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BDS universitaire : l’Université de Johannesbourg montre la voie en rompant avec l’Université Ben Gourion !

En septembre dernier, après bien des débats sur la nécessité de rompre les relations avec l’Université Ben Gourion, qui remontent à l’époque de l’apartheid sud-africain, les instances de l’Université de Johannesbourg avaient adressé à leurs homologues israéliennes une sorte d’ultimatum : rompre dans les six mois avec le système d’apartheid qui s’est mis en place en Israël, et le manifester de manière tangible et publique.

L’Université de Johannesbourg et l’Université Ben Gourion mènent notamment des programmes de recherche dans le domaine des biotechnologies et des techniques de purification de l’eau. Les liens académiques entre les deux institutions sont anciens, puisqu’ils remontent à l’époque où – le cousinage idéologique étant patent et la mise au ban de la communauté internationale allant de pair – les deux pays, qui partageaient alors un statut d’avant-poste de l’occident fichés l’un dans le flanc de l’Afrique et l’autre dans celui du monde arabe, avaient poussé très loin le flirt entre leurs gouvernements.

Dans ce contexte, l’Université Ben Gourion avait passé des accords de coopération avec le « Rand Afrikaans University« , exclusivement réservée aux blancs, en 1987. L’Université de Johannesbourg a quant à elle été créée en 2005, et a intégré une série de campus, dont la « Rand Afrikaans University » (ce qui explique qu’elle a « hérité » des programmes de coopération avec Israël), mais aussi une université située dans le « township » noir de Soweto.

Mais aujourd’hui les sud-africains se sont libérés du régime d’apartheid, et le racisme a cessé chez eux d’être une doctrine d’État, alors qu’au contraire il l’est chaque jour un peu plus en Israël.

Le « sénat » de l’Université de Johannesbourg, saisi d’une motion en faveur d’un boycott académique, soutenue notamment par le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu et l’écrivain Breyten Breytenbach ou encore le grand politologue Mahmoud Mandani, avait donc décidé en septembre 2010 de surseoir à toute décision pour six mois, exigeant que pendant ce délai l’Université Ben Gourion fasse une déclaration ouverte contre l’occupation des territoires palestiniens, supprime les facilités universitaires exceptionnelles accordées aux militaires qui assurent l’occupation, et surtout entame une coopération substantielle avec les universités palestiniennes sur des projets de recherche.

Six mois plus tard, force a été de constater que les universités palestiniennes ont unanimement rejeté toute collaboration avec l’Université Ben Gourion, dont les orientations ségrégationnistes demeurent, et ont exprimé leur soutien total au boycott universitaire contre Israël. L’Université de Johannesbourg a donc décidé de respecter ce choix, et rompt tous ses liens avec l’Université Ben Gourion à partir du 1er avril 2011, en raison de son implication dans la politique israélienne d’apartheid et de soutien à l’occupation de la Palestine.

Comme l’écrit la « European Platform for the Academic and Cultural Boycott of Israel » (Plate-forme européenne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël), l’Université Ben Gourion, en tant qu’institution, « est aussi coupable de complicité dans l’occupation et la politique d’apartheid que toute autre institution académique en Israël, et rien ne peut rendre quelque projet « environnemental » ou « purement scientifique » qu’elle mène avec l’Université de Johannesbourg moralement acceptable aussi longtemps qu’elle n’aura pas mis fin, de manière complète et vérifiable, à cette complicité. Quand la science est utilisée pour couvrir des violations graves des droits humains et du droit international, elle n’a plus aucun titre à se prétendre « sacrée » et perd toute raison d’être sur le plan moral.  La culpabilite de l’institution toute entière dans des violations des droits humains et du droit international ne peut être dissimulée en focalisant l’attention uniquement sur des modalités du projet » de recherche commun.

C’est une étape très significative et très importante dans la progression constante de la campagne B.D.S. de par le monde, et dans tous les domaines : progressivement, Israël commence à réaliser que c’en est fini du temps où il n’avait pas de prix à payer pour la violation constante des droits du peuple palestinien et le mépris permanent du droit international.

L.D.

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