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Appel angoissé : il faut que Nadine de Rothschild vole au secours de l’OCDE

Le triomphalisme de certains membres du gouvernement israélien à l’approche de la conférence annuelle de l’OCDE consacrée au tourisme, qui doit avoir lieu à Jérusalem du 20 au 22 octobre, indispose l’organisation internationale. Selon Maan, l’OCDE a demandé à Benjamin Netanyahu de corriger “les malentendus” répandus par ses ministres.

L’OCDE – ce n’est pas à proprement parler une surprise – fait évidemment preuve d’une écœurante mauvaise foi.

Les pays membres de l'OCDE, club de riches

Les pays membres de l’OCDE, club de riches

En choisissant, cinq mois à peine après avoir admis Israël en son sein en violation de ses propres statuts, de tenir cette conférence à Jérusalem, sachant qu’elle ne se réunit pratiquement jamais ailleurs qu’au siège de l’OCDE à Paris (ce n’est que la deuxième fois en 62 ans), celle-ci a évidemment voulu poser un geste dont la signification politique n’a pas pu échapper au plus crétin de ses dirigeants. Et cela d’autant plus sûrement que le portefeuille du tourisme est dévolu à un membre du parti d’extrême-droite Yisrael Beiteinu dont ils ne peuvent ignorer les positions plus qu’extrémistes.

C’est, et ce ne peut être rien d’autre, une caution particulièrement honteuse à la politique du fait accompli israélienne, le premier signe non équivoque d’une grande organisation internationale dans le sens de la reconnaissance de l’annexion unilatérale de Jérusalem-Est par Israël, une forme d’absolution pour les crimes que son armée y commet à chaque instant.

Mais sans doute les diplomates de l’OCDE comptaient-ils sur un certain savoir-vivre des ministres israéliens pour qu’ils savourent leur triomphe avec un peu de retenue, histoire de ne pas embarrasser leurs invités, qui en échange de la violation des principes élémentaires du droit international pouvaient quand même espérer quelques ménagements, un peu quant-à-soi.

Au lieu de cela, les ministres du gouvernement Netanyahou semblent prendre un malin plaisir à enfoncer le nez de l’OCDE dans sa merde. Il ne leur suffit pas de se faire cirer les pompes par l’OCDE (pour rester poli, une fois n’est pas coutume), ils ne peuvent vraiment jouir de leur victoire qu’en humiliant publiquement ceux qui espéraient sans doute, en récompense de leur forfaiture, être traités en amis, au moins en apparence.

Quelle erreur ! Les gens qui peuplent les allées israéliennes du pouvoir n’ont pas, ne PEUVENT pas avoir d’amis étrangers *, puisque l’éternel lamento sur quoi repose toute leur prétention à la légitimité du sionisme repose essen­tiel­lement sur ce présupposé : le monde n’est peuplé que d’antisémites, se répartissant en deux catégories. La première est celle de ceux qui sont déjà vaincus, et qu’ils n’ont donc plus besoin de ménager. La seconde est celle de ceux qui restent à vaincre, et que bien évidemment ils ne veulent en aucun cas ménager.

Après la molle protestation de l’OCDE,  le ministre israélien du Tourisme Stas Misezhnikov (du parti fascistoïde de Lieberman) s’est d’ailleurs empressé de verser encore un peu d’huile sur le feu, en déclarant que le choix de Jérusalem pour la tenue de cette réunion équivaut à « une déclaration d’intention, et un sceau d’approbation sur le fait que nous avons un État reconnu dont la capitale est Jérusalem

Le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, peut bien maintenant protester et demander à Netanyahou de “replacer la conférence dans la perspective appropriée”, et clamer théâtralement que les déclaration de Misezhnikov sont “factuellement inexactes et totalement inacceptables, c’est en vain qu’il niera que c’est de propos délibéré que son organisation a voulu fournir des armes idéologiques à Israël. Son air surpris et outragé ne peuvent faire illusion cinq secondes. Il ne fait qu’ajouter le ridicule à l’hypocrisie, et se fatigue pour rien.

Il a raison, en revanche, quand il ajoute que ces déclarations israéliennes tonitruantes “vont à l’encontre de notre objectif commun de parvenir à une réunion couronnée de succès et de continuer à l’intégration harmonieuse d’Israël dans le travail de l’OCDE”. Et aussi qu’elles “rendent aussi plus difficile de proposer de nouvelles réunions en Israël.

Car ce que reproche à Israël le secrétaire général de l’OCDE ce n’est pas d’être un état voyou, ce n’est pas de fouler aux pieds toutes les résolutions de l’ONU qui le concernent, ce n’est pas d’être un état rongé par la corruption (dont l’élimination est une des missions de l’OCDE), ce n’est pas d’être un état d’apartheid **, ce n’est pas d’avoir une armée dans laquelle les crimes de guerre appartiennent à la routine et les crimes contre l’humanité guère moins…

Non, ce qu’il regrette amèrement, c’est que les ministres de Netanyahou, singulièrement ceux de l’aile la plus droitière de son gouvernement, soient mal élevés et ne sachent pas quand ils feraient mieux de la boucler.  Qu’ils soient fascistes, c’est pas bien grave. Mais qu’ils apprennent les bonnes manières, quoi merde !

Qu’est-ce qu’elle fout, Nadine de Rothschild ? Jamais là quand on a besoin d’elle !


* étant entendu qu’Israël se prétend l’État de tous les juifs du monde (qu’ils le veuillent ou non, d’ailleurs), aucun de ceux-ci ne pouvant donc être regardé comme étranger
** pour mémoire, l’apartheid, en tant que tel, est au regard du droit international un crime contre l’humanité

 

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