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BDS : le plus gros fonds de pensions hollandais retire ses (grosses) billes d’Israël

La première caisse de retraite néerlandaise, le Pensioenfonds Zorg en Welzijn (PFZW), dont les actifs totalisent 97 milliards d’euros, a informé Electronic Intifada qu’il se désengageait de la plupart des actifs israéliens détenus dans ses portefeuilles.

Le cabinet PGGM, gestionnaire des fonds du PFZW, a adopté de nouvelles procédures quant à sa politique d’investissements dans des entreprises opérant en « zones de conflits ».

En outre, le fonds est entré en discussions avec des entreprises multinationales, telles que Veolia, Alstom et Motorola, pour leur faire part de ses préoccupations en matière de violation des droits de l’homme. Ces trois firmes ont apporté un soutien important à l’occupation des territoires palestiniens de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza, dont elles tirent des profits considérables.

Au cours des dernières années, des militants néerlandais ont fait pression sur les deux principaux fonds de pension, PFZW ainsi que ABP, à propos de leurs prises de participation au capital d’entreprises tirant profit de l’occupation israélienne de la Palestine. En septembre 2009, le fonds souverain de la Norvège a de son côté annoncé qu’il se désinvestissait des sociétés contribuant directement à la violation du droit international.

En février 2010, ABP informait Electronic Intifada qu’il avait liquidé sa position sur le capital de la société israélienne d’armements Elbit Systems, tandis que le fonds PFZW reconnaissait qu’il détenait encore pour 1,6 million d’euros d’actions Elbit.

Pour autant, ce fonds était en cours de réévaluation de ses investissements au capital des firmes israéliennes, au nombre de 13 à l’époque, dont 4 banques, plusieurs entreprises de télécoms et de construction, en plus d’Elbit. Depuis novembre 2009, PGGM avait informé Electronic Intifada que des décisions de désinvestissement étaient sur le poins d’être adoptées concernant les participations au capital des banques Hapoalim et Leumi, ainsi que d’autres, dans le cadre d’une « nouvelle politique de gouvernance des investissements au regard du conflit israélo-palestinien ». En ce même mois de novembre 2009, PGGM indiquait un désinvestissement de PFZW du capital du conglomérat Africa-Israel, et ce « pour raisons techniques ».

Propriété du magnat Lev Leviev, Africa-Israel est impliqué, entre autres, dans la construction de colonies en Cisjordanie occupée.

Et le 8 novembre 2010, la porte-parole du gestionnaire PGGM, Mme Diana Abrahams, a confirmé au téléphone à Electronic Intifada la liquidation de la plupart des positions de PFZW détenues dans des entreprises israéliennes. Mme Abrahams n’a pas donné de détails supplémentaires, invitant à consulter le futur rapport 2010 de PFZW, qui sera publié au début de l’année prochaine.

PGGM s’est parallèlement occupé de se mettre en conformité avec le programme « Global Compact » des Nations-Unies, lancé en 2000, et qui a pour objet de promouvoir des « pratiques commerciales responsables ». Parrainé par une série de chefs d’entreprises, « Global Compact » couvre les domaines des droits de l’homme, du droit du travail, du respect de l’environnement et de la lutte contre la corruption. L’an dernier, le PGGM s’est notamment employé à développer une politique de « bonne gouvernance entrepreneuriale » dans les zones de combats.

La décision des fonds de pension des Pays-Bas de se désinvestir des firmes israéliennes est un nouveau marqueur du développement de la campagne internationale Boycott Désinvestissements Sanctions (BDS). Et ce n’est qu’une question de temps, avant que ces fonds ne se désinvestissent des actifs qu’ils détiennent au capital des multinationales qui profitent de l’occupation israélienne.

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