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BDS : l’UNICEF en Jordanie rompt tous ses liens avec “G4S”

Les Palestiniens et les Jordaniens ont accueilli avec satisfaction la décision de l’UNICEF (l’agence des Nations-Unies pour l’enfance) de mettre fin à ses relations contractuelles avec la société “G4S” en Jordanie.
Cette décision intervient après une campagne menée par des militants en Jordanie depuis un an pour inciter l’UNICEF et toutes les autres agences des Nations-Unies à rompre leurs contrats avec cette firme multinationale en raison de son rôle dans le système carcéral en Israël, et de sa complicité avec la torture des prisonniers politiques palestiniens et d’autres formes de violations des droits humains.

«L’UNICEF a pris la décision qui s’imposait en mettant fin à son contrat avec G4S, puisque cette compagnie contribue aux violations des droits des enfants palestiniens, y compris la torture à laquelle ils sont soumis de manière systématique dans les prisons israéliennes», dit le coordinateur entre les campagnes BDS dans le monde arabe et le comité national palestinien (BNC) de BDS, Guman Mussa.

Stoppons G4S

Après l’UNHCR (Haut-Comité des Nations-Unies pour les Réfugiés), qui s’occupe de centaines de milliers de réfugiés syriens en Jordanie, l’UNICEF est la seconde agence des Nations-Unies à jeter G4S dehors.

Nous pressons les Nations-unies, son Secrétaire Général Ban Ki-moon et toutes les agences des Nations-Unies qui ont passé des contrats avec G4S de suivre l’exemple de l’UNICEF et du UNHCR en Jordanie et de mettre fin immédiatement à ces contrats”, dit Guman Mussa.

Le BNC, la coalition de la société civile palestinienne qui dirige la campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS), a apporté son appui à la campagne globale “Stoppons G4S”, qui vise à faire supporter par cette compagnie les conséquences de sa collaboration avec Israël, consistant à fournir des équipements et des services aux prisons israéliennes dans lesquelles des milliers de prisonniers politiques palestiniens, des enfants et des personnes détenues sans jugement sous le régime de la “détention administrative” sont soumis à des traitements inhumains.

G4S fournit aussi à Israël des équipements pour les checkpoints qui jalonnent le mur de séparation qui annexe de facto à Israël des territoires palestiniens de Cisjordanie, et pour ses colonies construites en violation du droit international. La firme co-gère aussi l’Académie de police israélienne à Jérusalem.

Deux contrats annulés, restent trois autres

A la suite de la campagne “Stoppons G4S« , la société a perdu des contrats d’une valeur globale de 22 millions de dollars US, selon le comité BNC. Le mois dernier, une chaîne de restaurants colombiens, qui a des filiales à travers toute l’Amérique latine et en Espagne, a également rompu avec G4S, après une longue campagne des militants de BDS en Colombie.

Après les succès enregistrés en Jordanie avec l’UNICEF et le UNHCR, le groupe des militants BDS jordaniens qui a mené la campagne, se fixe maintenant pour but de convaincre trois autres agences des Nations-Unies qui travaillent en Jordanie de casser également leurs contrats avec G4S. Le “United Nations Development Program” (UNDP), le “Programme Alimentaire Mondial” et le United Nations Office for Project Services (UNOPS) sont toujours liés à G4S.

La campagne en Jordanie a reçu un élan remarquable le mois dernier, quand des douzaines d’organisations jordaniennes ont formé une coalition pour soutenir Muhammad al-Qiq, le journaliste palestinien qui a soutenu une grève de la faim de 94 jours contre son emprisonnement par Israël sans mise en accusation ni procès.

Cette coalition, qui a organisé des manifestations devant les bureaux des Nations-Unies à Amman, a publié une déclaration dans laquelle elle réclamait que les Nations-Unies “interviennent pour sauver la vie de al-Qiq et par ailleurs mettent fin à leurs contrats avec la firme de sécurité G4S en raison de son rôle dans l’occupation israélienne”, a indiqué le BNC.

Nous allons poursuivre la campagne pour réclamer qu’il soit mis fin à tous les contrats entre G4S et des agences des Nations-Unies et cela jusqu’à ce que cette firme arrête de tirer profit de l’occupation et de l’apartheid”, a déclaré Yazid Halaseh, membre de BDS-Jordanie.

Les Nations-Unies doivent simplement  purement et simplement rayer de la liste de leurs fournisseurs cette firme qui tire notoirement profit du projet colonial israélien, du nettoyage ethnique des Palestiniens et des politiques d’apartheid”, poursuit Yazid Halaseh. “Tout cela constitue des violations des résolutions des Nations-Unies et des principes sur lesquels se fondent les droits humains et le droit international”.


Source : Electronic Intifada
Traduction : Luc Delval

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