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Appel urgent de la société civile de Gaza : C’est MAINTENANT qu’il faut agir !

Nous, Palestiniens, piégés dans la bande de Gaza assiégée et inondée de sang, nous demandons instamment aux personnes de conscience du monde entier d’agir, de protester et d’intensifier les boycotts, le désinvestissement et les sanctions contre Israël tant qu’il n’aura pas mis un terme à cette agression meurtrière contre notre peuple et qu’on ne lui en aura pas réclamé des comptes.

Depuis ces quatre derniers jours, alors que le monde nous tourne le dos une fois de plus, nous, à Gaza, devons faire face à un massacre après l’autre. Au moment où vous lisez ces lignes, plus de 120 Palestiniens ont été tués (1), y compris 25 enfants. Plus de 1.000 personnes ont été blessées, dont certaines présentent des blessures si horribles blessures qu’elles entraveront leur existence à jamais. Plus de deux tiers des blessés sont des femmes et des enfants.

Nous savons avec certitude qu’ils seront bien plus nombreux encore à ne pas survivre demain. Qui d’entre nous sera la prochaine victime, alors que, cette nuit, nous restons éveillés dans nos lits en raison du vacarme de tout ce carnage ? Serons-nous sur la prochaine photo, laissés dans un état méconnaissable par les machines de destruction sophistiquées d’Israël qui déchirent nos chairs et nous arrachent les membres ?

Nous demandons avec insistance que soit mis un terme aux crimes et à l’oppression auxquels nous sommes soumis. Nous réclamons :

  • l’application à Israël d’un embargo sur les armements et de sanctions qui feront cesser la livraison d’armes et d’aide militaire de l’Europe et des États-Unis, dont Israël dépend pour commettre ses crimes de guerre;
  • la suspension de tous les accords libre-échangistes et bilatéraux avec Israël, tel l’Accord associatif entre l’UE et Israël ;
  • des mesures de boycott, de désinvestissement et de sanctions, telles que les réclame l’écrasante majorité de la société civile palestinienne depuis 2005.

Sans pression et sans isolement, le régime israélien n’a cessé de prouver qu’il continuera à perpétrer des massacres tels que ceux auxquels nous assistons pour l’instant et qu’il n’a nullement l’intention de mettre un terme à des décennies d’épuration ethnique, d’occupation militaire et de politique d’apartheid.

Nous rédigeons le présent appel samedi soir, une fois de plus immobilisés dans nos maisons au moment où les bombes nous tombent dessus, à Gaza. Qui sait quand l’attaque actuelle va cesser ?  Tous ceux qui ont plus de sept ans ont en permanence à l’esprit les flots de sang qui ont coulé dans les rues de Gaza en 2009, pendant trois semaines au cours desquelles plus de 1.400 Palestiniens ont perdu la vie, dont plus de 330 enfants.

Du phosphore blanc et d’autres armes chimiques ont été utilisés dans des zones civiles et contaminent notre pays, ce qui se traduit par une augmentation du nombre de cancers. Plus récemment, 180 personnes de plus ont été tuées lors des attaques de fin novembre 2012, qui ont duré toute une semaine.

Qu’en sera-t-il, cette fois ? 200, 500, 5,000 morts ? Nous demandons : Combien de nos vies va-t-il falloir avant que le monde ne se décide à agir ? Quelle sera la quantité de notre sang qui suffira ? Avant les bombardements israéliens, une députée de la Knesset israélienne, Ayelet Shaked, du parti d’extrême droite Foyer juif, a appelé au génocide du peuple palestinien.

« Ils devraient s’en aller, de même que les foyers matériels dans lesquels ils ont élevé les serpents », a-t-elle déclaré. « Sinon, plus de serpents encore y naîtront. » En ce moment, rien n’est de trop pour la nature meurtrière de l’État israélien car nous, une population constituée en majeure partie d’enfants, ne sommes que des serpents, à leurs yeux. »

Comme le disait Omar Ghraib à Gaza : « Cela déchirait le cœur de voir les images de ces petits garçons et petites filles tués avec autant de bestialité. De même, la façon dont une femme âgée a été tuée dans le bombardement de sa maison alors qu’elle préparait l’iftar, lors de la prière du coucher de soleil. Elle est morte une cuiller à la main et c’est une image qui mettra bien du temps à me sortir de l’esprit. »

Des maisons entières sont visées et des familles entières sont assassinées. Jeudi, tôt le matin, toute la famille al-Haj a été balayée – le père Mahmoud, la mère Bassema et cinq enfants. Pas le moindre avertissement, une famille est prise pour cible et rayée des vivants. Jeudi soir, ç’a été la même chose, cinq morts de plus, y compris quatre membres de la famille Ghannam, dont une femme et un enfant de sept ans.

