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Ayalon reçoit un accueil digne de lui à Oxford

Le vice-ministre israélien des affaires étrangères Danny Ayalon est en visite en Grande-Bretagne après avoir reçu du gouvernement de Gordon Brown l’assurance qu’il ne finirait pas sur la paille humide des cachots de Sa Gracieuse Majesté. Même si on peut regretter cette mansuétude pour un criminel de guerre, il est déjà récon­fortant de voir où en est le crédit international d’Israël, dont les principaux dirigeants ne peuvent plus faire un pas dans le vaste monde sans se demander d’abord s’ils ne risquent pas d’être emprisonnés.

Ayalon a pris la parole à plusieurs reprises, lundi à l’Institut international d’études stratégiques, et plus tard à la prestigieuse université d’Oxford Debating Society, l’Oxford Union, et mardi à l’Hôtel de l’Université d’Oxford. Partout il a reçu un accueil digne de ses états de service. Mardi, il a été contraint d’interrompre longuement son discours, tandis que fusaient les protestations et les insultes de la salle – “raciste”, “criminel de guerre”,…

Un des étudiants d’Oxford s’est levé et commencé à lire des extraits du rapport Goldstone à haute voix, pendant plusieurs minutes.

On peut voir une vidéo provenant de l’ambassade d’Israël à Londres sur le site israélien YNEWS, qui rapporte que “beaucoup dans la foule ont applaudi l’interruption, et applaudi le manifestant quand il a été escorté hors de la salle de conférence par la sécurité”. Ayalon a alors repris son discours, mais il a été vite interrompu, cette fois par un étudiant qui s’est déclarée libanais et a commencé à hurler des slogans anti-israéliens.

Selon certains média pro-israéliens, qui ne manquent pas de monter l’affaire en épingle, quelqu’un (une seule personne) aurait crié “mort aux juifs” en arabe (histoire sans doute d’être compris de tous, à Oxford). L’incident – évidemment condamnable s’il est avéré – aurait eu lieu lundi soir. Il a, selon le Jerusalem Post, été porté à la connaissance de la police britannique mardi. Et une enquête a été ouverte mercredi.

Avec le sens de la mesure qu’on était en droit d’en attendre, Ayalon a déclaré que ce cri de haine d’un seul homme est “une invitation au génocide” et qu’il entendait poursuivre l’auteur. Sans doute un précédent unique dans l’histoire de génocide qui serait réalisé par une seule personne, laquelle ne serait même pas général ?

D’aucuns, à Oxford, ont critiqué l’accueil réservé à Ayalon, estimant qu’il n’est pas conforme aux usages et traditions de l’université, sans préciser s’il est dans ces usages et traditions de donner une tribune à des criminels de guerre, voire à des auteurs de crimes contre l’humanité.

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