L'actu

Pourquoi BDS ?

Ce qui suit est la litanie des 92 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU *, dans lesquelles celui-ci n’a cessé depuis 1948 de « déplorer » (assez souvent « vivement« ), de se déclarer « vivement préoccupé« , de se dire « alarmé » et « choqué » (le cas échéant « profondément« ) par les violations du droit international dont Israël se rend coupable, de « souligner » l’importance et de « réaffirmer » certains principes essentiels (comme, à plusieurs reprises, « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre« ) ou encore d’exprimer « sa grave préoccupation » à propos des obstacles innombrables que les gouvernement israéliens successifs se sont ingéniés à mettre à tout règlement juste et durable du conflit israélo-palestinien.

Plus rarement – car Washington veille au grain – le Conseil de sécurité a « condamné » (et même parfois « condamné vigoureusement« ) les agressions commises par Israël contre ses voisins et d’autres États, les massacres de civils par son armée ou par ses protégés, ou encore ses violations manifestes des résolutions précédentes, dont par ailleurs il ne cesse de réaffirmer rituellement la pleine validité.

  1. 57 (18 septembre 1948),
  2. 89 (17 novembre 1950),
  3. 93 (18 mai 1951),
  4. 100 (27 octobre 1953),
  5. 101 (24 novembre 1953),
  6. 106 (29 mars 1955),
  7. 111 (19 janvier 1956),
  8. 119 (31 octobre 1956),
  9. 171 (9 avril 1962),
  10. 228 (25 novembre 1966),
  11. 237 (14 juin 1967),
  12. 242 (22 novembre 1967),
  13. 248 (24 mars 1968),
  14. 250 (27 avril 1968),
  15. 251 (2 mai 1968),
  16. 252 (21 mai 1968),
  17. 256 (16 août 1968),
  18. 259 (27 septembre 1968),
  19. 262 (31 décembre 1968),
  20. 265 (1er avril 1969),
  21. 267 (3 juillet 1969),
  22. 270 (26 août 1969),
  23. 271 (15 septembre 1969),
  24. 279 (12 mai 1970),
  25. 280 (19 mai 1970),
  26. 285 (5 septembre 1970),
  27. 298 (25 septembre 1971),
  28. 313 (28 février 1972),
  29. 316 (26 juin 1972),
  30. 317 (21 juillet 1972),
  31. 332 (21 avril 1973),
  32. 337 (15 août 1973),
  33. 347 (24 avril 1974),
  34. 425 (19 mars 1978),
  35. 427 (3 mai 1978),
  36. 446 (22 mars 1979),
  37. 450 (14 juin 1979),
  38. 452 (20 juillet 1979),
  39. 465 (1er mars 1980),
  40. 467 (24 avril 1980),
  41. 468 (8 mai 1980),
  42. 471 (5 juin 1980),
  43. 469 (20 mai 1980),
  44. 476 (30 juin 1980),
  45. 478 (20 août 1980),
  46. 484 (19 décembre 1980),
  47. 487 (19 juin 1981),
  48. 497 (17 décembre 1981),
  49. 501 (25 février 1982),
  50. 509 (6 juin 1982),
  51. 515 (29 juillet 1982),
  52. 517 (4 août 1982),
  53. 518 (12 août 1982),
  54. 520 (17 septembre 1982),
  55. 521 (19 septembre 1982),
  56. 573 (4 octobre 1985),
  57. 592 (8 décembre 1986),
  58. 605 (22 décembre 1987),
  59. 607 (5 janvier 1988),
  60. 608 (14 janvier 1988),
  61. 611 (25 avril 1988),
  62. 636 (6 juillet 1989),
  63. 641 (30 août 1989),
  64. 672 (12 octobre 1990),
  65. 673 (24 octobre 1990),
  66. 681 (20 décembre 1990),
  67. 694 (24 mai 1991),
  68. 726 (6 janvier 1992),
  69. 799 (18 décembre 1992),
  70. 904 (18 mars 1994),
  71. 1073 (28 septembre 1996),
  72. 1322 (7 octobre 2000),
  73. 1402 (30 mars 2002),
  74. 1403 (4 avril 2002),
  75. 1435 (24 septembre 2002),
  76. 1544 (19 mai 2004),
  77. 1701 (11 août 2006),
  78. 1860 (8 janvier 2009),
  79. 1875 (23 juin 2009),
  80. 1887 (24 septembre 2009),
  81. 1894 (11 novembre 2009),
  82. 1937 (30 août 2010),
  83. 1994 (30 juin 2011),
  84. 2004 (30 août 2011),
  85. 2042 (14 avril 2012),
  86. 2043 (21 avril 2012),
  87. 2064 (30 août 2012),
  88. 2108 (27 juin 2013),
  89. 2115 (29 août 2013),
  90. 2131 (18 décembre 2013)
  91. 2143 (7 mars 2014)
  92. 2172 (26 août 2014)…

A cette liste on devrait encore une quarantaine d’autres résolutions qui n’ont pu être approuvées, car les États-Unis y ont opposé leur véto, ce qui à tout prendre n’a pas en de grandes conséquences, puisque le résultat est toujours le même en tout état de cause : parmi cette petite centaine de résolutions votées pas une seule n’a été respectée par Israël, sauf bien entendu si cela convenait, sur tel ou tel aspect mineur le plus souvent, à son gouvernement.

Et ne parlons même pas des résolutions de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, fréquemment votées à l’unanimité mois 3 ou 4 voix, pratiquement toujours les mêmes : les États-Unis d’Amérique, Israël, la Micronésie et l’un ou l’autre vassal de l’Oncle Sam le cas échéant facile à acheter ou à intimider. Quoi qu’il en soit, la mécanique des Nations-Unies (héritée des rapports de force qui prévalaient à la fin de la deuxième guerre mondiale) est conçue de telle manière que pour tout ce qui concerne le règlement des conflits et l’admission de nouveaux membres, les décisions sont verrouillées par le Conseil de Sécurité, et plus particulièrement par ses membres permanents (dont un seul use et abuse de son droit de véto, les USA).

Et jamais, jamais au grand jamais, devant ces violations constantes des décisions et injonctions onusiennes les plus solennelles, jamais aucune mesure contraignante n’a été envisagée contre Israël, et à plus forte raison aucune force d’intervention n’a été mise sur pied. Au contraire, les pays occidentaux s’attachent avec constance à récompenser l’État-voyou N°1, par exemple :

Les gouvernements ne faisant manifestement pas leur devoir pour faire respecter concrètement le droit international, c’est aux citoyens, à chacune et chacun d’entre nous de se substituer à eux dans la mesure de ses possibilités.

Pour cela, suivre les mot d’ordre de boycott d’Israël de la campagne BDS est à la portée de tous, sans efforts ni sacrifices notables.


* Cette liste devrait en fait être plus longue encore si le Conseil de sécurité ne fermait systématiquement les yeux sur un certain nom d’agissements d’Israël, comme par exemple le fait d’être en possession d’un armement nucléaire non déclaré et de se soustraire à tout contrôle international dans ce domaine. Cette mansuétude contraste singulièrement avec le traitement réservé à d’autres États qui n’ont pas la chance de bénéficier de la bienveillance des États-Unis, comme l’Iran ou la Corée du Nord.

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