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L’AP cesse de financer la fourniture d’électricité à Gaza, avant d’en faire autant pour les services de santé [MàJ]

L’Autorité Palestinienne de Ramallah aurait décidé de cesser de financer la fourniture d’électricité à la Bande de Gaza par Israël, afin d’exercer une pression sur le Hamas.

Selon Haaretz, l’Autorité Palestinienne de Ramallah a notifié jeudi à la compagnie nationale israélienne d’électricité sa décision, avec effet immédiat, de cesser de payer pour l’électricité fournie à Gaza.

Dans le camp de réfugiés de Khan Yunis, une femme palestinienne aide son fils à étudier à la lueur d’une bougie. (April 19, 2017. MAHMUD HAMS/AFP)

Selon le “Bureau du coordinateur des affaires gouvernementales [israéliennes] dans les Territoires [occupés]”, Israël fournit de l’énergie électrique à la Bande de Gaza par dix lignes à haute tension, qui délivrent 125 mégawatts, ce qui représente 30% des besoins du territoire palestinien assiégé.

Israël facture ses fournitures d’électricité à hauteur de ±11 millions de dollars par mois, qui sont automatiquement déduits des sommes transférées à l’Autorité Palestinienne de Ramallah (pour le compte de qui Israël perçoit des taxes qui sont supposées lui être rétrocédées).

Il importe de rappeler qu’il ne reste dans la Bande de Gaza qu’une seule centrale électrique, alimentée au fuel (acheminé selon le bon vouloir de l’occupant), après la destruction par l’armée de l’air israélienne des autres unités de production. L’unique centrale en service a une capacité de 60 Mw.

Elle a complètement cessé de produire le 16 avril, ses réserves de fuel étant épuisées. 

Outre les lignes qui la relient à Israël, Gaza reçoit aussi de l’énergie via deux lignes venant d’Égypte, dont le fonctionnement est relativement aléatoire.

Au total, l’approvisionnement représente 205 Mw, soit 55% de moins que les besoins globaux du territoire.

Les habitants de Gaza ne bénéficient donc d’un approvisionnement en électricité par le réseau de distribution que quelques heures par jour. Un recours croissant à l’énergie solaire permet de pallier dans une certaine mesure à cette pénurie, mais l’équipement nécessaire n’est pas à la portée de toutes les bourses, loin d’en faut.

L’Autorité Palestinienne de Ramallah avait fait part mardi de son intention d’intensifier ses pressions sur le gouvernement Hamas de la Bande de Gaza. La prochaine étape devrait être, selon certaines sources, une réduction drastique du financement du système de santé à Gaza : l’AP de Ramallah n’accepterait plus, dans un proche avenir, que de payer les salaires du personnel médical mais rien de plus.

Mise à jour

Mohammed, 14 ans, subit une dialyse à l’hôpital Ash Shifa de Gaza. Son traitement pour insuffisance rénale chronique est mis en péril par la pénurie constante d’électricité. (27 April 2017. Photo by OCHA)

Le coordinateur des Nations Unies pour l’aide humanitaire et le développement, Robert Piper, a fait part de sa préoccupation à propos de la détérioration de la situation de l’approvisionnement en énergie dans la Bande de Gaza et lancé un appel aux autorités israéliennes et palestiniennes, ainsi qu’à la communauté internationale, pour que soient préservés les services essentiels dont les 1,9 million de personnes vivant dans le territoire ont un besoin vital.

“Avec des coupures d’électricité pendant 20 heures par jour et des réserves d’urgence en fuel qui s’épuisent, les services essentiels vont s’interrompre” a-t-il déclaré. 

Selon le Ministère de la santé de Gaza, les réserves de fuel pour alimentée les générateurs de secours de sept des treize hôpitaux de Gaza seront épuisées dans trois jours. Dès à présent, les habitants des étages supérieurs de certains immeubles ne sont plus alimentés en eau courante, les pompes indispensables pour cela ne fonctionnant plus. 110 millions de litres d’eaux usées non traitées ou mal épurées sont rejetées dans la Méditerranée, les stations d’épuration ne fonctionnant plus faute d’energie. 

Pour tenter d’éviter une détérioration supplémentaire de la situation, le Fonds d’aide humanitaire pour les territoires palestiniens occupés, dirigé par le coordinateur des Nations Unies, a approuvé jeudi une aide d’urgence exceptionnelle de 500.000 dollars US afin d’acheter du fuel destiné aux hôpitaux et aux autres infrastructures de santé essentielles.

 

 

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