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Appel pour un boycott culturel d’Israël

BACBI

Après l’appel de nombreux universitaires belges au boycott académique d’Israël (déjà 453 signatures à cette date), la campagne BACBI sollicite les acteurs et travailleurs culturels. Voici la lettre publié sur son site :

Cher(e) collègue,

Permettez-nous de vous adresser cette lettre pour vous convier urgemment de vous joindre à l’appel du BACBI (Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel – Boycott académique et culturel belge d’Israël) à cesser toutes relations « d’affaires » avec Israël.

Lassée par l’échec des « négociations de paix» perpétuelles, et inspirée par le mouvement de boycott contre l’état d’apartheid en Afrique du Sud, la société civile palestinienne appela en 2005 la communauté internationale à établir un boycott complet et constant de l’Etat d’Israël, dans le but de mettre un terme aux violations systématiques des lois internationales commises par cet état.

Nous aussi, artistes et travailleurs culturels, désirons nous joindre à cette action de boycott.

À cela, ce ne sont pas les raisons qui manquent. La guerre contre Gaza, l’été dernier, a ouvert les yeux d’un très grand nombre de personnes. L’association israélienne de vétérans de l’armée « Breaking the Silence » a collecté auprès de soldats israéliens des témoignages particulièrement effrayants sur cette agression et accuse Israël de violations systématiques du droit international. Entre-temps, en Cisjordanie, l’occupation demeure particulièrement sensible, avec ses contrôles humiliants, l’arbitraire qui règne aux check-points, la démolition de maisons, etc. La catastrophe palestinienne se poursuit encore de nos jours.

Peut-être pensez-vous que la culture ne devrait pas être inclus dans le mouvement de boycott, du fait que l’art, le théâtre et la musique sont porteur d’un message de paix et d’unité au-delà des divergences politiques, qu’ils développent l’esprit critique et potentiellement créent des plateformes de discussions et d’échanges si nécessaires dans un contexte de guerre.

Mais cet argument ignore le fait qu’Israël mène également sa guerre sur le front culturel.

L’armée vise les institutions culturelles palestiniennes, ferme des maisons de la culture et empêche la libre circulation des travailleurs culturels. Par ailleurs, Israël utilise la culture pour faire sa propagande et légitimer son projet colonial. Je parle des compagnies artistiques qui font des tournées dans le monde entier en tant que diplomates culturels représentant le « label Israël ».

Notre campagne de boycott ne vise pas des artistes individuels, il s’agit d’un boycott des institutions culturels de l’état d’Israël.

Durant le régime d’apartheid en Afrique du Sud, des musiciens avaient annoncé qu’ils ne chanteraient pas à « Sun City ». Aujourd’hui, nous disons : « À Tel-Aviv, Ashkelon ou Ariel, nous ne jouerons pas de musique, nous n’irons pas recevoir des prix, nous n’organiserons pas d’expositions, n’assisterons pas à des festivals ou conférences ni n’organiserons de sessions universitaires tant qu’Israël ne respectera pas le droit international et ne mettra pas un terme à l’oppression coloniale des Palestiniens ».

Nous soulignons encore que notre mouvement est antiraciste et donc tout à fait opposé à l’antisémitisme.

Ralliez notre appel et signez ICI.

BACBI: Déclaration de principe du boycott culturel.

Nous, artistes, auteurs et travailleurs culturels, soutenons l’appel palestinien aux Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).
Nous nous unissons au monde académique belge au sein du BACBI, récemment fondé (Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel).
Par cette campagne, nous voulons exprimer notre opposition à la politique d’occupation, de colonisation et d’apartheid du gouvernement israélien. Les institutions culturelles israéliennes constituent une composante essentielle de l’infrastructure idéologique et institutionnelle de la puissance d’occupation israélienne.
Par cet appel à soutenir les BDS, nous assumons notre responsabilité en vue de hâter de façon non violente la fin d’une politique dans laquelle les violations permanentes des lois internationales et des droits de l’homme demeurent pour la plupart impunies . Nous nous opposons à toute forme de discrimination et de racisme, y compris l’antisémitisme.

1. En tant que travailleurs culturels, nous refusons de participer à toute forme de coopération ou de collaboration culturelle ou de projet commun avec des institutions culturelles israéliennes.
2. Nous refusons de nous produire sur scène en Israël ou de participer à des manifestations culturelles (expositions, spectacles, etc.) qui y sont organisées par des institutions officielles. Nous ne boycottons pas les artistes israéliens à titre individuel, ni la production de leur travail lorsqu’ils bénéficient du soutien de l’État.
3. Nous boycottons les institutions culturelles israéliennes au niveau international, nous refusons toute forme de financement et de subventionnement de la part de ces institutions.
4. Nous voulons entamer un dialogue constructif avec nos collègues israéliens afin d’amener Israël à respecter le droit international, dans le même esprit que l’appel à la résistance commune des artistes et institutions artistiques de Palestine lancé à l’initiative du PACBI.
5. Nous voulons soutenir les institutions culturelles palestiniennes, sans leur imposer, pour ce faire, la condition de s’engager dans un partenariat avec leurs homologues israéliennes.

Comité directeur: Prof. Marie-Christine Closon (UCLouvain), Prof. Patrick Deboosere (VUBrussel), Prof. Lieven De Cauter (KULeuven), Em.Prof. Herman De Ley (UGent), Lieve Franssen (dirigent Brussels Brecht-Eislerkoor), Carl Gydé (director CAMPO), Prof. Perrine Humblet (ULBruxelles), Prof. Marc Jacquemain (ULiège), Raven Ruëll (metteur en scène).

Pour une mise en application concrète, le BACBI suit les directives du PACBI : cliquez ICI.

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