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Accès interdit aux sites web hostiles au gouvernement israélien à l’aéroport de Tel Aviv

L’accès aux sites web d’organisations qui luttent contre la politique du gouvernement ou défendent les droits de l’homme sont bloqués pour les voyageurs en transit dans le principal aéroport du pays.

Où donc ? En Iran ? Non, vous n’y êtes pas. En Corée du nord ? Pas davantage. Mais où ? où ? où ?

Dans « la seule démocratie du Proche-Orient« , pardi !

On apprend en effet à la lecture de Haaretz que les sites web d’organisations politiques telles que « La Paix Maintenant« , « Breaking the Silence« , mais aussi d’organisations de droite qui ont en commun avec les premières d’être hostiles à la politique du gouvernement israélien, est désormais impossibles pour ceux qui se connectent à l’Internet alors qu’ils se trouvent à l’aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv, ou des connexions wi-fi sont proposées aux voyageurs en transit.

Ce filtrage idéologique est opéré par une firme privée, qui entend interdire l’accès à des sites web qu’elle juge « dangereux » ou « controversés« … ainsi qu’aux sites pornographiques.  En revanche, les sites des partis politiques et d’autres organisations restent parfaitement accessibles, indique Haaretz.

Au même moment, le célèbre chroniqueur Gideon Levy écrit dans Haaretz :

« Dans l’Israël de 2011, appartenir à la gauche n’est plus une chose légitime. Il n’est plus légitime de faire campagne en faveur des droits de l’homme, ou de s’opposer à l’occupation ou encore d’enquêter que les crimes de guerre. C’est devenu une chose honteuse. Un colon voleur de terres est un sioniste, un belliciste d’extrême-droite est un patriote,  un rabbin qui incite [au racisme] est un chef spirituel, un raciste qui expulse les étrangers est un patriote. Mais la gauche est peuplée de traîtres. (…)

La Knesset a décidé de créer une commission d’enquête parlementaire sur les activités des groupes de gauche « et leur contribution à la campagne de déligitimation contre Israël« . Un tel aréopage ferait ferait rougir même le sénateur Joseph McCarthy.

Nouri El-Okbi, un citoyen et militant pour les droits des bédouins, a été emprisonné pour « exploitation d’une entreprise sans autorisation » par le juge Zecharia Yeminy, qui n’a pas cherché à dissimuler le fait qu’il a alourdi la peine infligée à El-Okbi uniquement parce que celui-ci avait agi au nom des droits de la population bédouine dispersée.

Jonathan Pollack, du groupe « Anarchistes contre le mur », un activiste contre l’occupation [de la Cisjordanie] dont toute société saine devrait être fière, a été envoyé en prison pour avoir roulé à bicyclette sur une route.

Mosi Raz, un ancien membre de la Knesset, qui se trouvait en spectateur sur un trottoire durant une manifestation contre le meurtre d’un activiste palestinien à Bil’in, a été battu, menotté et arrêté.

Les militants pour la paix sont interrogés par le service secret Shin Bet, qui les met en garde préventivement contre toute infraction. Un groupe de médecins est catalogué « à l’extrême-gauche« , une fondation sociale est décrite comme « méprisante pour Israël », des femmes dévouées qui contrôlent ce qui se passe aux checkpoints sont déclarées « traîtres » et un centre d’information est considéré comme « un complice du terrorisme« .

Les colons qui jettent des ordures sur les soldats israéliens, et leurs amis qui mettent le feu aux cultures des fermiers palestiniens, ne sont quant à eux pas poursuivis. Les soldats qui tuent des Palestiniens qui brandissaient des drapeaux blancs [à Gaza, il y a deux ans] n’ont toujours pas été punis, mais ceux qui ont rendu ces faits publics sont dénoncés ».

 

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