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BDS : les retraités pro-israéliens dorés sur tranche de Floride s’en prennent à G4S

Au mois de mars dernier, le groupe “G4S”, spécialisé dans la sécurité, a annoncé son retrait du marché israélien au début de 2017, en affirmant que la campagne BDS n’est pour rien dans cette décision. G4S occupe 8.000 personnes en Israël, notamment dans le cadre de contrats avec la police, l’armée et l’administration israélienne des prisons, et fournit au gouvernement et à l’armée des équipements comme des scanners pour des checkpoints. G4S est depuis des années une des cibles prioritaires de BDS, ce qui lui a déjà valu de solides déconvenues dans au moins une douzaine de pays. Les pertes de contrats consécutives se chiffrent en dizaines de millions de dollars.

Donc, G4S a décidé de vendre ses affaires en Israël, tout en jurant la main sur le cœur que BDS n’a rien à y voir, et qu’il ne s’agit que de considérations purement commerciales, dans le cadre une restructuration qui concerne une soixantaine de ses participations.

Manifestement, les retraités de Floride n’y ont pas tellement cru.

En effet, Haaretz signale que le troisième âge doré au soleil de Floride se mobilise contre G4S, et qu’une série de “country clubs” dorés sur tranche dont G4S assurait par contrat la sécurité entendent lui retirer leur précieuse clientèle en dépit de dizaines d’années de fidélité, en représailles contre son manque d’enthousiasme envers Israël. Un retour de boycott, comme il y a des retours de manivelle, en quelque sorte.

La fronde anti-G4S des retraités de Floride est partie du “Polo Club of Boca Raton”, dont le président a adressé un message à tous ses membres pour leur faire savoir qu’il a notifé à G4S l’intention du club d’exercer la clause contractuelle de fin de contrat. Ce fut le signal d’une série d’autres décisions semblables – Addison Reserve Country Club, Bocaire Country Club, Broken Sound, Boca Woods Country Club, St. Andrew’s Country Club et Woodfield Country Club – ce sont 7 des 83 clients de G4S dans la région, dont plusieurs étaient ses clients depuis plus de 15 ans, qui ont manifesté l’intention de rompre.

Le comté de South Palm Beach compte dans sa population la quatrième plus importante communauté juive des États-Unis, et une “Jewish Federation” très active qui a provoqué en avril une rencontre consacrée à BDS, où se sont retrouvés des représentants de quelques uns des “country clubs” et des “quartiers privés” les plus fermés des États-Unis, réservés aux grosses fortunes du secteur de l’immobilier.stand_w_israel_florida_615x504

Selon Haaretz, Matt Levin, le PDG de la “Jewish Federation of South Palm Beach County” lui a déclaré “énergiquement” que G4Ssait qu’Israël ne torture pas les prisonniers”, et qu’il serait de la responsabilité de la société de sécurité de le dire haut et fort. La pratique de la torture dans les prisons israélienne – établie par des centaines de témoignages indiscutables et validée par la Cour suprême israélienne – est une des raisons pour lesquelles G4S est une cible prioritaire de BDS.

Une porte-parole de G4S a expliqué que le groupe “ne soutient aucun mouvement de boycott d’Israël”, mais que la décision concernant le retrait du marché israélien, basée sur “des considérations stratégiques et commerciales” ne serait pas remise en question. G4S réaffirme que “BDS n’a eu aucune influence” sur cette décision et “rejette les commentaires de BDS à propos de la conduite des affaires par G4S Israël”.

Le gouverneur Rick Scott, a pour sa part soutenu activement l’adoption d’une nouvelle loi de l’État de Floride qui interdira aux entreprises établies dans l’État de passer des contrats avec des compagnies qui soutiennent la campagne BDS. Et des voix se sont élevées dans la communauté juive pour réclamer qu’une enquête soit menée en vue de pouvoir classer G4S parmi celles-ci.

Pourtant, dans une lettre datée du 13 avril, le directeur général de la “Anti-Defamation League” (ADL – une importante organisation du lobby pro-israélien aux États-Unis) a remercie G4S pour “sa dénonciation publique [de BDS] et pour avoir clairement affirmé que sa décision de vendre ses participations en Israël est sans rapport avec les activistes anti-israéliens”.


Source : Rachel Delia Benaim dans Haaretz
Traduction et adaptation : Luc Delval

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