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BDS : la rue de la Montagne boycotte Israël

Luc Delval

Des militants de la Plate-forme Charleroi-Palestine ont mené une action de sensibilisation du public carolo à l’occasion du cinquième anniversaire de la meurtrière « Opération Plomb Durci » israélienne contre la population civile de Gaza.

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Comme à l’accoutumée, l’accueil du public a été à la fois attentif et chaleureux (le café et le thé chauds offerts aidant).

Quelques centaines de flyers sont distribués, de nombreuses personnes laissent leurs coordonnées pour rester tenus au courant des activités de la Plate-forme. Tout se passe dans une bonne ambiance, mais voilà que la police d’intervention arrive : les sirènes, quatre camionnettes et voitures, des chiens.
Tout cela pour demander aux membres de la Plate-forme s’ils ont eu une autorisation pour « manifester ».
Les militants expliquent patiemment aux policiers que le règlement de police communale stipule que les rassemblements sont autorisés tant qu’ils ne perturbent pas la circulation.
Et c’étaient d’ailleurs plutôt les policiers qui bloquaient la rue piétonnière à ce moment-là !
Des gens s’arrêtent quand même, indignés, et viennent marquer leur soutien. Les policiers interdisent que les militants prennent des photos (au nom de quel loi ???), mais il y a des photographes qui nous ont quand même fait parvenir leurs clichés
!BDS_28-12-2013 17_480x320Après des discussions et des consignes de leur officier, ils font savoir qu’ils « tolèrent » le rassemblement jusque 16 h  (l’heure qui était de toute façon prévue pour le départ), en menaçant d’embarquer tout le monde, si l’heure devait être dépassée. Liberté d’expression, vous avez dit ?
Ce type d’intervention, ce n’est pas la première fois que la Plate-forme Charleroi-Palestine le vit.
On peut se souvenir aussi d’un raid policier de « style cow-boy » au Makro de Lodelinsart. Une affaire qui reste donc à suivre.

MDL

Comme les militants ont pu le constater : la situation actuelle à Gaza, du fait du blocus conjugué d’Israël et du gouvernement militaire du Caire, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes dans la population de chez nous.

L’unique centrale électrique de la bande de Gaza a de nouveau cessé de fonctionner ce vendredi 27 décembre faute d’un approvisionnement en fioul en provenance d’Israël, a annoncé un responsable de la compagnie d’électricité locale. La pénurie de carburant est provoquée par la fermeture du point de passage de Kerem Shalom.

La mauvaise foi manifeste du gouvernement israélien, dont plus personne ne peut ignorer qu’il feint de négocier dans le seul but de gagner du temps afin de poursuivre sournoisement une annexion de la Cisjordanie qui ne veut pas dire son nom.

Les « négociateurs » israéliens n’ont-ils pas présenté, il y a quelques jours, un plan à l’administration Obama afin d’obtenir le soutien de celle-ci sur un plan qui prévoit la garantie du maintien de la présence militaire israélienne dans la vallée du Jourdain (qui trace la frontière entre la Cisjordanie occupée et la Jordanie) pour au moins… cinquante ans ?

Dans le même temps, le gouvernement Netanyahu lance sans cesse de nouveaux appels d’offres pour la construction d’encore plus de logements réservés aux colons juifs en territoire palestinien : 1400 de plus au cours de la semaine écoulée. L’objectif israélien est inchangé depuis des dizaines d’années : annexer autant de territoire que possible, avec le moins de population arabe possible.

Tous les stratagèmes sont bons pour chasser les populations autochtones de la terre de leurs ancêtres. Même les engagements les plus solennels du gouvernement israélien devant sa propre Cour suprême sont aussitôt violés.

Les autorités d’occupation israéliennes font une chasse incessantes aux prétendues « constructions illégales » que des Palestiniens érigent sur leurs propres terres. Pratiquement toutes sont « illégales » pour l’excellent raison que l’obtention d’un permis de construire relève de l’exploit, l’administration israélienne qui gère l’occupation les refusant de manière systématique, non sans avoir préalablement obligé les demandeurs à s’acquitter de sommes astronomiques. Aussi les Palestiniens sont-ils bien obligés, la plupart du temps, de se passer du précieux document pour construire, et doivent-ils vivre sous la menace permanente de démolitions ordonnées par l’occupant et exécutées au mépris de la plus élémentaire humanité.

Mais toutes les « construction illégales » ne sont pas traitées de la même manière par l »‘occupant, loin s’en faut.

C’est le mouvement israélien JCall (figure de proue de ce qui ressemble le plus à un « camp de la paix » israélien, quoique d’assez loin), qui indiquait il y a quelques jours sur sa page Facebook :

L’ÉTAT AVAIT POURTANT PROMIS…
MAIS LES CONSTRUCTIONS ILLÉGALES SE SONT POURSUIVIES A OFRA…

Shalom Arshav [« La Paix Maintenant »] vient de reprendre sur sa page Facebook un article d’ Haaretz (Haim Levinson, 24/12/2013) dans lequel il révèle le non respect de l’engagement pris par l’État il y a 4 ans devant la Cour Suprême de faire appliquer la loi interdisant de nouvelles constructions sur les terres privées palestiniennes. Depuis 25 maisons supplémentaires ont été bâties.

Rappelons que la colonie d’Ofra, au nord de Ramallah, est située sur des terres palestiniennes.
Pas toute, il est vrai… 93%seulement !!

Il est temps, il est grand temps, que l’Union Européenne et ses Etats membres, qui depuis toujours soutiennent Israël de mille et une manières tout en proclamant vouloir rester « à équidistance » des parties belligérantes, revoient fondamentalement leur politique vis-à-vis de cet Etat voyou, qui plus qu’aucun autre viole en permanence et de manière délibérée d’innombrables résolutions de l’ONU et les principes de base du froit international.

Chacun d’entre nous a dans ce domaine ses propres responsabilités et devrait faire part de se désapprobation aux autorités politiques, et s’abstenir de tout soutien direct ou indirect, volontaire ou involontaire, à l’Etat d’apartheid qui en toute impunité et depuis 66 ans opprime le peuple palestinien.

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