Dans l'actu

Aucune chance” pour un État palestinien dans les années à venir, dit Lieberman

Avigdor Lieberman a ceci de bien qu’il dit clairement, parfois, ce que toute la diplomatie israélienne s’évertue à dissimuler : les “négociations” – directes ou indirectes, et quelle que soit la forme de la table autour de laquelle elle a lieu – ne servent rigoureusement à rien.

Le ministre israélien des Affaires étrangères l’a en effet déclaré sans tourner autour du pot comme sait si bien le faire Netanyahou, “il n’y a absolument aucune chance qu’un État palestinien indépendant soit créé dans les deux années qui viennent”. Il a fait cette déclaration après une rencontre – plutôt tendue, semble-t-il – avec son homologue russe, Sergei Lavrov.

Le Ministre russe a en effet défendu l’idée qu’il est indispensable d’avoir des contacts politiques avec le Hamas et a aussi estimé que l’absence de toute avancée dans le “processus de paix” ne peut que “renforcer les éléments les plus extrémistes au sein du mouvement palestinien”, tandis que Lieberman affirmait que le Hamas est “exactement pareil aux terroristes tchétchènes”, tout dialogue étant impensable avec les uns comme avec les autres.

Ensuite, Lieberman a tenu à réaffirmer publiquement que le pseudo-gel des constructions des colonies juives en Cisjordanie – dont il a été amplement démontré que ce n’est qu’une sinistre farce – ne sera pas prolongé.

La prédiction de Lieberman quant à l’impossibilité de créer un État palestinien avant longtemps a d’autant plus de chances de se vérifier qu’il fait tout pour cela. Il vient en effet de publier son “plan pour une résolution du conflit”, dont une des lignes de force est – sans surprise vu ce qu’on sait depuis longtemps du personnage – le parachèvement du nettoyage ethnique en excluant la minorité arabe d’Israël du bénéfice de la citoyenneté israélienne.

Selon lui, la communauté internationale cherche à la fois à “créer un État palestinien homogène et un État binational en Israël. Pour une paix et une sécurité durables, nous devons créer une vraie division politique entre Arabes et Juifs, chacun jouissant de son auto-détermination”, à partir d’un échange de territoires pour constituer deux États distincts et homogènes. Sans que cela n’empêche les minorités demeurant dans chaque État de jouir de leurs pleins droits civils.

En clair, Lieberman préconise “le principe d’échange de territoires et de populations” et l’abandon de celui de “la terre contre la paix”… Tiens, il n’est pas abandonné depuis longtemps, dans les faits ?

 

Print Friendly, PDF & Email