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Ce que négocier veut dire, pour Netanyahou et consorts

Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou s’est dit prêt, dimanche, à reprendre les pourparlers indirects avec les Palestiniens “à tout moment et en tout lieu”.  Le lendemain, Netanyahou a déclaré être disposé à reprendre les négociations si elles débutaient “sans conditions préalables”.

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Pour rappel, cette expression destinée à donner l’impression qu’Israël, plein de bonne volonté, n’aspire qu’à arriver à une paix négociée, et que ce sont les méchants Palestiniens qui l’empêchent de réaliser ce rêve, signifie en réalité exactement l’inverse. Par “sans conditions préalables” il faut entendre – ainsi que l’analysait excellemment Alain Gresh dans un article publiée en décembre 2009 – en fait : “sans qu’Israël ait à se conformer à aucune résolution de l’ONU et à aucune règle de droit international”, et sans que ces normes servent de base à la négociation.

Autrement dit, pas question que les Palestiniens réclament une fois de plus un “gel” total des constructions et de la colonisation de Jérusalem-Est, même temporaire *.

Tiens, justement : Arieh King, grand initiateur de projets immobiliers juifs à Jérusalem (de ceux qui savent comment convaincre les élus locaux), a présenté dimanche un nouveau plan qui prévoit la construction de près de 200.000 logements. Il a notamment décrit un projet qui permettrait de profiter, c’est le mot, des “terres privées” et des biens appartenant – soi-disant – au Fonds national juif pour créer 187.000 logements à Jérusalem-Est, entre Jérusalem et Maalé Adoumim, et sur une bande de terre qui s’étend de Ramallah à Bethléem.

Si Jérusalem ne se développe pas, en particulier vers l’Est, elle deviendra la bande de Gaza !”, a déclaré ce visionnaire.

Muni d’une carte de  la région de Jérusalem, King a expliqué ses idées lors d’une conférence de presse **. Selon lui, le quartier Nord de Pisgat Zeev pourrait abriter environ 12.000 logements, et le quartier Sud de Guilo, 60.000 habitations supplémentaires.

Et Arieh King de regretter vivement que des centaines d’hectares soient ainsi “vides et inutilisés”. Toujours cette vision, typiquement sioniste, d’une “terre sans peuple” aussi longtemps que des Juifs ne l’ont pas couverte de béton et de barbelés.

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