Dans l'actu

Après 16 ans dans les prisons israéliennes, un policier palestinien innocenté du meurtre de deux soldats de l’armée d’occupation

Il a été rejugé, annonce le quotidien Haaretz, et partiellement innocenté. Hatam Faiz Khalil Magari n’est plus considéré par l’occupant comme coupable que d’agression et “non empêchement de la commission d’un crime”, ce qui est passible de 11 ans de prison. Il en a passé 16 dans les geôles israéliennes.

Un policier palestinien qui a été condamné à la prison à perpétuité pour sa participation au meurtre de deux soldats israéliens, à Ramallah en octobre 2000, a été remis en liberté il y a quelques jours, signale Haaretz.

Une cour militaire israélienne a en effet annulé sa condamnation pour meurtre.

Hatam Faiz Khalil Magari a été rejugé et les charges retenues contre lui ont été réduités : au lieu d’un meurtre il est jugé coupable d’agression contre un soldat et non empêchement d’un crime. Il a passé un accord avec l’accusation (procédure de “plea bargain”, équivalent de la “reconnaissance préalable de culpabilité” en droit français), et condamné à 11 années de prison. “L’accusé a joué un rôle mineur dans l’incident”, estiment les juges dans leur arrêt.

Magari avait été arrêté en décembre 2000, deux mois après que les soldats réservistes israéliens Vadim Nurzhitz et Yossi Avrahami aient été tués par une foule palestinienne en colère, après qu’ils aient pénétré dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, par erreur.

En 2001, Magari avait été accusé d’abstention d’empêcher la commission d’un crime, accusation par la suite transformée en “avoir provoqué délibérément la mort”, ce qui équivaut à un meurtre. En 2004 il fut condamné pour cette accusation, ainsi que pour d’autres accusations de moindre gravité, à une peine d’emprisonnement à perpétuité.

Dans une requête en révision, introduite en 2015, Magari avait entre autres choses fait valoir que trois individus qui avaient été arrêtés et interrogés après sa propre condamnation avaient fait des déclarations de nature à modifier les accusations le visant. Il avait aussi déclaré qu’une quatrième personne, qui avait été interrogée avant sa propre condamnation, n’avait pas été entendue pendant son procès, ce qui aurait été de nature à influencer le verdict.

Dans le nouveau jugement, les trois juges militaires qui la composaient soulignent la rareté d’une révision d’une condamnation devant une cour d’appel militaire. Ils relèvent que Magari a été impliqué dans un événement qui “a été gravé au fer rouge dans la conscience des Israéliens plus que tout autre” et aussi qu’il faisait partie des officiers de police israéliens qui avaient arrêté les soldats palestiniens et les avaient escortés jusqu’à un poste de la police palestinienne de Ramallah et que “il les a même brutalisés pendant le trajet vers le poste de police, mais qu’il n’était pas parmi ceux qui ont agressé les soldats à l’intérieur du poste et ont causé leur mort”.

 

Print Friendly, PDF & Email