamnant la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-est.

L’ambassadrice U.S. aux Nations-Unies n’en a pas moins affirmé que les Etats-Unis « rejettent dans les termes les plus nets la légitimité de l’activité de colonisation » israélienne… mais refusent de la laisser condamner par le Conseil de sécurité. La raison invoquée est que « ce projet de résolution risque de durcir les positions des parties en présence et de les encourager à la rester en dehors du processus des négociations« . Il faut convenir que vu les résultats brillants du dit processus, ce serait dommage…

Les États-Unis exercent une pression maximale sur les dirigeants palestiniens de Ramallah pour les dissuader de faire soumettre au Conseil de Sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à condamner la colonisation des territoires palestiniens occupés par Israël. Ce texte, déposé en janvier, exige l’arrêt définitif de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est.

Mahmoud Abbas, l’exécutif de l’OLP et le comité central du Fatah ont unanimement opposé une fin de non-recevoir à Barack Obama. Celui-ci aurait, selon Haaretz, tenté de persuader Mahmoud Abbas durant une conversation téléphonique de 50 minutes, vendredi, mais sans succès.

Barack Obama a menacé Mahmoud Abbas de « répercussions » pour l’Autorité palestinienne. « Le président Obama, lors de sa conversation jeudi avec le président Abbas, a menacé de prendre des mesures contre l’Autorité palestinienne si elle insistait pour demander au Conseil de sécurité de condamner la colonisation et d’en demander l’arrêt« , a précisé un responsable palestinien, sous couvert de l’anonymat.

« Il y aura des répercussions sur les relations palestino-américaines si vous persistez dans vos tentatives pour aller au Conseil de sécurité et ignorez notre demande, en particulier compte tenu du fait que nous avons des propositions alternatives« , a ajouté M. Obama, selon ce responsable. Qui sait, peut-être que s’il est vraiment fâché Obama pourrait se ranger du côté d’Israël ? La menace est terrible, il faut en convenir…

Il ne fait aucun doute que les États-Uni opposeront leur véto à l’adoption de cette résolution, mais c’est justement ce que le Président américain souhaitait éviter : apparaître une fois de plus comme le soutien – pratiquement l’unique soutien – d’Israël, envers et contre tout, au mépris absolu du droit international.

Si le Conseil de sécurité est appelé à se prononcer sur ce projet de résolution, qui a reçu l’aval de quelque 120 pays (tous arabes ou classés comme « non-alignés ») l’isolement diplomatique des États-Unis sera cruellement mis en lumière.  Même pour l’unique hyper-puissance mondiale, ce n’est pas très agréable.

Au Conseil de Sécurité, les pronostics font état de 14 votes probables en faveur du texte, et un votre « contre » valant véto de la part des États-Unis. Ce serait la première fois depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche que les États Unis feraient usage de leur droit de véto.

Tout en reconnaissant que l’installation de colonies de peuplement dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 est illégale, l’administration américaine se refuse cependant à agir concrètement et avec détermination pour y mettre fin, et persiste à exiger la reprise de négociations qui ont déjà duré 17 ans sans apporter de solution, ni même un espoir de solution étant donné la politique israélienne.

L’intransigeance inhabituelle des dirigeants de Ramallah s’explique probablement en partie par la pression populaire : après l’enterrement de première classe réservé à l’ONU sous la pression américaine au « rapport Golstone » sur les crimes de guerre commis par l’armée Israélienne lors de l’agression de décembre 2008-janvier 2009 contre Gaza, une nouvelle capitulation diplomatique serait – dans le contexte actuel d’agitation dans le monde arabe – lourde de menaces pour l’Autorité Palestinienne, estiment certains observateurs.

 

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