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A l’occasion du Ramadan, un pas de plus de l’A.P. dans la soumission à l’occupation

Au « checkpoint » israélien qui sépare Bethléem de Jérusalem, la situation se dégrade. Pour le second vendredi du Ramadan, la police de l’Autorité Palestinienne a prêté main forte à l’armée d’occupation pour contrôler les mouvements des résidents palestiniens du district de Bethléem qui sont autorisés, au prix d’une longue patience et d’innombrables humiliations, à pénétrer dans la « forteresse Jérusalem » pour aller prier à la mosquée Al Aqsa. C’est que  rapporte le « Alternative Information Center » de Jérusalem.

Dans une atmosphère choquante de soumission à l’ordre instauré par l’occupant et de « normalisation », des policiers palestiniens canalisent la foule et communiquent sans cesse avec les soldats israéliens, de l’autre côté du checkpoint. Durant le Ramadan, la police de l’Autorité Palestinienne joue les chiens de garde et s’acquitte du travail qui incombe ordinairement à l’armée d’occupation.

La police de l'Autrorité Palestinienne se charge de séparer les hommes et les femmes qui se présentent pour passer le checkpoint entre Bethléem et Jérusalem afin d'aller prier à la mosquée Al Aqsa. En faisant le boulot de l'occupant, elle "normalise" l'occupation avec une lâche soumission qui contraste avec l'état d'esprit de la population.

La police de l’Autrorité Palestinienne se charge de séparer les hommes et les femmes qui se présentent pour passer le checkpoint entre Bethléem et Jérusalem afin d’aller prier à la mosquée Al Aqsa. En faisant le boulot de l’occupant, elle « normalise » l’occupation avec une lâche soumission qui contraste avec l’état d’esprit de la population.

Dès quatre heures du matin, des milliers de Palestiniens se pressent à proximité du checkpoint. Hommes,  femmes et enfants, dans une bousculade quelque peu irréelle. Mais maintenant, sur la route du checkpoint qui sépare Bethléem de Jérusalem, la police palestinienne a ajouté encore de nouvelles barrières : deux lignes de murets qui séparent les hommes des femmes. Un panneau rappelle à tous que, conformément aux ordres des autorités israéliennes ne sont autorisées à aller prier à la mosquée Al Aqsa que les hommes de plus de 50 ans, les femmes de plus de 45 ans et ceux qui possèdent un permis pour pénétrer en territoire israélien. Et la police palestinienne veille au grain pour que les ordres de l’occupant soient respectés.

Mais Jérusalem demeure pour tous un mirage, aussi beaucoup de Palestiniens qui savent fort bien qu’ils n’ont pas la moindre chance de passer, n’ayant ni l’âge ni le permis requis, tentent malgré tout leur chance ou restent là à contem­pler la foule de ceux qui ont plus de chance qu’eux-mêmes. Un homme d’une quarantaine d’années éclate en sanglots devant les policiers palestiniens : « je veux juste aller prier à Al Aqsa, je veux juste prier en liberté…« .

Rien à faire, il ne passera pas.

La police palestinienne collabore étroitement avec l'armée d'occupation au checkpoint qui sépare Bethléem de Jérusalem. Le panneau rappelle que seuls les hommes de plus de 50 ans et les femmes de plus de 45 ans ont le droit d'aller prier à Al Aqsa. Ordre de l'occupant ! (photos: Emma Mancini, AIC)

La police palestinienne collabore étroitement avec l’armée d’occupation au checkpoint
qui sépare Bethléem de Jérusalem. Le panneau rappelle que seuls les hommes de plus de 50 ans
et les femmes de plus de 45 ans ont le droit d’aller prier à Al Aqsa. Ordre de l’occupant ! (photos: Emma Mancini, AIC)

Quelques uns tentent de resquiller, de se faufiler dans la foule, pour gagner quelques minutes de l’interminable attente. il y a des cris, un peu de bousculade. Pas un ne réussit.

A 5h30, un groupe de jeunes militants palestiniens de « Stop the Wall« , un mouvement anti-apartheid issu de la société civile palestinienne, arrive au checkpoint. Leur but est de s’adresser aux fidèles qui patientent pour leur parler de la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – afin d’inciter tous les Palestiniens, hommes femmes et enfants, à boycotter les produits israéliens.

Ils ne peuvent pas distribuer de brochures : de l’autre côté, des soldats israéliens attendent, qui évidemment les confisqueraient et pourraient refouler ceux sur qui on les découvrirait. Ils distribuent donc, en guise d’aide-mémoire, de petits bracelets blancs faits de trois fils de laine entrelacés, et ils expliquent l’importance du boycott : « Si les Palestiniens boycottent ne serait-ce que 5% des produits israéliens, cela permettrait de créer 100.000 emplois en Palestine« .

C’est que pour Israël la Cisjordanie et Gaza sont aussi un marché captif, dans lequel l’occupant prend bien soin de ne laisser se développer aucune concurrence. C’est du « libéralisme » bien compris.

Mais si le but de cette action est d’insister sur l’implication des Palestiniens eux-mêmes dans la campagne BDS qui prend chaque jour un peu plus d’ampleur dans le monde entier, c’est aussi un moyen de mettre en évidence le tort que cause à la société palestinienne l’espèce de normalisation de l’occupation qui s’est instaurée, que symbolise fort bien la coopération étroite entre l’armée d’occupation et la police de l’Autorité Palestinienne pour contrôler les déplacements des fidèles qui veulent aller prier à Jérusalem.


Source : AIC

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