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Bienvenue en Palestine : après les Français et les Britanniques, les Québecois rentrent aussi au pays

Extrait du communiqué de la délégation québecoise à propos des membres de la mission qui arrivent aujourd’hui au Canada.

À l’exception d’un membre qui a réussi à se faufiler jusqu’à Beth­léem, tous les membres du groupe qui arrivent ont été interdits d’embarquement lors d’une escale ou carrément détenus par les auto­rités israéliennes alors qu’ils se rendaient à Bethléem dans le cadre d’une mission humanitaire pour construire une école pour les enfants palestiniens. Charlotte Gaudreau-Majeau, 18 ans, a été détenue pendant 4 jours et a été expulsée de force par les services de sécurité. C’est avec ses seuls vêtements de prison que Charlotte Gaudreau-Majeau, a été embarquée de force sur un vol à desti­na­tion de Paris par les autorités israéliennes. « Les gardiens m’ont fait sortir de la cellule sous prétexte d’un examen médical, mais une fois sortie, ils m’ont mis des chaines aux pieds et menottée, puis les gar­diens qui m’entouraient m’ont dit que je n’avais pas le choix, ils allaient me forcer à monter dans l’avion », témoigne la jeune Qué­bécoise. Cinq membres de la délégation québécoise ont pour leur part été bloqués à leur escale à l’aéroport Charles-de-Gaulle, par Air France, avec la complicité des autorités françaises… D’autres, détenus toute une nuit, interrogés et harassés par les militaires isra­éliens, ont fini par être déportés et se sont retrouvés manu militari à bord d’avions quittant Israël. Les six québécois, quatre femmes et deux hommes, qui ont atteint Bethléem sont, pour leur part, stu­pé­faits par la violence de l’occupation. « Humiliations, mépris, étouf­fement, c’est la première impression qu’on a en arrivant. Les soldats israéliens sont partout et jouent constamment la carte de l’inti­mida­tion. Pourtant, les Palestiniens tiennent bon… »

Au total, de toutes les délégations internationales, seules 22 personnes ont passé à travers les mailles du filet de la sécurité israélienne et sont arrivées à Beth­léem. Lors d’une liaison Skype, Jacques Neno, responsable de l’association EJE (Education, Jeu, Enfants) nous expliquait mercredi que ce sont des personnes à qui on n’a pas demandé quelle était leur destination. Ils étaient de 12 nationalités différentes et ont participé durant une semaine à la mission. Parmi eux, une belge qui résidait déjà depuis 6 mois en Palestine. Ils ont entre autres participé à la rénovation de l’école maternelle « Le Petit Prince ». La très grosse majorité du millier de participants à la mission Bienvenue en Palestine n’a donc pas pu quitter son aéroport de départ. Quelques personnes ont été expulsées de force dès leur arrivée à Tel-Aviv. 54 autres ont été arrêtées et emprisonnées à la prison de Givon. Alors, la mission : un échec ? Certainement pas ! Plus que jamais, il a été démontré qu’il y a aussi un blocus contre la Cis­jor­danie. Qu’Israël met tout en œuvre pour empêcher que des amis des Pales­tiniens aillent constater la cruauté de l’occupation sur place. Davantage encore que l’an dernier, la collaboration de toutes les compagnies aériennes auprès desquelles les participants à la mission avaient réservé, a été mise à nu. Davantage aussi que l’an dernier, l’implication des différents gouvernements a été démontrée. Et la presse internationale a très bien relayé tout ce qui s’est passé. Au cours de la seule journée du 15 avril, nos amis palestiniens ont recensé 940 articles et émissions sur la mission, dans tous les pays et toutes les langues ! Et, last but not least : de très nombreuses personnes, qui n’étaient pas encore engagées dans l’action pour la Palestine le sont maintenant, parmi lesquelles, en premier lieu, les voyageurs et leur entourage. L’indignation d’un nombre important de personnes qui ont suivi les évènements renforcera certainement le mouvement de solidarité avec la Palestine. Et de nombreux « prisonniers » sortent certainement renforcés de cette expérience, comme en témoigne Nicole, qui est française ici. Sur la vidéo ci-dessous, on voit le retour des prisonnières lyonnaises de Givon.

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