Mardi matin, la famille Kaware a reçu un appel téléphonique lui disant que sa maison de trois étages allait être bombardée. La famille était occupée à s’en aller quand un réservoir d’eau a été touché et elle est retournée sur place avec des membres de la communauté, des gens des quatre coins du quartier, qui ont convergé vers la maison pour accompagner la famille.

Les avions israéliens ont bombardé le bâtiment alors que le toit était noir de monde et en sachant pertinemment bien qu’il s’agissait de civils. Sept personnes ont été tuées sur le coup, y compris cinq enfants de moins de 13 ans. Vingt-cinq autre personnes ont été blessées et Seraj Abd al-Aal, huit ans, a succombé à ses blessures un peu plus tard dans la soirée.

La famille essayait peut-être de faire appel au sens de l’humanité du régime israélien. Ils n’allaient certainement pas bombarder un toit rempli de monde. Mais, lorsqu’on voit autour de soi toutes ces familles désintégrées, il est évident que les actions d’Israël n’ont strictement rien à voir avec une quelconque humanité.IMG_20140821_094112

Parmi d’autres cibles touchées, il y a eu un véhicule de presse, pourtant très visiblement affiché en tant que tel. Le journaliste indépendant Hamed Shehab a été tué, huit autres occupants ont été blessés. Un véhicule de secours du Croissant-Rouge a été touché lui aussi et il y a également eu des frappes contre des hôpitaux, lesquelles ont encore alourdi le nombre de blessés et se sont soldées par l’évacuation de ces mêmes hôpitaux.

Ce dernier épisode de la barbarie israélienne s’inscrit résolument dans le contexte des sept années de blocus inhumain imposé par Israël et qui coupé complètement la principale ligne vitale de passage de marchandises et de personnes en direction et en provenance de Gaza, ce qui s’est traduit par les graves pénuries médicales et alimentaires déplorées depuis lors et jusqu’à ce jour par tous nos hôpitaux et cliniques.

L’on nous empêche de disposer de ciment pour reconstruire les milliers de maisons détruites par les attaques israéliennes et les nombreux blessés et malades n’ont toujours pas l’autorisation de se rendre à l’étranger pour recevoir des soins et traitements médicaux urgents, ce qui a provoqué la mort de plus de 600 patients.

Avec les nouvelles qui nous parviennent et les promesses des dirigeants israéliens de passer à un stade supérieur de la violence, nous avons que nous devons nous attendre à d’autres horreurs encore. Pour cette raison, nous vous demandons de ne pas nous tourner le dos. Nous vous demandons de vous prononcer en faveur de la justice et de plus d’humanité et de manifester afin de soutenir les gens courageux, hommes, femmes et enfants qui sont piégés dans la bande de Gaza et qui vont devoir affronter la période la plus sombre qu’ils aient jamais connue. Nous insistons sur la nécessité de mener des actions internationales :

  • Durcissement des liens diplomatiques avec Israël
  • Procès pour crimes de guerre
  • Protection internationale immédiate pour les civils de Gaza

Nous vous invitons à rallier la campagne sans cesse croissante de Boycott, Désinvestissement et Sanctions afin de demander des comptes à cet État voyou qui se révèle une fois de plus si violent tout en bénéficiant pourtant de la plus grande impunité.

Rejoignez la masse de plus en plus grande des voix critiques dans le monde entier et qui a décidé de s’engager jusqu’au moment où les Palestiniens ne devront plus vivre dans cette situation incessante de meurtre et de destruction imposée par le régime israélien.

Lorsque nous pourrons nous déplacer librement, que le siège sera levé, l’occupation sera terminée et les réfugiés palestiniens du monde entier se verront enfin accorder la justice qu’ils demandent.

AGISSEZ MAINTENANT, avant qu’il ne soit trop tard !

Parmi les signataires :
Fédération générale palestinienne des syndicats
Association des enseignants universitaires de Palestine
Réseau des ONG palestiniennes (coordination de 133 organisations)
Union générale des femmes palestiniennes
Assemblée médicale démocratique
Union générale des travailleurs de Palestine
Union générale des travailleurs des services de santé
Union générale des travailleurs des services publics
Union générale des travailleurs de la pétrochimie et du gaz
Union générale des travailleurs agricoles
Union des comités de travail des femmes
Pal-Cinema (Forum du cinéma palestinien)
Mouvement de jeunesse Herak
Union des comités de lutte des femmes
Union des synergies – Unité des femmes
Union des comités des femmes palestiniennes
Société des études féminines
Société de la femme au travail
Maison de la presse
Campagne des étudiants palestiniens pour le boycott universitaire d’Israël
Groupe de travail BDS de Gaza
Groupe pour un seul État démocratique


(1) Publié sur The Electronic Intifadah le 12 juillet 2014.
Traduction JM Flémal.

Lisez également : l’Appel de la société civile palestinienne pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), lancé en 2005.

 

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