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«Bienvenue en Palestine» : retour de deux des Belges refoulés à l’entrée en Palestine

Deux des Belges à qui Israël a refusé l’accès au territoire palestinien (et non pas au territoire israélien, sur lequel ils ne souhaitaient que transiter faute de pouvoir faire autrement, par la faute même d’Israël) sont rentrés au bercail dimanche matin. Ils sont arrivés à l’aéroport de Zaventem peu après 5h du matin.

Les Israéliens ont distribué à leurs "invités surprise" des T-shirts de coton blanc, en guise d'uniforme du prisonnier modèle. Mais ceux-ci se sont empressés d'y tracer au marqueur des slogans destinés à leurs geôliers.  M. De  Ly, à son arrivé à Zaventem, nous fait profiter des dernières tendances de la mode militante à la prison de Ramlé.

Les Israéliens ont distribué à leurs « invités surprise » des T-shirts de coton blanc, en guise d’uniforme du prisonnier modèle. Mais ceux-ci se sont empressés d’y tracer au marqueur des slogans destinés à leurs geôliers. M. De Ly, à son arrivé à Zaventem, nous fait profiter des dernières tendances de la mode militante à la prison de Ramlé.

Il s’agit de Myriam De Ly, de la Plate-forme Charleroi-Palestine, et du Dr Jan Cools, qui ont accepté leur rapatriement (à leurs frais) pour des raisons de santé, sans que cela altère en rien leur solidarité avec ceux qui sont toujours détenus.

Tout d’abord, les nouvelles qu’ils ramènent sont rassurantes quant à l’état d’esprit parmi les participants à « Bienvenue en Palestine » dont ils ont partagé la détention à la prison de Ramlé. Il règne une très bonne entente et une grande solidarité entre les prisonniers de toutes nationalités.

L’accueil réservé par la police des frontières israélienne aux militants pro-palestiniens a été, on le devine, assez peu chaleureux, mais ce ne fut rien en regard de celui qu’ils ont subi de la part du « Shabak » (sécurité intérieure), où les interrogatoires ont été menés de manière très agressive.

Il y a eu en particulier, racontent Jan et Myriam, une scène très violente au cours de laquelle une douzaine de soldats ont soudain, sans aucune raison, fait violemment irruption dans une salle pleine de monde, ont bousculé tout le monde, projetant des personnes âgées au sol, distribuant des coups à l’aveuglette.

Ce déchaînement de violence sans but ni raisons a cependant été bref, et il n’y a pas eu, pour autant qu’on sache, de conséquences graves.

Pour le reste, la violence exercée sur les prétendus « hooligans » arrêtés à la frontière a été surtout d’ordre psychologique : cris incessants, menaces, brimades (rester assis dans un espace confiné pendant des heures, fouilles répétées des dizaines de fois sans motif, interdiction de parler, etc…). Quelques personnes identifiées par les Israéliens comme « meneurs » ont été spécialement visées par ces mauvais traitements. Un militant écossais, par exemple, qui est resté menotté pendant des heures.

Jan Cools, pour sa part, a été privé pendant toute sa détention d’un médicament qu’il doit prendre à intervalles réguliers et qui se trouvait dans son bagage de cabine qui avait bien entendu été confisqué (les Israéliens ont soutenu que le médicament n’y était pas mais quand il a récupéré son sac le médicament y était bel et bien), alors que les autres détenus n’ont semble-t-il pas eu ce genre de problèmes.

Bien entendu les téléphones portables, appareils photographiques, etc… ont été confisqués dès le début de la détention. Myriam et Jan ont récupéré les leurs lors de leur expulsion, mais en revanche leur bagage de soute se promène on ne sait où entre Bruxelles, Zürich et Tel Aviv.

Les services de l’ambassade belge ont, dans toute la mesure du possible, apporté avec bonne volonté leur assistance aux Belges détenus par Israël, mais leur propre liberté d’action est très limitée.

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